OM-Strasbourg (3-1) : La Canebière Académie ne châtie pas bien

Aïoli les sapiens,

Tour après tour, la magie de la coupe montre tous les risques encourus par les clubs respectables à risquer leur vie et leur honneur chez les clubs amateurs. Bénéficier d’un adversaire plus faible, quel maigre avantage lorsqu’il s’agit de se coltiner les destinations inconnues du GPS, l’ambiance de kermesse, les pelouses aléatoires, les présidents au strabisme divergeant sur le tiroir-caisse, et surtout l’absence totale d’un quelconque gain à attendre de ces confrontations dont le seul enjeu est d’éviter les moqueries de la France du football.

Non, vraiment, halte aux pièges tendus par les petits vicieux. Le tirage idéal, c’est se voir offrir un adversaire d’une division équivalente, si possible médiocre mais surtout à domicile. Or, cela tombe bien, c’est ce que le sort nous a enfin proposé pour ce huitième de finale, après les voyages pénibles à Trélissac et Granville. L’occasion de réussir face à Strasbourg ce que nous n’avons pas encore réussi à faire de la saison : une bonne victoire 4-0 sans jamais trembler du slip.


L’équipe

Mandanda
Sarr – Alvaro – Caleta-Car – Amavi
Rongier (Strootman, 88e) – Kamara – Lopez (Aké, 81e)
Radonjic (Khaoui, 73e) – Germain– Payet

Benedetto est ménagé, de même que Sakai. Mandanda reprend à Pelé la place de titulaire en coupe, tandis que Kamara est préféré à Strootman. Suspendu, Sanson est remplacé par Lopez.


Le match

Une action de grande classe signée Payet et Lopez, mal conclue par Radonjic, lance le match sous les meilleures bases. De plus, il s’avère bien vite que le spectaculaire n’est pas à attendre du côté strasbourgeois, les Alsaciens appliquant la stratégie angevine de consistant essentiellement à chier sur le football.  Ceci dit, en la matière, on est descendus depuis samedi de 7 bons niveaux sur l’échelle de Bristol.


Strasbourg ne sécurise rien, ne propose rien et, malgré un jeu toujours aussi peu bandant, nous perçons leur défense à plusieurs reprises. Magnifiquement lancé par Kamara, Radonjic bute sur une exceptionnelle sortie du gardien. Peu après, nos adversaires sèment la panique dans notre surface presque par accident : si Mandanda répond présent, ce genre de mauvaise surprise nous invite à ne pas trop traîner en route. C’est pourquoi Bouna Sarr se saisit du ballon aux abords de la ligne médiane et enclenche la post-combustion : le dragster de Conakry part à toute blinde vers la surface, où les défenseurs se trouvent tout bêtes de ne pas le voir tenter un centre au 3e poteau comme d’habitude. Avant qu’ils n’aient le temps de comprendre ce qui se passe, Sarradona a déjà mystifié 3 joueurs pour allumer le gardien à 10 mètres (1-0, 32e).

Non seulement les Strasbourgeois se complaisent dans leur blocquéquipe de couilles molles, mais ces mal-finis ne sont pas fichus de le verrouiller proprement. Ainsi, sur un coup-franc latéral proprement foiré par Dimitri, Carole utilise pour stopper le ballon la main qui lui sert habituellement à compter ses chromosomes 21. Payet se fait un plaisir d’expédier le pénalty dans le petit-filer de Kamara (2-0, 45e).


La sérénité est totale : les Strasbourgeois ne sont pas venus pour attaquer et, quand bien même ils le souhaiteraient enfin, nous aurions largement le temps de nous affoler avant de les voir réussir ne serait-ce qu’une passe correcte. Le seul risque, comme l’ont montré quelques séquences de déconcentration en première période, serait de ne pas tuer le match voire de prendre ce but accidentel qui pourrait tout changer.

Loin de telles inquiétudes, les minutes qui suivent la pause se déroulent selon nos standards les plus élevés, à savoir en passant l’intégralité de l’effectif strasbourgeois au rouleau compresseur. Pas le moins efficace dans l’exercice, Rongier s’avère en revanche lamentable au moment de conclure, seul, une action lancée par Payet et Germain. Il ne manque qu’un petit peu d’application sur quelques passes, quelques gestes-clé, pour finir par enterrer définitivement les maigres espoirs de retour des Alsaciens. 

