La Calcio Académie conclut la stagione en beauté


Ciao bambini,

Quelques heures après la fin d’un weekend placé sous le signe des Horsjeuïades (amour, foot et biture), la Serie A prenait fin pour la saison 2018-2019 avec son lot de belles histoires, de surprises, de désillusions, de conneries à la sauce de Laurentiis, bref une belle saison comme on les aime, et comme on en a l’habitude.

La Juve, déjà vainqueur, le Napoli déjà deuxième n’ont plus rien à jouer, ce sont les 3, 4 et 5e, 17e et 18e places qui sont les plus intéressantes à suivre ce weekend. L’Atalanta, l’Inter et le Milan se battent pour deux places qualificatives en LDC, tandis que le Genoa et Empoli tentent comme ils peuvent de sauver leurs miches à la 17e place.

C’est aussi l’heure des départs, pour certaines figures de la Serie A et de l’Italie, comme Barzagli qui prend sa retraite après huit ans de bons et loyaux services à Turin, et De Rossi, l’immense Daniele De Rossi, bandiera de la Roma, formé au club et 18 années en professionnel sous le maillot de la louve. Patron. Les deux derniers champions du monde avec la Squadra en 2006 disparaissent de la Serie A. Comme un symbole. C’est avec les yeux embrumés de fatigue, d’alcool (NDRB, ne jouez pas à la mirabelle avec Franco Bas Résilles. Vous perdrez.), de pommes de terre et de fromages savoyards que vos académiciens ont suivi les derniers matchs de la saison, forts en émotion pour certains, et fort en désintérêt pour d’autres.

Et le pinard, la suze, la mirabelle, la verveine, la bière, le Mount Gay, etc.


SPAL-Milan (2-3) : Victoire obligatoire du Milan pour encore croire et rêver à la qualification en LDC. Et déjà 2-0 pour les Rossoneri après 23 minutes de jeu. Les consignes sont claires (pour une fois ?), on joue haut, on presse, on tire. Malheureusement, on oublie parfois trop vite à quel point Milan encaisse des buts de merde, et la réalité nous rattrape lorsque la SPAL égalise pour un 2-2 qui fait débander les verges à moitié dressées des tifosi du Milan. A moitié seulement parce que dans le même temps, les résultats des cousins du nord, et l’autre club de Milan font le boulot, évidemment. Kessie marquera un pénalty accordé généreusement (parce que oui, Berlusconi est parti mais à la 38e journée Milan a encore droit à des pénos cadeaux) et donnera une victoire qui rassurera Gattuso … moins les supporters qui savent pertinemment que les quatre victoires consécutives n’effacent pas les mauvais résultats honteux qui coûtent la qualification (nul à Parme et défaite au Torino il y a un mois à peine). L’entraineur de Milan qui sera l’une des figures du club qui partira cet été avec Leonardo et Maldini (directeurs sportifs) et Abate (arrière droit qui aimait faire des cadeaux à Milito pendant les derbys). Encore une page qui se tourne donc et de gros changements à attendre cet été.

Les buteurs : Calhanoglu (18e), Kessie (23e, 66e) pour Milan. Vicari (28e), Farès (53e) pour la SPAL.

Cagliari-Udinese (1-2) : Un bon match de ventre mou entre le 12e et le 15e dont le résultat importe peu pour le classement final. Vous serez sans doute contents d’apprendre que l’Udinese, menée à la mi-temps, a finalement gagné 2-1. Voilà. Vous ne voulez en savoir plus, ça nous arrange bien, on a mal à la tête.

Les buteurs : Pavoletti (17e) pour Cagliari. Hallfreoson (59e), Di Maio (69e) pour l’Udinese.


Frosinone – Chievo (0-0) : La Serie B avant l’heure. On le résumerait bien, mais cette vidéo de bon goût devrait suffire.

Ce résumé vidéo pointu vaut également pour le Genoa – Fiorentina (0-0).



Roma – Parme (2-1 si on compte pas les larmes) :
Irréel. Deux ans après avoir dit ciao à Francesco Totti, la Roma se sépare de son gladiateur. Les Irriducibili de la Lazio ne s’y sont d’ailleurs pas trompé en le remerciant d’avoir été un si bon ennemi.

