Quel jour sommes-nous ? J’émerge à peine de la chouille dantesque © de lundi soir. La victoire de la Nati ? Oui, un peu, mais c’était surtout la signature d’un gros deal et que dans notre milieu on n’est pas obligé d’attendre le w.e. pour s’envoyer des grands magnums de Dom Pérignon. C’est nous les patrons, qui va nous virer ? Pas la France en tout cas.


La Nati :


Le triomphe :

Quel meilleur moment pour se coltiner la France ? Une défense aux abois, une animation offensive brouillonne, un sélectionneur dans le doute tandis que la Nati s’est soudée après la débâcle italienne et que Petkovic profite de cet élan pour affirmer un peu plus ses principes de jeu. Ça n’a pas du tout été souligné en France mais le parcours de la Nati met en lumière une dynamique positive : le non-match total contre l’Italie a permis de mettre les joueurs face à leurs responsabilités, leur rappelant que sans efforts communs, rien ne sera possible. À ce titre, l’opposition contre la Turquie était parfaite pour repartir du bon pied : un match couperet face un adversaire très faible. La faiblesse turque nous laissait cependant dans le doute de la réussite du plan contre une équipe du calibre de la France mais le destin nous a aidé en nous opposant des Bleus amoindris.

Si les choix de Deschamps peuvent être dénigrés après coup, la supériorité intrinsèque de ses joueurs pouvait justifier la recherche des un contre un en calquant son système au nôtre. Mais le football reste un sport collectif dans lequel la compréhension d’un plan de jeu et son application correcte par l’ensemble de l’équipe est primordiale. Et à ce titre, la Nati est sûre de sa force. Ce 3-5-2 / 4-2-3-1, Petkovic a (quasiment) toujours fait jouer son équipe avec. Les joueurs (la plupart en sélection depuis longtemps) ont leurs repères, le noyau de titulaires indiscutables est important et la seule interrogation concerne le niveau d’engagement. Sur ce point, on a très vite été fixé : tout le monde (presque) était dans un grand soir.

La première mi-temps ? Une boucherie. La France s’est faite éparpiller façon puzzle, laissant des boulevards à la relance et sur les côtés : nos deux points forts, sur lesquels on a logiquement appuyé ; et l’ouverture du score de Seferovic est totalement méritée. Les Bleus vont mettre du temps avant de changer leur plan et ça a aussi été une chance de la Suisse. Encore que… Encore que, puisqu’en seconde période, c’est bien la Nati qui est toujours en position d’attaque et aurait dû aggraver le score sur un pénalty accordé après vérification vidéo. On a un spécialiste en la personne de Rodriguez, Lloris est faible dans l’exercice et c’est donc tout à fait normal que notre tri-national… rate.

C’est un énorme coup de massue pour l’équipe pour qui s’ensuit un moment de flottement. Comme en face ça les a revigorés, le rapport de force s’inverse et la Nati subit l’égalisation quelques minutes plus tard, avant de se faire passer devant au tableau d’affichage dans la foulée, nous rappelant qu’en face c’est pas le Pays de Galles, c’est pas la Turquie. Dans les cordes, la Nati tente de reprendre ses esprits mais se fait acculer dans sa moitié de terrain et finit par encaisser un uppercut dévastateur qui prend la forme d’une frappe lumineuse en lucarne. Normalement, c’eut dû être le KO et la fin du match. Mais…

Mais la France se voit arrivée et laisse le temps et la place à nos joueurs de se remettre en route. L’esprit de Saint Roger descend sur nous et on se dit que si lui est capable de remonter un break de retard, on peut le faire aussi. C’est d’abord Seferovic qui continue son pic-nic sur les têtes françaises en réduisant le score. Il faut souligner ici les remplacements effectués par Petkovic, suffisamment raillé ici pour sa frilosité en la matière pour ne pas reconnaître quand les choix sont bons. Cela dit, être dos au mur facilite la prise de décision. Toujours est-il que Gavranovic marque une première fois en étant hors-jeu (.net) comme d’habitude, ce qui nous laisse penser à un énième gâchis. Que nenni : c’est toujours open-bar dans la défense adverse et sur une ouverture lumineuse de Xhaka, Gavranovic s’en va aligner Lloris.

Après une dernière suée sur une frappe qui tape la transversale, vient l’heure des prolongations. Tout le monde est un peu cuit et on arrive sans trop de péripéties à la séance des tirs au but. Tous les Suisses réussissent, tous les Français aussi sauf un. La Suisse est en quart de final pour la première fois de ce millénaire et c’est mérité.


Les héros :


Match abouti, scénario fou, qualification historique : probablement l’un (sinon le) des plus grands matchs de l’histoire de la Nati. Les quarts nous verront affronter l’Espagne. Est-ce que l’euphorie compensera la dépense d’énergie, sachant que les hispaniques ont aussi eu droit à la prolongation ? On peut être optimiste. Sans compter qu’éliminer la France dans un tournoi majeur est synonyme de victoire finale depuis 2004.

Hop Suisse.

1 thought on “France – Suisse (3-3) : la Fiscanale entre dans l’Histoire.

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