USA-France (2-1), L’Académie Française s’est complètement Trumpée

Vendredi 28 juin 2019. Quarts de finale de la Coupe du Monde féminine. Nos Bleues font face à l’Everest. Vaincre les USA serait un véritable exploit. Mais c’est la voie à suivre si la France veut poursuivre sa route et son rêve de titre mondial à domicile.

C’est bien simple : l’équipe féminine des Etats-Unis est la meilleure équipe de football du monde. Trois titres mondiaux à l’actif de ceux qui appellent le plus beau sport du monde par le nom le plus vulgaire qui soit : soccer. Tenantes du titre, les Américaines sont entrées tambour battant dans la compétition en étrillant la Thaïlande 13 à 0 dans un match dorénavant dans le Guinness Book des records.

Au top de leur jeu, les Américaines roulent sur leurs adversaires. La bande d’Alex Morgan n’a laissé entrevoir que peu de failles jusqu’ici. L’Espagne a résisté en pressant autant que faire se peut pour empêcher la relance américaine, en étant très solidaires derrière (autrement appelé blokéquipe ou bus) et en jouant vite entre milieu et attaque par des combinaisons en une touche.

Les Bleues ne nous ont montré presque aucun de ces atouts lors des précédents matchs (le « bloc » face à la Norvège à la fin n’était pas rassurant, le jeu en une touche, jamais, et le pressing, que nenni). Restent la défense américaine qui n’est pas impériale, notamment Dunn (latérale gauche, face à Diani) et la gardienne. Les Américaines n’ont clairement pas l’habitude de défendre, et n’aiment pas ça. Alors, défions la logique.

La compo :

Après un 4-4-2 inhabituel face au Brésil, c’est le classique 4-2-3-1 des Bleues qui revient sur le tapis. Pour le plus grand bonheur de Thiney qui retrouve sa place de titulaire. L’équipe-type pour le match, peut-être, référence des Bleues.

Le derrière :

Classique comme un Balzac, sans surprise comme une comédie française avec Christian Clavier et/ou réalisée par Lacheau.

Le milieu :

Le cœur des Bleues battra au son de Captain Henry, indispensable et véritable morte de faim, et d’Élise Bussaglia, sponsorisée par les fabricants de pacemaker à force de relances peu académiques.  

Le devant :

Le Sommer à gauche devra montrer pourquoi elle fait partie des meilleures joueuses du monde, chose qu’elle n’a pas encore faite jusqu’ici. Diani, on l’espère, continuera sur sa folle lancée pour martyriser la défense sur côté droit. Thiney, de retour, devra elle aussi faire mentir ses détracteurs et sortir la masterclass dans l’axe de l’attaque. Gauvin, enfin, serait bien inspirée de marquer, comme elle sait si bien le faire, et même salement, on s’en fout, on prend.

Le match :

45 secondes de jeu viennent de s’écouler, et Megan Rapinoe, la capitaine américaine, repique de son côté gauche dans l’axe, comme le premier Ribéry venu. Elle décale Ertz  dont la frappe lointaine est bien captée par Bouhaddi. Pour répondre à la première offensive, Amel Majri tente une belle simulation dans la surface mais n’est pas récompensée, ni par un pénalty, ni par un carton.

Alex Morgan, LA star de l’équipe adverse, part en profondeur. En retard, Mbock commet une faute « intelligente » et prend le jaune afférent. Le coup-franc, côté gauche, est frappé par Rapinoe. Le ballon passe sous la jambe de Mbock, entre les jambes d’Henry, et sous la cuisse de Bouhaddi. Jamais touché, il se retrouve au fond des filets. Douche froide au Parc des Princes (1-0, 5e). La défense française a été très naïve sur ce coup, sans compter que le mur de Bouhaddi bouchait tellement bien l’angle au premier poteau qu’il empêchait aussi Rapinoe de tirer dans le virage du Parc si elle le souhaitait.

Et personne pour me dégager ça, bordel.

Selon la formule consacrée, les Américaines ont-elles marqué trop tôt ? En tout cas, les Bleues, elles, ne semblent pas être prêtes pour marquer tout court. C’est brouillon, faible techniquement, peu inspiré offensivement, bourré de mauvais choix. On pourrait même estimer que les Bleues sont mauvaises sans que ce soit spécialement insultant.

