Niort – AC Ajaccio (2-0) : des rencontres, des chiottes et une défaite pour I Sanguinari

Et si nous allions faire un tour du côté de Niort ? Ses compagnies d’assurance, son stade de foot et son Stéphane Bureta. Attention, déplacement d’anthologie.

Souvenez-vous, l’autre jour, j’avais fait le calcul de combien m’avait coûté mon déplacement à Metz. J’en étais arrivé à 120,2 euros. Sachez que deux semaines après, la note a augmenté de 45 euros. La faute à un foutu radar fixe qui m’a flashé à 84 km/h au lieu de 80. Alors un conseil : déplacez-vous partout, le plus possible, mais putain, respectez les limitations de vitesse.

Revenons à nos moutons. Nous sommes le 31 août. Direction Niort. Pour ce sixième déplacement de la saison (déjà), la 106 fait son retour. Après 4 heures de route à rouler au pas et à se faire doubler par des camions sur des départementales, me voici arrivé à Niort, où je récupère Maxime, un autre célèbre supporteur acéiste. Sur le chemin du stade, il m’explique que, pas loin de chez lui, un bar-tabac s’est fait cambrioler au tractopelle dans la nuit. C’est chaud dans le 7-9.

Nous voici arrivés devant le stade René-Gaillard. Un stadier ouvre la grille de notre parking visiteurs pendant que quelques vieux nous épient. Nous voici désormais devant l’entrée du stade. Et René-Gaillard a une particularité qu’on ne voit nulle part ailleurs en Ligue 1 et en Ligue 2 : l’entrée des visiteurs se fait au même endroit que l’entrée des locaux. Heureusement que personne n’a jamais eu de soucis avec des Niortais.

En attendant l’ouverture du guichet visiteurs, Maxime me fait une confidence. Il espère la victoire acéiste à plus d’un titre : d’abord parce que quand l’ACA perd il est imbuvable. Ensuite parce que quand l’ACA perd il n’arrive pas à dormir. Et surtout parce que sa copine vient de lui envoyer un message. Celui-ci disait « Si l’ACA gagne, tu auras droit à une p*pe, si l’ACA perd, ce sera à toi de me léch*r ». Et en cas de match nul alors ? C’est sur cette note de poésie que nous entrons enfin dans le stade.

C’est là que Jean-Pierre Bureta m’attend. Quoi ? Vous ne connaissez pas Jean-Pierre Bureta ? Il s’agit du président des Niort 1925, seul groupe ultra des Chamois, et il est accessoirement le frère de Stéphane Bureta, l’un des plus célèbres supporters de France. La rencontre avec les deux frères était prévue depuis plusieurs jours. Ils m’ont même offert une invitation pour le match. Pour cette rencontre entre Stéphane Bureta et moi, la presse était conviée. Un journaliste de La Nouvelle République et un autre du Courrier de l’Ouest sont présents. Après un échange d’écharpes et de stickers, la conversation se fait. Mais de quoi parlent deux supporters-routiers de Ligue 2 ? De football, de stades, de routes (« Vous devez être deux GPS humains », nous dira l’un des journalistes. Ni lui ni moi ne prenons les autoroutes pour nos pérégrinations, CQFD), et d’autres supporters fous, comme Greg Walter de Strasbourg.

Stéphane Bureta est le maître, et moi l’élève. Il faut dire que ce supporter niortais comptabilise plus de 800 matchs, près de 500 déplacements, 15 grands chelems et il va même suivre l’équipe réserve et les jeunes des Chamois. Son ancienne voiture, une Renault 19 affichait même 450 000 km au compteur. Moi, à côté de lui, je suis bien petit avec mes 121 déplacements et les 302 000 km au compteur de ma 106. En espérant qu’un jour, l’élève dépasse le maître. Bref, un accueil extrêmement chaleureux et une rencontre enrichissante et émouvante.

Il est 19h40, je me dirige vers mon parcage. La fouille avait été faite auparavant : c’est l’une des moins chiantes de Ligue 2. Le stadier n’a rien fouillé et n’a même pas fait déplier nos bâches. Des bâches que Maxime a installé parfaitement pendant mon absence. Pourtant, à Niort, il en faut du courage (et des cours d’escalade) pour pouvoir bâcher. Le match va pouvoir commencer.

Au total, dans le parcage visiteurs, nous sommes 9. Maxime, moi, Séb et sa famille et un supporter du Sporting Club de Bastia et ses filles. Un kop bien WTF. Surtout que, autre particularité niortaise, aucun stadier n’assure notre sécurité. Alors que d’habitude, il y a plus de stadiers que de supporters acéistes… La seule personne des Chamois présente en parcage avec nous n’est autre que Sylvie, légende vivante des Niortais, qui s’occupe de la buvette des visiteurs. Avec elle, il risque rien de nous arriver.

