Arsenal – Manchester City (0-2) : La Gunners Academy livre ses notes

Et bien nous y revoilà, les petits lapins. J’espère que vous avez profité de la coupure comme il se doit – c’est-à-dire en prenant du bide et des coups de soleil. J’ose croire que vous avez copieusement insulté du défenseur argentin ou du portier belge pendant cette belle compétition de rassemblement des peuples qu’est la Coupe du monde – CHAMPIONS LA CON DE VOS MÈRES – excusez, c’est la fin du stock de célébrations qu’il me reste de juillet. M’enfin trêve de festivités nationalistes. Nous voici revenus aux affaires sérieuses. La Premier League, Arsenal. L’après. Le recommencement.

Ce dimanche marquait en effet le début effectif d’une nouvelle ère au nord de Londres. Ce dimanche, ce n’est pas Tonton qui est sorti du tunnel dans son impeccable costume sombre, en se tordant les mains de stress, le visage miné par le souci. Non, pour la première fois depuis 22 ans, les Gunners ont été menés dans un match officiel par un nouveau visage, celui d’Unai Emery, qui a pris place sur le banc de l’Emirates comme dans un rêve un peu chelou. L’impression de se jeter dans le grand bain sans les brassards. Une curiosité dévorante et une terrifiante appréhension. Il y avait une forme de sécurité à voir Arsène chaque semaine, en dehors de toute considération de résultat. On pouvait à peu près imaginer ce qui allait se passer – même les scénarios les plus moisis. Mais, il y avait ce truc un peu inavoué, un peu inconscient : on savait à peu près à quoi s’attendre.

Mais là non. Le noir total. Alors oui, bon, ça fait quelques semaines qu’Emery est aux commandes, c’est vrai. On a pu déjà l’observer dans une série de matchs amicaux, le voir tenter des choses (d’ailleurs, Ray Parloir vous parle de la pré-saison en long en large et en travers par ici). Mais ce dimanche, c’était le premier vrai test. Et v’là la gueule du test : boum, direct, City. Plaisir d’offrir, joie de recevoir. Probablement le pire adversaire possible, et ce à bien des niveaux. Pas besoin de m’étendre sur le statut ou la qualité de l’effectif des pétroleux, ni même de préciser le nom de celui qui les dirige. Tout ça est indécent de toute façon. Le truc, aussi chouette que dangereux, c’est qu’Unai est arrivé avec des intentions.

 

Pour ce premier match de la saison, et après avoir essayé plusieurs systèmes, il a finalement opté pour un 4-3-3 expérimental et forcément imparfait à cause des blessures et des retours tardifs des internationaux. Avec un Kolasinac blessé et un Monreal trop court, c’est Maitland-Niles qui héritait du poste de latéral gauche, où il n’a jamais convaincu les membres de cette Academy. Au milieu, le jeune Guendouzi a été aligné d’entrée au côté de Xhaka et Ramsey, après une pré-saison assez impressionnante – Torreira, lui aussi un peu juste, était sur le banc. Devant, Aubameyang était encadré d’Özil et Mkhitaryan. Pour finir, Cech a été préféré à Leno. Un choix particulièrement bizarre puisqu’Emery a donc affiché d’entrée ses ambitions : construction depuis l’arrière, pressing haut et transitions très rapides en cas de récupération. Comme l’a très bien écrit Julien Momont pour RMC, pas de concession par rapport au style de City ou à l’inexpérience de ses joueurs par rapport à cette philosophie.

Le résultat ? Loin d’être nul, contrairement à ce qu’on peut lire à droite, à gauche. Et même plutôt encourageant. Certes, on a pris un bouillon phénoménal sur les sorties de balle face au pressing de Guardiola, réglé comme du papier à musique. On a rendu beaucoup de ballons, on a souffert, on s’est fait peur et on a encaissé très vite le premier but. Cech a dû s’adapter à des consignes inhabituelles – bizarre d’ailleurs que Leno n’ait pas été titularisé, peut-être pour des raisons de leadership ou tout simplement de performances. Mais on a essayé et même parfois réussi à l’image de cette phase de jeu, hésitante mais aboutie.

Bon point comme le dit Julien Momont : Emery n’a pas abandonné son idée, même une fois mené. Autre bon point, le rôle de Guendouzi, qui a certes chié dans la colle une fois ou deux, mais qui, à 19 ans, a affiché une sérénité déconcertante pour extraire les ballons de la nasse. C’est un brouillon, il y a encore beaucoup de choses à corriger, dans le placement, dans les mouvements. Le rôle de Ramsey, très haut sur le terrain, n’était par exemple pas forcément adapté à ses qualités et a sûrement déséquilibré le milieu de terrain. Et il y aura aussi des choix à faire côté compo, en dehors du duel Cech-Leno : le profil de Xhaka par exemple paraît inadapté au tempo d’Emery. Mais dans l’intention, c’était déjà pas mal. Idem pour le pressing, avec cette ligne de trois très active, qui a réussi à récupérer quelques ballons intéressants en dépit d’un manque de réactivité et de synchronisation de la part du reste de l’équipe.

Voilà. C’était loin d’être parfait, il y a eu du déchet, Emery va devoir répéter inlassablement les mêmes phases pour rendre les déplacements de chacune plus naturels, automatiques, avec et sans ballon. Mais il y a de quoi espérer. Le point noir reste encore une fois la défense, seule véritable responsable des deux buts encaissés et encore bien souvent fébrile dans les duels. On s’y attendait. La situation de ce côté-là pourrait bien stagner, ce sera donc au reste de l’équipe de compenser, et de ce côté-là, l’entrée de Torreira a montré que l’Uruguayen devrait énormément apporter.

