La Calcio Académie vous présente la 6e journée de Serie A (20-21)

Ciao ragazzi,

Nous sommes décidément gâtés. Semaine après semaine, journée après journée, le spectacle est au rendez vous. Bien que nous nous désolions de ces stades vides, les matchs ne sonnent pas creux. Il faut reconnaître que les bancs animent le match. Les gars ne font pas la sieste. Ils vivent le match. C’est à se demander combien ils sont, tellement ça cause, ça encourage et ça discute. Toutes les réputations ne sont pas usurpées. Les Italiens ne peuvent pas rester tranquille. C’est peut-être un cliché mais c’est pas bien grave.

Nous avons donc eu l’occasion de voir trente-sept buts et pas que des moches, des matchs âpres avec du rythme, de l’agressivité et un arbitrage pour le moins aléatoire. Ronaldo signait son retour quand le Milan continue d’espérer le sien. La Juve n’est pas encore championne. Dans ce monde en perpétuel changement, il nous reste le Toro pour nous rassurer que tout ne change pas. Il reste des traditions bien ancrées : le Toro a encore perdu dans les dernières minutes, après avoir mené au score.

Vous y verrez les buts de Zlatan, Barrow, Gervinho et de Jankto. Ça vaut le coup d’œil.


Crotone – Atalanta Bergame (1-2) :

La ballade des gens heureux (le sont-ils vraiment ?) continue pour les Crotonesi, mais la collecte de points reste maigre comme un top model des années 90 (marche aussi avec 2000, 2010, etc.). Dans un stade vide à craquer, Luis Muriel a tout tenté. Il a tellement tenté qu’il a marqué deux fois. Il aurait pu en mettre quelques-uns de plus même, bien aidé par l’obsession de la relance courte des crottes. Mais bon, deux c’est déjà pas mal. Les locaux réduiront le score juste avant la mi-temps par l’intermédiaire de Nwankwo ‘’pas Kanu’’ mais la marche restera trop haute, comme à chaque fois, pour les crottes. Pour la Dea, le faux pas face à la Samp’ et la rouste contre le Napoli sont oubliés. Pour Crotone par contre, la souffrance continue. Un petit point au compteur comme le Toro (qui a deux matches de moins mais quand-même qu’est ce qu’on se marre…). #soutine.

Les buteurs : Nwankwo (40e) pour les crottes, Muriel (26e et 38e) pour l’Atalanta.


Torino – Lazio (3-4) :

Quel match mes amis, quel match ! La Lazio n’est pas décidée à laisser le Toro sortir la tête de l’eau après son début de saison analissime. Pereira, transfuge raide et vil, est à la conclusion d’une belle action collective emmenée par Muriqi. Mais le Toro ne meurt pas si facilement. Bremer égalise quelques minutes plus tard sur corner avant que Belotti ne donne l’avantage d’un rigore que n’aurait pas renié le voisin blanc et noir. Milinkovic-Savic remet les équipes à égalité d’un subtil coup-franc dit ‘’du rebond d’enculé’’ qui ne laisse aucune chance à Sirigu. On approche la fin du temps réglementaire lorsque Lukic profite d’un dérapage dans la merde de la défense laziale pour marquer le but de la victoire, du moins c’est ce qu’il croit. Un coup de VAR dans les arrêts de jeu et un rigore de Ciro Immobile ont raison des espoirs granata. Pire, alors qu’on joue la 98e minute, Caicedo s’arrache pour donner la victoire aux siens après un ultime long ballon balancé dans la surface. Le Caicedo jusqu’à la lie… Le Toro marque trois buts par match, mais il s’ancre chaque journée un peu plus dans la zone de relégation. La Lazio, elle, lance enfin sa saison même si tout n’est pas parfait, loin s’en faut.

Les buteurs : Bremer (19e) Belotti (25e) S.P. Lukic (87e) pour le Toro, Pereira (19e) SMS (48e) Immobile (90e+5) S.P. et Caicedo 90e+8) pour la Lazio.