Déjà devenue un meme anti-Trump, il faut savoir qu’en réalité, Rapinoe rendait ici hommage aux Gros Membres d’Horsjeu.net

Une tête molle de Le Sommer chauffe les gants de Naeher, pendant que Rapinoe et Morgan continuent à chauffer les jambes de Marion Torrent, toujours à la traîne et dépassée en ce début de match. Marion découpe donc de l’Américaine sur un tacle qui n’a rien à envier aux tacles de Promotion de Ligue, mais s’en tire sans carton. Sarah Bouhaddi, elle, veille au grain et tacle en libéro devant Morgan qui arrivait lancée en profondeur. Après Majri, c’est Mewis cette fois-ci qui tente la simulation, sans succès, et sans sanction de type biscotte jaune. L’arbitre, Madame Mazul, semble assez récalcitrante à distribuer des réprimandes cartonnées. Peut-être que s’ils étaient bleus…

Les Américaines semblent déjà commencer à gérer pour jouer les contres. Faut dire qu’on est tellement inoffensives que bon, elles ne prennent pas trop de risques. Diani essaye de réveiller tout ça et efface Dunn à droite, transmet à Bussaglia dont la frappe est contrée, Henry reprend à côté. Vexée, elle met à son tour son pied sur le tibia de Rapinoe (tout en prétextant que non). L’arbitre ne bronche pas, ça joue. Puis Lavelle marche sur le pied de Majri, pas de jaune. Décidément… Peut-on dire des joueues qu’elles sont viriles mais correctes ?

Le manque de précision est un tunnel sans fin pour les Bleues. Nos frappes, centres, corners et têtes sont inoffensifs. Il y a des « situations » qui pourraient amener du danger, mais ça se termine toujours par une passe ratée ou un mauvais choix. Même quand on récupère les ballons plus haut, donc plus près de la surface états-unienne, on ne parvient pas à en tirer profit.

Face à tant d’apathie, qu’elle soit française ou arbitrale, Alex Morgan y va elle aussi de sa semelle, à laquelle elle rajoute du vice, susurrant à l’arbitre : « I didn’t touch her, she’s faking it », comme aurait pu le dire Harry dans un delicatessen new-yorkais. Pas en reste, O’Hara se go-go-gadget-o-armoire-à-glace et met un fabuleux tampon à Majri sans se préoccuper du ballon. De grâce Mme Mazul, sortez-vous les doigts et mettez-les dans la poche à cartons, ça va finir en free fight ou MMA cette histoire. Deux frappes sans danger mettent Bouhaddi à contribution juste avant la mi-temps.

Parfois, 30 ans, ça pique.

Les Bleues sont mauvaises, il n’y a pas d’autres mots. L’avantage est mérité pour les USA qui, sans avoir trop à se bouger le cul, font le job simplement. De l’intensité dans les premières minutes, un but, et ça sécurise. Bis repetita ? En tout cas, dès la reprise, les Américaines obligent Bouhaddi à une double parade au premier poteau. Et ça cafouille sur les corners suivants, les Bleues sont en panique. S’il y a encore du suspense, c’est grâce à Bouhaddi. Allez, faut se mettre dedans la ! C’est un quart de finale bordel de cul. Bougez-vous un peu l’arrière, montrez-nous que votre objectif, c’est la finale, que vous valez mieux que ce que vous avez montré jusque-là.

Voilà la pression un peu ! Le bloc remonte, on met plus d’aggressivité, on s’installe dans leur camp. Une frappe d’Henry est contrée, une tête d’Eugénie passe au-dessus, Thiney renverse bien, nouveau corner, nouvelle tête qui ne finit pas au fond… Oh non ! Diani fait la différence face à Dunn et l’envoie aux Enfers, remet pour Torrent qui s’applique sur son centre, Gauvin est trop courte et la frappe de Le Sommer finit dans le petit filet.

La coach américaine demande à ses joueuses de passer en 5-4-1, preuve au moins qu’on leur fait un peu quelque chose. Une super tête de Gauvin oblige Naeher à une belle envolée. Temps fort, mais toujours pas de but pour les Bleues. Temps faible, et un second but pour les Américaines : sur un contre, Morgan lance Heath sur la droite, qui centre vers Rapinoe au second poteau. La capitaine de la Team USA reprend tranquillement (2-0, 65e). Cruel dites-vous ? Pas tellement, juste la sanction du haut niveau.