Oups, mauvaise photo.


Je me suis trompé de photo, toutes mes confuses. Voici la bonne.


Merde ! Décidément j’y arrive pas. Ce ne sont pas les banderoles qui manquent chez les fascistes de merde truculents ultras du voisin en bleu ciel.

Allez, je vous mets la vraie quand même.

La Nord salue De Rossi, ennemi fier et irréductible sur le terrain.

Alors oui il y a eu quelques buts. Gagliolo d’abord, qui donne l’avantage aux giallorossi en déviant une reprise de volley dans ses filets. Gervinho ensuite, qui remet les compteurs à égalité mais qui refuse de célébrer contre son ancien club. Perrotti enfin, qui marque d’une jolie tête peu de temps avant la fin. Mais l’essentiel était ailleurs. Enfant chéri de la ville éternelle qui lui a tant donné, Daniele De Rossi s’est incliné une dernière fois devant la Curva pour embrasser le sol de la piste d’athlétisme, réminiscence d’une terre battue ou les gladiateurs faisaient jadis couler le sang des vaincus. Mais dimanche, ce n’était pas le sang qui souillait la terre romaine. Non, des tifosi aux joueurs, tout le monde a pleuré. Le Mister Ranieri, tifoso historique de la Roma auquel la Curva n’a pas manqué de rendre hommage, n’a pas retenu ses larmes non plus. Tout le monde a pleuré, sauf un homme. Le buste droit, le regard fier tourné vers l’éternité, Daniele De Rossi a, comme Totti avant lui, dit au revoir à sa Roma.

Avec la retraite de Barzagli, la Serie A perd donc ses deux derniers champions du monde en activité (ne me parlez pas de Sami Khedira, on passait un bon moment bordel) et avec eux une certaine idée du football. Content d’avoir placé cette phrase qui veut tout dire et rien dire, votre humble serviteur vous laisse avec une vidéo NSFW non pas pour son caractère sexuellement explicite (encore que s’il existe un homme capable de ma faire changer d’orientation sexuelle c’est bien lui), mais plutôt parce que vous allez devoir vous expliquer pour le torrent de larmes et que franchement ça vous emmerde d’avance.

Les buteurs : Gagliolo (autogoal, 35e) et Perrotti (89e) pour la Roma, Gervinho (86e) pour Parme.



Sampdoria – Juventus (2-0) : La der des ders pour Allegri sous les couleurs de la Juve. Une séparation qui ne se passe pas bien pour tout le monde visiblement, du moins vue la tentative capillaire du Livournais en possible dépression qui, assumant sa calva, se rase de près les quelques poils qui lui restaient sur le cailloux. Certains pourraient y voir le symbole d’une renaissance. D’autres l’arrivée de Pep Guardiola sur le banc de la Juve. Quoi qu’il en soit, quoi de mieux pour quitter cette équipe et clore cette saison qu’une… défaite ? Pour la dernière fois cette année (donnez-moi un Hallelujah), les bianconeri ont déroulé une bouillie de football poussive et difficilement digérable.

L’équipe était très remaniée : un 442 à plat standard, de ceux qui te sont proposés d’entrée quand tu lances un jeu de foot pour la première fois dans ta vie. Le truc sans frissons, ou presque. Car vue la ligne défensive, il y avait de quoi faire quelques cauchemars : De Sciglio à gauche, un Chiellini qui joue la main dans le slip depuis quelques matchs aux côtés de Ruganus le fragile et enfin Caceres, dit le Pelado, qui n’a plus joué à du vrai football depuis des mois. Rien de bien surprenant donc quand seuls les coups de sifflet réveillent, à la mi-temps, les corps inanimés des spectateurs venus faire bronzette au Marassi.