Inter – Parma (2-2) :

Le sujet est sur la table. Lautaro Martinez n’est pas en forme, il déprime le pauvre pépère. L’Argentin est pressé de signer son nouveau contrat et de doubler son salaire. Le président Zhang ne semble pas très motivé pour baisser la clause libératoire. tout le monde campe sur ces positions. Mais pour le dire autrement, il commence légèrement à nous gonfler, El Toro. Il suffit de faire quelques efforts, deux ou trois clics sur Internet et c’est parti pour faire fortune rapidement. Et s’il n’y arrive pas malgré ses efforts, il aura tout de même l’occasion de voir toutes sortes de photographies rigolotes et cocasses (la cinquième va vous étonner).

Malgré la blessure du divin Belge et les états d’âme d’El Toro, il faut bien reconnaître que les Interistes ne tremblaient pas à l’idée de recevoir des Parmesans pourtant présentés comme la bête noire de ces dernières années. Les hommes de Liverani ont perdu de nombreux joueurs et le terrain ne triche pas. A ce rythme, le maintien est loin d’être gagné. Le décor est planté.

Mais comme souvent, la Serie A va se montrer coquine avec nos médiocres pronostics de pacotille. Après une première période chiante , barbante et ennuyeuse, Parme surprend par deux fois les défenseurs Nerazzurri. Ranocchia semble avoir soixante-dix ans et Gervinho s’amuse comme pas possible. C’est marrant les matchs entre vétérans mais c’est aussi légèrement trompeur. Gervinho a retrouvé ses jambes pendant que Ranocchia et Kolarov craignaient pour l’arthrose. Du coup, Parme prend le large.

L’entrée du gang des clopeurs (Vidal et Brozo) va changer la physionomie du match. Le Croate réduit le score d’une jolie frappe bien placée. Sur l’action suivante ou presque, Perisic est ceinturé, serré et accroché. Au royaume des penalty généreux, on se dit que la VAR va se faire un plaisir de revenir sur cette action et siffler un penalty parfaitement évident. On se trompe lourdement. Le gars dans le bus devait probablement faire une sieste.

Finalement, au bout du suspense et à quelques secondes du coup de sifflet final, Perisic égalise d’une tête décroisée. Le résultat est presque logique. Parme prend son point. L’Inter est loin d’être guérie. La perspective de retrouver des défenseurs capables d’aligner trois courses de vingt mètres sans être cuits devrait réjouir Antonio Conte.

Buts : Brozovic (64e), Perisic (90e +2) / Gervinho (46e et 70e)


Bologne – Cagliari (3-2) :

Avec une seule victoire en cinq journées, Bologne devait absolument gagner pour quitter la zone rouge. Le club n’est pas calibré pour jouer le maintien. Dans ce contexte, Cagliari n’est pas exactement l’adversaire rêvé. Les Sardes arrivent en pleine confiance. Ils viennent d’enchaîner trois victoires de rang en championnat et la rotation a fait le travail en Coupe d’Italie.

Le début de match est plutôt à l’avantage des Rossoblu mais sur un contre presque anodin, Joao Pedro surgit : Cagliari mène au score. Alors que tout semble se compliquer pour les locaux, un homme va dynamiter la défense Sarde. Barrow n’a pas besoin d’avocat (on assume), il se défend très bien tout seul. Le Gambien réalise un match fantastique et croyez nous, nous n’exagérons absolument rien. Tel un pirate, Barrow vient sauver les siens en partant à l’abordage. Il marque deux buts merveilleux. Bologne l’emporte au bout du bout du suspense. Si les Rossoblu veulent continuer à progresser, va falloir s’accrocher à ce Barrow (trois à la suite !).