Eh ! Toi ! Là-bas ! C’est toi qui dirige ce bordel ? Nan parce que je peux te montrer deux-trois trucs pour t’aider. Bon déjà, faut virer les 10 autres joueuses et puis…

Petit focus sur la défense cataclysmique de Wendie Renard sur le coup. Elle perd le ballon au début de l’action, est prise sur la première passe, ne suit pas l’attaquante qui part en profondeur sous ses yeux, puis revient en trottinant. Elle laisse donc Mbock monter sur la centreuse, et Torrent est contrainte de suivre l’attaquante dans l’axe, laissant Rapinoe seule au second poteau. C’est ça une des 3 joueuses les mieux payées du monde ? C’est ça le roc de la France ? Eh bah mon vieux. A ce niveau, dans une telle compétition, c’est scandaleux de défendre comme ça.

Là, elle compense la montée ratée de Majri. On comprend pas trop pourquoi elle est tournée vers la ligne de touche vu la position de l’Américaine, mais on se dit qu’elle a bien saisi ce qui allait se passer…
Et en fait non, elle a pas compris. Ou elle a compris et c’est encore pire. Morgan lance Heath, Renard ne chope pas le ballon, et suit encore moins Heath qui part sous ses yeux.
Donc Mbock est venue sur Heath, Torrent au centre vient logiquement prendre Mewis en laissant Rapinoe qui arrive à gauche. Et Wendie ? Oh bah Wendie en a rien à foutre.

Les Bleues prennent un coup au moral. Et physiquement, ça commence à tirer la langue. Si les Américaines ont déjà procédé à un changement, Corinne, dans la plus pure tradition française, ne change rien à une équipe qui perd avant la 75e minute. C’est écrit dans les bouquins, c’est inscrit noir sur blanc dans les règlements de l’UNECATEF. Un contre américain se profile en 2 vs. 2 : Dunn sur la gauche en profondeur transmet à Heath, qui la pousse au fond. Mais signalée hors-jeu. La non-intervention du VAR, pour une raison inconnue au vu du « révélateur », maintient donc un semblant de suspense.

Delphine Cascarino entre pour le premier changement à la 76e : elle va à droite, Diani prend la gauche, et Le Sommer la pointe laissée libre par Gauvin. Amandine Henry a le mérite de toujours se battre, comme à son habitude. Au pressing, elle récupère un ballon et frappe, mais c’est capté par Naeher. Juste après, un centre de Torrent arrive sur Eugénie qui oblige la gardienne à une claquette. Ça pousse encore, on peut au moins noter un mental féroce… Henry obtient un coup-franc côté gauche. Il est bien frappééééé… et but ! Voilà ! Tu vises la tête de Renard et boum. Meilleure buteuse des Bleues (sans compter le csc évidemment), mais piètre défenseure, c’est con (1-2, 81e). Heureusement que l’Américaine Mexis couvre tout le monde.

Magnifique n’est-ce pas ?

Bon, eh bien, à défaut d’y croire, on va espérer ! Dix minutes à fond les filles ! Le Parc des Princes met l’ambiance, on sait jamais. Ah, le VAR entre en action. Pour ceux qui auraient oublié, le VAR, c’est de la merde. Amel Majri, à gauche, provoque et centre. Amel, de manière absolument insupportable, s’arrête de jouer et court vers l’arbitre pour réclamer la main (perdant le ballon donc). Y’a des baffes qui se perdent.

Le ballon est, effectivement, détourné du bras par une Américaine, positionnée toutefois à un mètre de Majri, ne faisant aucun mouvement si ce n’est celui de sauter pour contrer le ballon. Alors, dans cette Coupe du Monde, ce type d’action a, je crois, quasiment aboutit à VAR puis péno. Mais là, non. Pas péno, mais surtout, pas VAR. Je ne referais pas le procès du VAR, comme ici, ou ici, mais je tiens juste à redire que c’est de la merde, qu’ajouter de l’interprétation à de l’interprétation, c’est de la merde, et que ne pas appliquer la même règle à tous, aux mêmes moments et dans les mêmes situations, c’est de la merde.

Les Américaines n’attaquent plus du tout, gagnent du temps, restent au sol et usent de tout ce qui est en leur pouvoir pour laisser filer les dernières minutes du match. Des professionnelles donc. Le haut niveau. Les cinq minutes de temps additionnel n’y changeront rien, puisqu’on n’est même pas foutues de balancer des grandes saucisses dans la surface en dernier recours. Renard reste derrière alors qu’elle aurait pu faire une Piqué (mais elle déclare, après le match, que c’était une consigne tactique…). On met 30 secondes à faire une touche dans notre camp. C’est spectaculaire.