Sans surprise la deuxième période est de meilleure qualité. Kean, qui se procure quelques belles occasions, se voit annuler un but pour un hors-jeu millimétrique. Merci la VAR de rétablir une justice face à cette voleuse de Juve qui avant elle gagnait des scudetti en avril. Les deux équipes se montrent plus volontaire, sans pour autant faire de véritables folies. Max en profite pour lancer deux jeunes réserves dans le grand bain, ça pue les grandes vacances et tout le monde passe du bon temps au soleil. Tu comprends que c’est le dernier cours de l’année quand, à dix minutes de la fin du temps réglementaire, Defrel conclue une action des plus brouillonnes d’un tir qui ricoche un peu partout dans la défense bianconera et prend Pinsoglio à contre-pied (1-0). Dégueulasse mais ça passe. Dans le temps additionnel, Caprari nettoie la lucarne sur un superbe coup franc brossé. C’était la dernière d’Allegri et Barzagli. Merci les copains, grâce à vous c’était quand même souvent bien.

Les buteurs : Defrel (84e) et Caprari (91e) pour la Samp.



Inter – Empoli (2-1) : Il restait un chapitre ouvert cette saison, celui concernant les places qualificatives pour la Ligue des Champions (« THE CHAMPIOOOOOONS »). Multiplex de folie donc quand, en début de soirée, dimanche, quatre clubs pouvaient encore espérer participer à la C1 : l’Atalanta, l’Inter, le Milan et la Roma. Une folle course qui a vu, pendant près de 95 minutes, les trois premiers clubs se dépasser à tour de rôle. Et à ce jeu-là, l’Inter est certainement l’équipe qui a le plus souffert. Alternant le bon et le moins bon, les nerazzurri se sont débarrassés d’un Empoli coriace et ont accroché pour la deuxième saison consécutive les places qualificatives. Mention spéciale aux deux gardiens, Handanovic et Dragowski, qui ont réalisé un match monstre. Le premier rassurant son équipe en fin de match quand tous les joueurs semblaient déjà avoir lâché l’affaire mentalement. Le second pour avoir maintenu en vie son équipe en enchaînant les miracles (sur De Vrij en première, sur un pénalty mal tiré d’Icardi en seconde). Car l’enjeu était double à San Siro. Si les locaux jouaient pour le gratin du football européen, les Empolesi comptaient, eux, ne pas redescendre en Serie B. De quoi nous offrir parmi les plus belles minutes de cette saison quand, à la fin du match, tenaient sur le fil du rasoir les espoirs des deux équipes. Dans un stade en fusion et au bord de la crise cardiaque les hommes de Luciano Spalletti arrachent les trois points. Le coach conclue ainsi son aventure nerazzurra et s’en va avec les honneurs. En attendant l’arrivée d’un homme au toupet factice. Beurk. L’Empoli, à deux doigts et une barre transversale de l’exploit retourne d’où elle vient. Merci à tous pour ces émotions, on remballe. C’était la Serie A 2018-2019. À l’année prochaine pour de nouvelles aventures.

Les buteurs : Keita Baldé (51e) et Nainggolan (81e) pour l’Inter ; Traore (76e) pour l’Empoli

Bologna-Napoli (3-2)

C’était le dernier jour de taf avant les vacances, celui où tu te cales les orteils en éventail au fond de ta chaise à roulette et que tu programmes machinalement ta messagerie automatique. Le boulot était déjà fait pour le Napoli qui depuis trois journées était assuré de finir deuxième, ce qui ne l’a pas empêché de faire du sale avec l’Inter ( ça fait plaisir) et Bologna ne jouait plus rien, bien installé à la 10ème place du classement. Pour autant on a vu des belles actions et des buts pour se faire mousser, c’était un match doux, comme une première soirée d’été en terrasse.

Palacio fait un amour de centre pour Santander qui fusille superbement de la tête. Les rossoblu enchainent les mouvements collectifs de qualitay et doublent la mise juste avant la pause par Džemaili (l’ancien Napolitain célèbre sobrement, classe) sur un centre de Santander, qui aura été partout dans ce match. Le Napoli commence à revenir et réduit l’écart à travers Ghoulam à la 57’ puis Mertens à la 77’. Cependant Sanatander, inarrêtable décroche la victoire à la fin pour les siens. Le match fini, tout le monde rentre en claquettes pour inaugurer la saison de l’Apéro et des rumeurs mercato. Le Napoli finit l’année sur une défaite, une année « Meh » ou le minimum fût assuré, comme un bachelier qui a révisé tout juste assez pour décrocher le 10,50. Peut mieux faire.

