La PERSE et Peau Lisse Académie S’Imagine Déjà Commenter Plus Que Quatre Matchs

Ici le Docteur GrAli, ceci est mon journal de bord – Jour 768. Nous sommes le Vendredi 15 juin 2018 et je suis ici en mission top secrète à la base nucléaire de Kezab… Oups… Euh… J’ai le droit de le dire ça, ou pas ? Oui ? Non ? Ok…

… En mission jardinage dans le désert près de Téhéran…

Top crédible l’alibi les gars !

Aujourd’hui est un jour particulier, c’est un jour saint. L’Aïd-el-Fitr marque la fin du ramadan. Pour l’occasion, on nous a descendu un bouc à travers le silo du missile. Mes camarades l’ont laissé gambader dans le bunker… Mauvaise idée. Nous avons perdu trois mois de données après que cet animal a heurté de plein fouet l’unité centrale du secteur Est.

C’est un jour encore plus particulier parce que c’est aujourd’hui que l’Iran joue son premier match de la Coupe du Monde. Moi personnellement, je m’en branle, je suis docteur en physique nucléaire les gars… Mais bon, vu que la censureles loisla diplomatie… Quoi, même ça ? … Bref, le foot… Youpi, on est tous content, on est qualifié pour la coupe du monde !

… Bien la peine d’être allé à la fac… J’aurais dû travailler chez Domino’s comme mon cousin Mehdi…

Bon, et bien, parlons de foot. Pour commencer, la Team Melli, c’est quoi ?

Présentation de l’équipe d’Iran :

La « Team Melli » ou « équipe nationale » si on traduit en français… Pourquoi en français ? Bah ch’ai pô… C’est l’équipe de foot du pays (36e selon le classement FIFA). Parfois auto-appelé « Persian Stars » ou « Les lions d’Iran »… T’as déjà vu un lion dans le pays, toi ? Bref…

Les Perses se sont qualifiés cinq fois pour la Coupe du monde, en 1978, 1998, 2006, 2014 et en 2018 sans jamais dépasser le stade du premier tour. Mais on m’a dit que cette année se serait différent… Il y a des rumeurs, le chef est agité… Une partie de notre budget a été subitement tronqué pour un projet encore plus secret que le projet top secret sur le nucléaire iranien… Va savoir…

Nous sommes une vieille nation du foot, même si notre peuple préfère la lutte ou le judo… Des sports plus… Enfin… comment dire ? Avec un objectif… Je veux dire… Là, on est plus… Sur de la défonce pure quoi…

Cela n’a pas empêché notre pays de remporter trois Coupes d’Asie en 1968, 1972 et 1976 (Oui, quand je me documente, c’est à fond).

Notre joueur emblématique, c’est Ali Dei. Élu en 1999 Footballeur asiatique de l’année (en même temps on joue contre la Chine et le Kazakhstan). Certes critiqué par les médias du pays, lors de sa titularisation en 2006, âgé alors de 37 ans, au poste d’attaquant. Il est revenu en tant que sélectionneur en 2008… Et encore plus critiqué. Mais il reste notre meilleur joueur.

 

Vous vous attendiez à de grosses moustaches hein ? Eh bien non, que des beaux gosses dans notre team !

 

Je n’ai pas envie de parler politique, mais notre pays polarise tellement l’attention des étrangers que c’est dur de ne pas voir son implication dans le foot.

La préparation par exemple a été vraiment compliquée avec deux équipes qui ont tout simplement annulé les matchs amicaux (ces enflures de grecques et de kosovares…). Alors on a dû se dépatouiller contre une Lituanie tant bien que mal juste avant de rentrer en Russie… Rentrer oui, parce que nous sommes la première équipe à avoir débarqué là-bas. Et même si j’entends déjà les rageux dire « premier arrivé, premier parti », ce ne sera pas le cas ! Je vous l’assure. Pourquoi ? Grâce à lui !

 

Oubliez ce que j’ai dit sur les beaux gosses…

 

ALIREZA BEIRANVAND: On compte beaucoup sur ton tarin pour faire dévier les ballons. Attention seulement à comment retomber après les parades… On a déjà eu l’incident lors d’un match amical…

 

En même temps, avec un tel appendice nasal…

 

Les États-Unis, ces chiens, à causes de leur embargo, ont même réussi à empêcher Nike d’être le fournisseur de nos joueurs… C’est petit, c’est mesquin… Mais ils n’empêcheront pas nos jeunes talents de s’exprimer. A l’image de SARDAR AZMOUN, le petit jeune de l’équipe, l’attaquant par excellence. Un bon espoir pour la sélection. Il joue en Russie au Rubin Kazan, et est surnommé le « Messi » iranien.