Évidemment, c’est tout le contraire qui se produit : tout occupés à se masturber comme nous sur une énième défense autoritaire d’Amavi, nos joueurs font peu de cas du ballon immédiatement récupéré par Strasbourg dans notre camp. Combinant à loisir, ils adressent un centre repris par Zohi, oublié au marquage. La RAIE phénoménale de Mandanda ne suffit pas, puisque Caleta-Car et Kamara ont tout autant omis de surveiller Corgnet qui, lui, a suivi le rebond (2-1, 60e).

Sur le moment, tout prend l’allure d’un accident de parcours, rageant mais sans grande conséquence.  Du reste, Radonjic se dit « si Bouna l’a fait, je peux le faire », lance le ballon loin vers la surface et part tout schuss le récupérer, faisant passer la vélocité des défenseurs adverses pour celle de Line Renaud en charentaises. Las, une nouvelle parade miraculeuse de Kamara prive Nemanja de sa récompense, et nous d’une fin de match passée une main dans le slip.


C’est que nos joueurs, infoutus de se montrer simplement sereins, passent sans transition d’une désinvolture extrême à la panique totale. Alors que Strasbourg était venu sans ambition, c’est nous qui les forçons à croire à la qualification, en devenant incapables de conserver la balle et de remporter le moindre duel au milieu de terrain. Entre autres, ces 20 dernières minutes au slipomètre voient nos adversaires inscrire la copie conforme de leur premier but, à un hors-jeu près.

Finalement, la plus grosse frayeur concerne moins notre but que le tibia de Marley Aké. Peu après son entrée en jeu, notre jeune joueur se voit ainsi défoncé par un authentique tacle de taré signé Ndour. Marley s’en tire sans blessure, ce qui n’empêchera pas l’assassin de se voir mis au frais pour quelques bonnes semaines par la commission de discipline, en tout cas on le lui souhaite. Dans la foulée, Khaoui est mis en échec par un nouvel arrêt du gardien en un contre-un, avant que Kamara (le nôtre) ne trompe enfin Kamara (le leur), par un tir de l’entrée de la surface à la conclusion d’un contre emmené par Payet (3-1, 95e).

Une qualification, pas de blessé, pas de prolongation, un seul carton, et un chef d’œuvre de Bouna en prime : le bilan est amplement positif, mais reste entaché par cette incapacité notoire à châtier les faibles, et la fébrilité qui s’ensuit à l’idée de gâcher un résultat qui devrait être bien plus facilement acquis.


Les notes

Mandanda (4/5) : Encaisser un but de ces Strasbourgeois-là, il y a de quoi être mortifié : la seule chose plus improbable que ça, c’est de recevoir une olive par Philippe Croizon. Ceci dit Steve n’y est pour rien, bien au contraire.

Sarr (4/5) : Quand Vif-Argent le X-Man en a marre de sauver le monde, il part jouer au foot incognito avec les copains. Sauf que se fader une équipe de merde comme Strasbourg, ça finit par l’énerver prodigieusement, au point de finir par trahir subitement ses super-pouvoirs devant tout le monde.

Alvaro (3-/5) : Blâmé verbalement au bout du quinzième Strasbourgeois envoyé le nez dans la pelouse. C’est bien aussi d’être arbitré par l’IGPN, parfois.

Caleta-Car (3-/5) : A eu le tort de dormir pendant plusieurs actions chaudes, ce qui peut aussi se comprendre : nourri au lait d’ourses qu’il trait lui-même, Duje s’ennuie parfois face au menu fretin.

Amavi (4/5) : Si ça se trouve, l’enchaînement de bons matchs de Jordan Amavi, c’est aussi un symptôme du changement climatique.

Kamara (4-/5) : Boubacar est efficace, Boubacar marque, Boubacar est beau, il arrive à Boubacar de nous procurer des érections insoupçonnées. Et le pire pour lui serait de le lui répéter trop souvent : ce sera le meilleur moyen pour que l’un de ses agaçants excès de facilité finisse par nous péter à la figure, de préférence au cours d’un match crucial.