Buts : Barrow (45e et 56e), Soriano (62e) / Joao Pedro (15e), Simeone (47e)

Encore un qui avait le barreau


Roma – Fiorentina (2-0) :

Les gens qui pensent de travers imaginent que la Fiorentina doit uniquement son nom à la simple couleur de son maillot. Non, pauvre de vous. On l’appelle la Viola à cause de ses tifosi. Chaque année ils espèrent, les malheureux. Et en novembre ils désespèrent déjà. Ils finissent l’année en juin complètement cramoisi ou violet (ça dépend des saisons et du vent). Mais heureusement le mercato arrive sans tarder et permet d’entretenir à nouveau l’espoir le temps de l’été. C’est bien foutu, hein ? Bon sinon, la Fio sort une nouvelle fois une tambouille scandaleuse. On court droit à l’accident industriel en Toscane.

La Roma déroule tranquillement. Sans un Dragowski des grands soirs, la Viola prenait une raclée monumentale. Mkhytarian les a mis au supplice. L’Arménien tient la forme de sa vie. Il est tout simplement meilleur passeur du Calcio. Le mercato est presque déjà réussi, Pedro est vraiment en forme, Veretout s’affirme comme le patron du milieu. Ça fait bizarre de complimenter les Giallorossi.

Buts : Pinazzola (12e), Pedro (70e)


Udinese – Milan (1-2) :

Zlatan encore et toujours. On vous le dit chaque semaine et vous nous rejoignez sans souci, Ibrahimovic est l’homme essentiel du Milan actuel. Une passe décisive, un but, emballez-moi ça et gardez la monnaie.
Ça n’a pourtant pas été une partie de plaisir pour ce Milan qui ‘est prêté à l’exercice du repas dominical du Frioul. Au menu : une Udinese malade qui perd tout mais qui a de la ressource. Milan galère, domine sans marquer et se fait même prendre à son jeu en laissant la balle à l’adversaire. L’illumination vient donc de Bennacer qui envoie Ibrahimovic montrer sa classe aux spectateurs chinois en enchaînant contrôle soyeux, passe décisive dans la course pour Kessie qui ne se pose pas de question (s’en est-il déjà posé ?) et allume dans le haut du but.
Pour le reste, l’Udinese déjoue les plans du Milan et obtient un pénalty bien mérité puis égalise. Pensant tenir le leader de Serie A en respect jusqu’à la fin du match, les défenseurs ont peut-être oublié qu’Ibrahimovic, même à trente-neuf ans et à la 83e minute, se surveille comme du poivre sur le feu et concèdent un but venu d’ailleurs. Milan gagne un match sans le mériter entièrement mais le soir de la 38e journée, ce discours ne sera que de la littérature. Fino alla…

Buteurs : De Paul (48e) ; Kessie (18e), Ibrahimovic (83e)


Napoli – Sassuolo (0-2) :

Quel match… Le tableau d’affichage est trompeur, il s’est passé énormément de choses en ce dimanche après midi de Serie A. Naples et Sassuolo, deux belles équipes en forme, s’affrontent dans un duel de coachs (Gattuso et De Zerbi), de jeunesse et de principes de jeu.
Beaucoup d’occasions donc entre ces deux équipes, des relances de derrière quasi permanentes et du jeu court à foison, voilà comment on a pu apprécier cette belle partita. Jeu court qui est une marque de fabrique des Neroverdi, vous le savez, mais qui a failli les prendre à défaut plus d’une fois contre un Naples qui vendange totalement ses occasions.

De Zerbi a des principes clairs, arrêtés et qui payent au classement, mais attention car ils n’affronteront pas tous les jours une équipe qui les laisse espérer une victoire malgré des pertes de balles énormes en défense. Je pense à des tueurs comme Ibrahimovic, Immobile, Lukaku ou Cristiano Ronaldo qui s’en donneront à cœur joie s’ils récupèrent un ballon aux vingt mètres adverses.
À ce petit jeu, c’est donc Sassuolo qui l’emporte en concrétisant un pénalty grâce à Locatelli, et grâce à un beau but de Maxime Lopez, son premier, au bout d’un slalom aussi bizarre qu’étonnant.
On retiendra tout de même une nouvelle péripétie liée à la VAR qui n’a pas accordé un penalty pourtant assez visible sur Osimhen, fou de rage.
Sassuolo gagne encore, le vert colle au cul du rouge au classement, on a l’impression de vivre dans un passé politique lointain.