Les buteurs : Santander (43e) (88e), Džemaili (45e) pour Bologna. Ghoulam (57e), Mertens (77e) pour le Napoli.


Torino – Lazio (3-1) : Journée des départs, encore. Dupont-Moretti, las des punchlines des Balkany, met un terme à sa carrière. Comment ça c’est Emiliano ? Fort bien, je m’excuse de la confusion. Toujours est-il que pour son 367e et dernier match de Serie A, les copains du Toro ont offert une belle victoire à Emiliano. Sans idée, la Lazio conclut sa saison à la huitième place du classement. Mais l’essentiel est ailleurs pour le club de la capitale qui a gagné la Coppa, et qui peut se vanter de voir des hommes partageant la sensibilité politique de ses tifosi gouverner le pays. Vrais reconnaissent vrais, sacs à merde reconnaissent sacs à merde.

Les buteurs : Falque (51e), Lukic (53e) et De Silvestri (80e) pour le Toro, Immobile (66e) pour les Laziali.

Atalanta – Sassuolo (3-1) : Historique. La déesse enfile ses habits de lumière et s’installe sur la troisième place du podium de Serie A. Un rang qui lui offre une qualification bien méritée à la prochaine LDC, la première de son histoire. Pouce en l’air donc pour tous ces joueurs et leur entraîneur, Jean-Pierre Gasperini, qui hissent haut des couleurs du Calcio vrai. Pourtant, les premières minutes du match n’auguraient pas tel scenario. A la vingtième Berardi, au terme d’une jolie action à une touche de balle, plante le premier but et allume la machine à stress (1-0). Les résultats du Milan AC et de l’Inter placent à ce moment là l’Atalanta cinquième. La place du con. Le slip des locaux commencer à coller et le football produit n’améliore pas la situation. Poussive dans le jeu, la Dea égalise pourtant à la 35e grâce à Duvan Zapata qui pousse, seul devant des cages vides, le ballon. Les locaux termine la période en attaque et remercient Berardi qui, comme à son habitude, pète les plombs et trouve le moyen de se faire expulser en rentrant dans les vestiaires. Au retour des vestiaires, le salut porte un nom : Papu Gomez. De ses pieds vient la libération (2-1), Pasalic lui complètera le tableau des scores (3-1). Grand respect pour cette équipe et ce club qui, depuis des années, fournissent un travail admirable. Hâte de voir ce qu’il réussiront à faire la saison prochaine chez les aristocrates du football européen.

Les buteurs : Zapata (35e), Gomez (53e) et Pasalic (65e) pour la Dea ; Berardi (19e) pour les neroverdi.

La note artistique 3/5 :

C’était une saison pas très palpitante sur le terrain mais toujours dans l’extravagance et le folklore en dehors. Néanmoins nous avons eu droit aux grands classiques, notre Casablanca à nous : La Juve décroche le scudetto mais se cague en Champions League et en fin de championnat, dans une pure tradition PSG-enne.

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Le Napoli, éternel dauphin, loser moins sublime cette saison, que sous le règne de Sarri. Milan et la traditionnelle course à l’Europe et la re-re-re-re-construction du club en perspective , l’Inter qui s’arrache au dernier moment évidemment, pour accrocher la Champions League et la dernière journée à gros suspens pour les galériens de bas de tableau.

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Il y a eu comme ça en vrac: des histoires de cul (wink wink), des polémiques VAR, des têtes de coachs réclamées, des déclas, des déclas, des déclas, de la bagarre, des purges, des siestes devant le match du dimanche aprèm’ le ventre gonflé de polenta, encore un départ déchirant, des larmes et de l’alcool. Mais voilà, notre Serie A ne déçoit jamais trop, c’est vrai, elle nous encule à sec parfois, et on y va en trainant des pieds, le froc baissé, mais c’est toujours avec un petit pincement au cœur qu’on lui dit au revoir et à la prochaine !

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Bacci anali.

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même de l'Inter.

2 commentaires

  1. Tout ce boulot, tout ce talent, toute cette débauche d’énergie pour cette calcio académie.

    Alors vous méritez bien qu’on vous le donne ce : Hallelujah !

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