 

CECH : 3/5
La moyenne. Ouais, il nous a fait peur sur sa passe foirée qui a failli finir en CSC de la honte. Mais à 36 ans, il a fait le maximum pour s’adapter à une façon de faire qui lui est parfaitement étrangère et il sort un double arrêt magistral sur le coup-franc de Mahrez en première période.

MUSTAFI : 2/5
Du bon vieux Shkodran. Toujours en train de flotter quelque part, jamais vraiment au bon endroit, jamais vraiment au marquage. Vaseux, mais présent quand il s’agit de beugler sur ses partenaires ou d’expliquer à l’arbitre, dans un anglais forcément teinté de kartoffelnet avec plein de gestes de main, qu’il y avait pas faute.

SOKRATIS : 2/5
Moui. Bon. C’est à peu près passé, mais on sent que c’est friable. Souvent en retard, lourd sur les appuis, pas aidé par l’autre tanche de Mustafi, il a limité la casse.

MAITLAND-NILES : N/N
Juste le temps de manger quelques percées de Mahrez avant de se buter le genou sur une félonie de l’autre salope de Walker. Pour le moment, on ne connaît pas la durée de son absence mais, eh, c’est Arsenal. Misons sur huit mois. MAJ : huit semaines, pas loin !

BELLERIN : 3/5
Pas le plus gênant du lot, ce qui est assez rare pour être signalé ces derniers mois. Il a même décoché une bonne frappe après avoir éliminé le plot Mendy d’un habile croché chaloupé.

XHAKA : 0/5
On est en août. Putain, encore huit mois à attendre avant de le voir mettre un pied devant l’autre. Tout est allé trop vite pour lui, City, les consignes d’Emery, tout. Mauvaise nouvelle : on a choisi de le prolonger en juin. Bonne nouvelle : vu le potentiel de la Guendouze, il devrait vite se retrouver sur le banc, pépère.

GUENDOUZI : 4/5
Oui, il y a eu des boulettes. Ce premier but où il s’oublie. Ce trouage en deuxième période qui aurait pu (dû) faire but pour Manchester. Mais nom d’un cul, le minot a 19 ans, contexte de malade, il pose les kiwis sur l’établi! C’est simple, il y a toujours cette volonté de sortir quelque chose de propre, techniquement, y a rien à redire et en plus il héite pas à aller au charbon. C’est rare, mais allez je me mouille : lui là, c’est un gros crack.

RAMSEY : 2/5
Bof. Pas vraiment naturel pour lui, ce rôle d’attaquant de soutien. Trop haut, pas assez de vitesse, pas d’automatismes dans cette position. Utile au pressing au côté d’Aubameyang, mais ça l’a éloigné du milieu. Lacazette était nettement plus à l’aise là.

MKHITARYAN : 1/5
Peu en vue sur son côté gauche, il n’a pas beaucoup touché de ballons et a mis un peu de temps à aligner son pressing sur celui des autres. Pas forcément un problème d’implication mais plutôt d’automatismes. C’est la saison où il doit confirmer.

ÖZIL : 0/5
Premier joker de la saison grillé pour bébé poisson-chat. T’as prolongé, très bien. Tant qu’à faire, autant que ce soir pour te sortir les doigts, sinon ça va se voir. Complètement à côté de ses cheveux. On l’attend contre Chelsea ce WE.

AUBAMEYANG : 2/5
Deux versions : avant et après Lacazette. Ils s’apprécient, ils se comprennent et ça se voit. Cantonné au pressing et sevré de ballons jusqu’à l’entrée du Français, Pierre-Emerick a été transcendé ensuite. Sa vitesse est quand même un atout précieux pour un coach qui veut terroriser les défenseurs adverses quand ils portent le ballon.

 

LICHTSTEINER (pour Maitland-Niles à la 35e minute) : Il est marrant. Il crie beaucoup. Il a une tête de psychopathe. Il oublie son marquage, on prend un but. Il est marrant.

LACAZETTE (pour Ramsey à la 54e minute) : Beaucoup plus à l’aise que le Gallois dans ce rôle bizarre de soutien de l’attaquant, il s’est probablement offert la plus grosse occasion de la partie côté Gunners avec une demi-volée de peu à côté. I va vraiment falloir lui trouver une place définitive dans le XI.

TORREIRA (pour Xhaka à la 70e minute) : Le contraste a été saisissant. Le milieu uruguayen de format cazorlesque a marqué mon cerveau de cette image rare d’un pressing agressif et d’une défense en avançant sur le porteur. Aussi fabuleux que l’ouverture qu’il a balancée pour un Özil évidemment hors-jeu. Xhaka a du souci à se faire.

 

L’Emirates est toujours aussi sinistre. On ouvre un nouveau chapitre du club, premier match de la saison, on joue les champions et sans déconner on entend les bruits du ballon et les voix des joueurs. Pire : au lieu de saluer l’approche audacieuse d’Emery, ces cons applaudissent quand Cech décide finalement de dégager après avoir lutté pour relancer propre.

54e minute : changement. Wow. Ramsey qui sort. Double wow. C’est bien, le message est passé, persone n’est à l’abri.

Mendy devrait faire gaffe quand même. Une longue absence. Une nullité défensive récurrente depuis son retour. Il aurait pu aisément avoir un penalty sifflé contre lui dimanche.

City était peut-être le plus gros obstacle domestique qu’on pouvait rencontrer. Même à l’état de projet, ce système de jeu pourrait déjà faire de gros dégâts sur des équipes moins brillantes.

La team Gunners Academy a été active ces derniers jours puisque Johny vous a aussi concocté un premier hommage au bel homme qui a dirigé pendant 22 ans cette équipe, qu’elle soit de foot ou de water-polo sur gazon.

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

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