Buteurs : Locatelli (59e), Maxime Lopez (95e)


Sampdoria – Genoa (1-1) :

Un derby de la lanterne sans supporters c’est comme un derby de Milan sans curve, c’est fade, on ne s’en souvient pas, et on ne prend même pas la peine de s’installer cinq minutes avant le début du match pour voir les fumigènes, et les tifos des deux camps. On se satisfera tout de même d’un mini-fumigène déposé dans le stade soigneusement par un mini-parachute, symboliquement.
Sur le terrain, c’est un match de gardiens. Perin et Audero ont sorti un vrai match de dingue et permis à leur équipe respective de glaner un point acquis courageusement. De part et d’autre c’est un beau but, de Jankto pour la Samp et de Scamacca pour le Genoa. L’un comme l’autre aurait pu passer devant, mais les gardiens en avaient décidé autrement. Pas de jaloux à Gênes, pas de tag sur les murs le lendemain du match.

Buteurs : Jankto (23e) ; Scamacca (28e)


Hellas Verone – Benevento (3-1) :

Vous le savez, la Calcio Académie fait la part belle aux promus, aux déclassés. C’est donc le cas des sorciers de Benevento, qui disons-le, nous séduisent semaine après semaine par leur jeu offensif, volontaire et emballant. Pourtant, ils perdent encore ce soir à Verone, où les Dieux du football n’étaient encore pas avec eux… Ils se procurent beaucoup d’occasions mais en concèdent encore plus, et se font punir inévitablement. D’entrée, le Hellas ouvre le score avant de se faire rejoindre par Lapadula décidément en forme. Le tournant du match intervient en seconde mi-temps lorsque Caprari, pourtant fauché dans la surface, ne bénéficie pas d’un penalty et par la suite voit même le rouge suite à de prétendues insultes. Benevento perd tout en quelques minutes et concède deux autres buts qui achèvent les espoirs du promu de Pippo Inzaghi. Triste mais réaliste, Benevento ne s’en sort pas encore. Espérons que leur ambition offensive paye, c’est tout le bien qu’on leur souhaite et Inzaghi a l’air de leur montrer la voie.

Buteurs : Barak (17e, 63e), Lazovic (77e) ; Lapadula (56e)


La Spezia – Juventus (1-4) :

Retrouvez ici la superbe bianconera academie de notre ami Roberto Bettegras, qui passe sous silence la performance de Cristiano Ronaldo certes, mais qui n’oublie pas de viser Cuadrado comme Amel Bent visait la lune en son temps. 


Note artistique de la journée 4/5 :

Seulement 37 buts, mais toujours sept de plus que les copains de la PL Academy et leurs ventres à bière. Comment ça on devient fine bouche à la Calcio Académie ? On le devient pas, on l’a toujours été. Comparez la
« cuisine » anglaise aux merveilles des cuisines italiennes et vous aurez vite fait de nous comprendre. Une fois n’est pas coutume, on s’est régalé. Des buts incroyables, des retournements de situation dramatiques… Seule ombre au tableau : le VAR.

Plus que jamais, le département de naissance de Castaner (on se demande d’ailleurs si l’Obersturmführer Darmanin n’y a pas une résidence secondaire) crée la polémique. Après le Milan-Roma, c’est l’Inter-Parma qui a fait grincer des dents notre intériste (mais néanmoins ami) Kiki. Je m’étendrai pas sur le match, il le fera bien assez. Toujours est-il que que suspendre les arbitres après une performance abyssanale n’est pas la solution. Je ne prétend pas l’avoir, mais il va falloir que les instances du Calcio (rires) se penchent sérieusement sur la question. On se retrouve très vite, prenez soin de vous.

Bacci anali distanziato.

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même du Napoli.

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