Les lumières s’éteignent, les joueuses sortent de scène. Rideau.

Le débrief du match :

On savait l’Everest difficile, non, impossible à gravir pour le commun des mortelles.

Et cela s’est vérifié : nos Bleues sont mortelles. Alors, certes, la montagne était trop haute, tant les Américaines étaient supérieures, à tous les niveaux. Technique déjà, bien évidemment, c’est-à-dire qu’elles ne rataient pas une passe sur cinq qu’elles entreprenaient. Tactique, aussi, avec une bonne gestion des temps forts/temps faibles et une défense qui, malgré le but encaissé, n’a que très rarement été mise en situation très dangereuse. La Team USA, ce sont des pros, tout simplement. Ca te tue s’il le faut, quand il le faut, même sans te rouler dessus.

Le bilan du match et de la Coupe du Monde des Bleues

C’était globalement mauvais. Aucune créativité dans l’animation. C’était très : je te file la balle devant, et démerde-toi, dribble et élimine toute seule, centre/tire on sait jamais. Pas de triangles, pas de redoublements de passes, presque aucun ballon entre les lignes ou dans la profondeur entre les latéraux et les centraux. J’ai trouvé ça faible techniquement et frileux tactiquement. Que reste-t-il d’un « fond de jeu » bâti sur « seul le résultat compte » quand le résultat n’est pas là ? Rien.

Quand tu gagnes dans la douleur face à des équipes moyennes, aucune surprise à ce que tu galères face à la meilleure équipe du monde. Le problème, c’est qu’il faut avoir la lucidité dans l’analyse. « Les Américaines n’ont pas été dangereuses, elles n’ont rien montré d’autre à part le 1er but et au début de deuxième mi-temps » nous sort Renard. Mais meuf, quand est-ce qu’on a été dangereux nous ? Qu’est-ce qu’on a montré ? Comment doit-on situer cette réaction : pure réflexion à chaud donc compréhensible à défaut d’être honnête, ou résultat d’un genre de Diacrendoctrinement ?

Car elles sont à bonne école nos Bleues. Corinne était en mode masterclass après le match. Morceaux choisis :

« On n’était pas loin. On n’a pas à rougir » : alors si, on était loin, mais comme tu ne t’attaches qu’au résultat brut, tu penses que l’écart entre les deux équipes vaut un but. Ce n’est pas le cas.

« Je pense surtout que si on ne prend pas ce premier but, c’est un autre match » : absolument Rudi, même que si ma tante en avait… et que si Adolf avait été un artiste accompli… et que si Umtiti monte sur Eder… Niveau d’analyse égal à zéro.

A propos de Le Sommer : « C’est vrai qu’elle n’a pas été au top de sa forme sur la compétition. On peut se demander, quand on voit la saison de l’OL et sa réussite, avec la Ligue des champions, si on peut enchaîner une deuxième compétition de haut niveau après une saison comme celle-là… ». Alors, bonne question en effet. Heureusement que tu n’es pas la sélectionneuse de l’Equipe, ça ferait désordre.

Le Graet l’a annoncé dès le lendemain : Diacre continue avec les Bleues, avec l’objectif de l’Euro dans deux ans en Angleterre. Ce serait péremptoire d’affirmer que Diacre est une pipe ; on peut toutefois dire que, des Espoirs aux Bleus, en passant par les Bleues, la création de jeu n’est pas une priorité. Avec le succès pour certains, l’insuccès pour d’autres. On verra bien.

Les notes :

Bouhaddi (3/5) :

Coupable d’un mur placé n’importe comment sur l’ouverture du score, et pas impériale quoique masquée sur ce même but, Sarah a malgré tout tenu la baraque le reste du match, maintenant les Bleues à flot le temps de faire illusion.

Note sur la Coupe du Monde : 3/5. J’en attendais moins. Souvent moquée, voire mal-aimée, Sarah a fait une Coupe du Monde tout à fait honorable. Quelques sorties pouvant provoquer l’AVC, mais aussi de très bonnes interventions, des anticipations bien senties et des arrêts dans des moments tendus.