Avant le début de la rencontre, un homme arrive. C’est le vieux qui s’occupe de la buvette. Très sympathique, il prend notre commande pour venir nous servir à la mi-temps. Place au match. Et face au peu de mouvements et d’actions sur la pelouse, Maxime lance la discussion. Il m’avoue qu’il s’est fait voler son short de Mathieu Coutadeur dans les douches d’un camping de la Tranche sur Mer cet été. Monde de merde.

Nouveauté cette saison : on va également noter les… toilettes des stades de Ligue 2. Alors faites attention, les photos peuvent choquer les âmes les plus sensibles.

Les toilettes du stade René-Gaillard sont uniques en leur genre. De par leur forme, déjà. Ici, les chiottes ne sont pas nichées sous une tribune, mais elles sont plantées à côté de la tribune, cachées dans une cabine Algeco blanche. D’un côté, une porte pour les femmes, de l’autre, une pour les hommes. L’intérieur est assez propre, la chasse d’eau fonctionne, ça ne pue pas. Bon, le couvercle de la cuvette est fêlé et le distributeur de PQ est amputé de moitié mais on s’en fout. Pourquoi ? PARCE QU’ON PEUT REGARDER LE MATCH QUAND ON PISSE, grâce à une petite fenêtre (certes sale) qui donne sur la pelouse. Et ça, on ne le voit nulle part ailleurs. Donc, rien que pour ça, et même si c’est injuste, Niort aura la meilleure note. Note : 5/5.

Il est déjà l’heure du casse-croûte. Le vieux et Sylvie ont ouvert la petite guitoune en bois qui sert de buvette pour les visiteurs. On va y chercher nos sandwichs, nos frites et nos boissons.

Les + :

  • Il y a des FRITES (et c’est toujours un plaisir de manger des frites dans un stade)
  • En plus, les frites sont meilleures que celles de la saison dernière
  • Je voulais un gobelet réutilisable des Chamois, Sylvie m’a fait une réduction : 1 euros les deux au lieu d’un euro l’un.

Les – :

  • On n’arrivait pas à différencier les saucisses des merguez à l’aspect
  • Sylvie met environ 146 minutes pour rendre la monnaie
  • C’est le sandwich le plus sec que j’ai jamais mangé dans ma vie. On a tous failli s’étouffer, et personne n’a fini son pain.
  • Ils sont radins, ils auraient pu mettre deux merguez plutôt qu’une merguez et un quart.

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 2/5. L’accueil est sympathique et souriant même s’il n’est pas très professionnel. Le fait qu’on vienne nous demander directement notre commande est appréciable mais la bouffe ne suit pas. Heureusement, les frites sauvent l’honneur du sandwich trop sommaire et trop étouffe-chrétien. Quand j’ai commencé à manger, des supporters niortais au grillage m’ont appelé pour discuter. Résultat, j’ai parlé 15 minutes avec eux et quand je suis revenu mes merguez et mes frites étaient froides. Heureusement que ces supporters étaient sympas et qu’ils m’ont raconté une ou deux anecdotes. Vous en voulez une ? La dernière fois, quand les supporters lensois sont venus, ils ont joué au foot avec un ballon qui avait atterri dans leur parcage. Un maladroit a cassé les lunettes d’un stadier en lui tirant le ballon dans la tête. Aïe.

Retour au match. L’AC Ajaccio encaisse deux buts en deux minutes et plonge à la limite de la zone rouge. De mon côté, je suis agréablement surpris par le stade René-Gaillard, copieusement rempli pour cette rencontre. Malgré la piste d’athlétisme qui défigure le stade et le parcage visiteurs loin de la pelouse, René-Gaillard reste l’une de mes destinations préférées. Et pour cause, il est le stade de Ligue 2 qui se rapproche le plus de mon idéal du football : simple, convivial, accessible, champêtre. En d’autres termes, René-Gaillard est le stade de Ligue 2 qui se rapproche le plus d’un stade d’un club de DH, dans lequel j’irais voir jouer l’ACA en Coupe de France. Et c’est ce que j’adore. Bref, le match est fini, la défaite est encaissée, les joueurs acéistes viennent nous saluer et on remballe.

Après un petit tour vers le bus des joueurs (où c’était la soupe à la grimace) et une ultime conversation avec les très accueillants supporters niortais, il est temps de retrouver la 106. Pour quatre heures de routes avec la lumière du plafond allumée pour pouvoir éclairer mon tableau de bord qui ne fonctionne qu’à moitié. Tout ça pour ne pas dépasser les 80 km/h.

Perfettu

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

2 Comments

  1. Super ce petit reportage dans notre stade. Aussi sympathique que vous l’êtes…
    J’ai appris plein de trucs (pipi en regardant le match … génial)
    Niort, c’est bien çà …
    Je dirai un mot pour les merguez ……
    Merci …
    Un (vieux) supporter niirtais

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