 

Alors ? Beau gosse ou pas ?

 

 

Le talent ne manque pas dans cette équipe. Et pour le meilleur, notre coach : CARLOS QUEIROZ. Entraîneur des jeunes à Manchester United, puis du Real en 2003, du Portugal en 2010, et de l’Iran depuis 2011. Et j’entends déjà les mauvaises langues : Oui, c’est bien un choix de cœur, et non par défaut.
Avec sa classe, il a déclaré : «Être en Russie est un rêve devenu réalité pour le football iranien : nous avons réalisé ce rêve avec beaucoup de travail et de sacrifices, ce qui ne fait que renforcer notre sentiment d’être honoré et privilégié d’être ici ».

Et du coup, ce match ça a donné quoi ?

 

LE MATCH !

Ma mère me manque. Coincé entre un accélérateur de particules et des Perses qui se grattent les testicules. Je me sens orphelin. J’ai le mal de mon pays, moi qui suis à vingt mètres sous la terre qui m’a vu naître. On m’a dit que Donald Trump était président… On a baptisé le bouc Donald Trump.

Oui, oui, le match j’y viens…

Comme premier adversaire, on s’attendait à des adversaires forts, techniques et rapides. On n’a pas été déçu. Dès les premières minutes les actions pleuvent sur la cage de notre Alireza. Pas souvent cadrés mais toujours dangereuses. Un chiffre simple :
A la 15e, l’Iran, c’est 17% de la possession de balle. 17%… En tout, c’est 25 passes réussies. Presque autant de longs ballons dégagés devant. A titre de comparaison, à la même minute, le Maroc c’est 200.

On est trop tendu. On ne joue pas au foot. Il y a le cœur, le courage, mais j’ai l’impression que nos joueurs sont trop impressionnés par ce stade, cet événement, le poids de ce cœur perse, le poids de tout un peuple sur leurs épaules, musclées certes, mais frêles quand même…
A l’image de cette action à la 18e où la défense peine à sortir le ballon de sa zone, ça joue au billard devant…
Et vu que l’on dégage mal, on joue compliqué devant. On perd de vieux ballons en tentant des centres trop téléphonés. Il faut à tout prix que l’on se rappelle que ce n’est qu’un match de foot comme un autre…

Le temps passe. On joue nos touches à l’islandaise, parce que oui, on capte le championnat de foot islandais en Iran. On reprend confiance, et à la 40e, c’est notre petit Sardar qui se pointe seul devant le goal marocain. Il lui tire dessus avec toute la force perse possible, mais le gardien parvient à dégager le ballon.

Et le but… Oui… Enfin le but… Quoi la deuxième mi-temps ? Il y en a eu une ? Je n’ai rien vu. Pour moi c’était une longue pause. Le jeu était arrêté les trois quarts du temps… Mais il y a eu un but… Et là, j’ai compris… J’ai compris l’agitation de notre chef. La valise d’argent qui a disparu… J’ai compris ! Et je XXXXXxxxXXXXX

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XXXXxxxxXXXXxxxxXXX

J’espère juste que ce passage ne subira pas la censure et que tout le monde saura la vérité…

Franchement… Quel talent quoi ! … En Iran, on a bien compris que quand on n’a pas de talent chez soi, il faut aller l’acheter chez les autres.

 

LA CONCU DU BARBU :

A l’heure où j’écris, le Portugal a fait match nul contre l’Espagne. Le premier de la poule B est l’Iran, devant l’Espagne, le Portugal et le Maroc… VOUS SAVEZ CE QUE CELA VEUT DIRE ??

HEIN ? HEIN ?

TEAM MELLI FIRST !

Alors, pour tous ceux qui me demande : « L’Iran, à la Coupe du Monde, qu’est ce que ça fait là ? »

Je leur réponds que la Team Melli, c’est un pays de 80 millions de Perses qui vont vibrer d’un seul cœur, c’est un peuple historique et fier qui sait ce que se battre, ne rien lâcher et ne pas baisser la tête veut dire. Et ça, ça se respecte.

 

Grali Daei

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