Torrent (1/5) :

J’ai parié sur elle lors du second match, je n’aurais pas dû. A la ramasse défensivement, Marion essaye à chaque fois de colmater les brèches, mais sans réussite. Quelques rares offensives l’ont amenée à centrer. Elle n’est cependant pas coupable sur le second but.

Note sur la Coupe du Monde : 1/5. J’en attendais plus. Un bon début face à la Corée, un match sobre mais efficace face à la Norvège, finalement devenus l’arbre qui cache la forêt. Une sorte de Pavard défensivement, mais sans l’immunité d’un but venu d’ailleurs.

Renard (2/5) :

Si on lui coupe la tête, pas sûre qu’elle serve à quelque chose. Oui, elle gère bien les ballons en l’air, offensivement comme défensivement. Mais son repli sur le deuxième but est scandaleux pour une joueuse de « haut niveau », d’autant plus pour quelqu’un qui est censé être indispensable et faire partie de la colonne vertébrale de l’équipe. Son but nous permet d’y croire, mais ça ne rachète pas une Coupe du Monde médiocre dans les grandes largeurs.

Note sur la Coupe du Monde : 1/5. Malus mérité pour la « taulière » qu’on aurait pu remplacer par une grande taularde qu’on aurait abouti au même résultat derrière comme devant.

Mbock (2/5) :

Une ou deux relances bien senties et un engagement permanent me suffisent à la préférer à Renard, c’est dire la médiocrité de l’ensemble. Coupable de la faute sur le premier but.

Note sur la Coupe du Monde : 3/5. Griedge chope la moyenne sans trembler. Elle n’a pas à rougir de ses performances comparée à Wendie. Si elle ne met pas des têtes sur CPA, elle met toujours l’impact qu’il faut, joue sobre et appliquée. La norme, me direz-vous. Mais en ces temps difficiles, une bonne base sur laquelle progresser.

Majri (2/5) :

Beaucoup d’activité, comme toujours, mais beaucoup trop de déchets techniques. Pas aidée par sa collègue de couloir, Amel a tenté de faire la différence, sans réel succès. Elle a laissé pas mal d’espaces dans son dos, comme Taïwo. Et cette réclamation de VAR, c’était indigne.

Note sur la Coupe du Monde : 3/5. On peut apprécier sa débauche d’énergie et sa rage sans oublier de souligner ses nombreux ballons perdus. Amel n’est pas une défenseure et ça s’est vu. Dès lors, doit-on la blâmer de ses erreurs de placement ou de ses retards ? Peut-être que positionnée en vraie ailière, ou en milieu gauche, ce serait plus pertinent.

Bussaglia (3/5) :

Elise a bien compensé les montées de ses latérales ou, plus souvent, les erreurs défensives de ces dernières. Quelques passes inspirées pour franchir, enfin, des lignes américaines.

Note sur la Coupe du Monde : 2/5. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, et c’est en charbonnant qu’on devient Élise Bussaglia. Bosseuse sans aucun doute, récupérant les ballons perdus par ses coéquipières (en nombre, donc), il n’en reste pas moins qu’on aurait aimé voir Bussaglia dans un double rôle, aidant plus à la construction.

Henry (3/5) :

Captain Henry n’a pas ménagé ses efforts. Si elle n’a jamais lâché, elle n’a jamais réellement pesé non plus. Beaucoup de tentatives de frappes ou de têtes, mais rien de dangereux. La voie empruntée était la bonne, mais ça se terminait toujours en impasse.

Note sur la Coupe du Monde : 3/5. Métronome des Bleues, elle est sortie du nid quand il le fallait (Brésil) mais n’a pas su transcender ses troupes. Elle ne pouvait pas tout faire toute seule non plus.

Thiney (2/5) :

Quelques traits de lumière (passe en profondeur vers Diani pas récompensée, renversement vers Le Sommer…) au milieu de l’obscurité. S’il y a eu davantage de maîtrise technique de Gaëtane par rapport à ses dernières sorties (notamment sortie de plusieurs situations sous pressing), ça reste insuffisant pour la joueuse qu’elle est censée être.

Note sur la Coupe du Monde : 1/5. Malus mérité. Quand on est positionnée derrière l’attaquant de pointe, en genre de 10 ou 9 et demi, faire deux bonnes passes dans un match, ce n’est pas assez. Et ralentir le jeu en touchant le ballon 5 fois, c’est trop. Largement insuffisant pour une de nos « meilleures » joueuses, et paradoxalement suffisante.