Rongier (2+/5) : Son bouc rappelle que Valentin est le digne représentant moderne de la confrérie des satyres. Pour célébrer les plaisirs de la vie, il met un point d’honneur à courir la bite à l’air après tous les êtres vivants qu’il rencontre, les milieux de terrains adverses en l’occurrence. Il se refuse par ailleurs à tirer au but autrement que complètement bourré et avec des sabots de chèvre, en hommage à Dionysos.

Strootman (88e) : entré quelques secondes trop tard pour faire passer à Ndour l’envie d’exécuter des hippopotacles sur notre benjamin : l’arbitre avait déjà expulsé le Strasbourgeois, pour sa sécurité.

Lopez (2+/5) : Villas-Boas a salué l’un de ses meilleurs matchs même si, je le cite, «ses petites passes peuvent parfois être dangereuses contre nous au milieu. » Personnellement, ce sont surtout ces petites passes dangereuses, que j’ai retenues ; mon slip peut en témoigner.

Aké (81e) : Aké menu par les Strasbourgeois, encore une fois.

Radonjic (3/5) : Il semble qu’Erzulie ait ajouté à sa panoplie vaudoue un anti-sort de titularisation éternelle, et qu’elle soit en train de le tester sur Nemanja. Dès lors, même quand le Serbe fait des bons matchs, il est écrit qu’il ne marquera pas. Le gardien pourra arrêter ses tirs de la main, du pied, de l’oreille gauche ou du cul, comme ce soir, mais en tout cas, il ne marquera jamais.

Khaoui (73e) : L’archétype du second rôle que l’on oublie sitôt la télé éteinte, avant de le retrouver deux semaines plus tard dans une autre série en se disant « ah bah, il est encore là, lui ». Le Zeljko Ivanek de l’OM.

Payet (4-/5) : On oscille trop souvent entre le Payet génial qui marche sur l’eau et le Payet insupportable qui se traîne sur le terrain en râlant. Ce faisant, on omet une troisième facette tout aussi essentielle de l’énergumène : le Payet insupportable qui réussit tout ce qu’il rate. Des centres et coups-francs foireux dont l’un donne quand même un pénalty, des pertes de balle dans notre camp à se mordre les couilles d’angoisse, mais sans jamais aucun préjudice, et une ultime contre-attaque d’abord salopée mais conclue par une passe décisive. Un chef d’œuvre du genre.

Germain (3-/5) : Comme pour Benedetto en ce moment, il n’est pas si mauvais dans le jeu pour peu que l’on fasse le deuil de certains critères d’évaluation d’un avant-centre, du genre se procurer des occasions et marquer des buts.


L’invité zoologique : Benjamin Corgned-beef.

Nourri aux hormones et aux antibiotiques, haché, salé, mis en conserve et servi à des troufions, le corned-beef est l’incarnation d’un produit autrefois d’une certaine qualité, mais aujourd’hui dégueulasse à force de standardisation. Ce bœuf pour atrophiés du goût était donc bien l’invité approprié : d’une part pour évoquer ce digne représentant de notre Ligain, et d’autre part pour que ma femme arrête enfin de répéter ce calembour qui la fait rire comme une bossue depuis des semaines.

– Les autres : Je comprends pas. Ils font tout pour monter en Ligue 1 et y revenir l’année suivante, tout ça dans l’objectif d’y faire de la merde. C’est incroyable, c’est totalement illogique, on dirait… on dirait… on dirait nous en Ligue des Champions l’an prochain, en fait.

Les images : un but à montrer d’urgence aux recruteurs, en tout cas avant le 31 janvier.

– La publicité copinage à l’intention des fiers habitants de la belle ville de Gignac-la-Nerthe : Mon amie Julie produit des légumes à Gignac-la-Nerthe. Ses légumes sont bons. Et sa microferme est là.

– Les boutons : as-tu seulement remarqué les boutons qui figurent sous cette académie et qui t’invitent à nous donner respectivement de tes mots et de tes sous. Vois comme ils sont beaux, attrayants et doux au cliquer.

– Les réseaux : Ton dromadaire blatère également sur Facebook, Twitter et Instagram. Dromadame, donc, remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

2 commentaires

  1. Boarf; Julie est une idéaliste respectable et non une actrice porno. Tout se perd, mes amis….

    La bise.

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