Le Sommer (1/5) :

Qui ça ? Absente du début à la fin de la rencontre, Eugénie n’avait pas l’air de savoir ce qu’elle foutait là, et nous non plus. Imprécise, son duo avec Majri, pourtant censé bien fonctionner, a viré au sketch en seconde période, avec des passes directement en touche de l’une vers l’autre.

Note sur la Coupe du Monde : 0/5. Malus mérité. Censée être une des meilleures attaquantes du monde et leadeuse de notre attaque, Eugénie a traversé la compétition tel un fantôme. Incompréhensible. Elle revenait de blessure et n’était pas à 100%, admettons. Mais la coach l’a alignée non ? Et elle se sentait prête à jouer non ? Alors elle se devait de faire mieux que ces matchs d’ectoplasmes.

Diani (3/5) :

Kadi a été, encore une fois, le détonateur des quelques situations dangereuses des Bleues. Elle a réussi à passer Dunn de temps en temps, et obtenu nombreux corners et coup-francs. Plusieurs retours défensifs bien sentis.

Note sur la Coupe du Monde : 4/5. Bonus mérité. Sans elle, c’eût été le désert. Une vraie puissance, une belle qualité technique. De loin la meilleure attaquante de la Coupe du Monde, et ce sans avoir marqué (elle aurait mérité de marquer pour l’ensemble de ses matchs).

Gauvin (1/5) :

Complètement prise dans les duels par la charnière américaine, elle a été obligée de décrocher un peu pour toucher des ballons. Mais c’est tellement difficile d’être en pointe complètement esseulée et sevrée de ballons, ses partenaires étant à la rue…

Note sur la Coupe du Monde : 2/5. Si l’on oublie son côté guerrière à la Giroud, il faut bien admettre que Valérie a une palette limitée. Son jeu en appui pourrait mieux marcher, mais faudrait qu’autour d’elle ça bouge, et ça n’a jamais été le cas. Soit toutes les Bleues deviennent meilleures autour d’elle, soit ça ne marchera jamais mieux avec elle dans ce système.

Toujours un plaisir de suivre la France, qu’elle soit Bleus ou Bleues, qu’elle fasse mal aux yeux ou qu’elle régale, qu’elle nous laisse des bleus à l’âme ou que nos coeurs s’alarment. V’nez voir Didier Décampe si j’y suis.

Didier Décampe

8 commentaires

  1. 100% d’accord, autant avec les notes du match que de la compétition, ainsi et surtout, qu’avec l’analyse du jeu et du niveau de l’EDFF…
    Naïvement, je pensais qu’avec tant de joueuses lyonnaises dans l’équipe, on allait spontanément reproduire la qualité de jeu de l’OL, et par conséquence, aussi en obtenir les résultats, mais en fait, non…
    On a été médiocre, techniquement et tactiquement, les championnes de notre effectif n’ont pas su élever leur niveau (seule Diani a vraiment rayonné). Au final, quand je compare avec le jeu proposé par les autres équipes, je nous trouve à notre place.

  2. Ce match m’a furieusement fait penser au quart contre l’Allemagne en 2014. Un favori qui ouvre le score sur CF à la suite d’une erreur défensive puis ronronne, des Bleu(e)s incapables d’emballer le match…

    • Ce qui est fou, c’est que nos « stars » féminines soient sur le papier des stars plus « importantes » ou « reconnues » que nos Bleus de 2014, et que la différence de niveau aurait pas dû être si grande.

  3. La rencontre était annoncée comme la finale avant l’heure mais, vu le niveau technique de l’EdF, c’etait un peu présomptueux ; il y a plusieurs équipes où ça joue beaucoup plus.
    Pour avoir vu deux matchs de l’Angleterre, je dirais que la vraie finale avant la finale sera plutôt USA-ENG. Et que, là, les américaines n’auront pas la partie facile…

    • Je pense qu’elles sauront élever leur niveau de jeu vu l’enjeu. Elles ont pas eu à forcer face à nous, c’était presque vitesse sénatoriale…

  4. Moi qui bave d’amour pour Gaëtane et son football depuis longtemps, je suis effondré de la coupe du monde pitoyable qu’elle a fait. Et je reste inconsolable de l’absence de Louisa Necib. On pouvait devenir le premier pays à être champion du monde de foot en même temps chez les filles et les gars… Franchement, vues les prestations d’ensemble, je me sens un peu trahi, là.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.