La Calcio Académie vous raconte la 36e journée de Serie A

Ciao amici,

On prend les même et on recommence, car ici rien a changé. Devant : les bianconeri d’Allegri joue toujours aussi bien que l’équipe « vétérans » de ton village, la quatrième place reste la nana la plus disputée du dancefloor, l’accent circonflexe qui sert de sourcil à Ancelotti répond encore à l’appel et Spaletti reste le meilleur sosie de Nosferatu. Derrière : la Fio n’en finit plus de perdre tandis que Parma, le Genoa et l’Udinese ont le cul qui commence à rougir au dessus du grill. Bref, une belle fin de saison qui s’annonce pour tous ceux qui, comme vous, aiment ce bel gioco (sauf la Juve) qui répond au doux nom de Calcio.

Tous les pions de la 36e journée


Fiorentina-AC Milan (0-1) : Victoire obligatoire du Milan sur le terrain de la Fio, sans trop souffrir et en se procurant les meilleures occasions. C’est Calhanoglu, utile de temps à autre, qui ouvre le score sur une énième passe décisive de Suso … Donnarumma bien inspiré a sorti plusieurs parades et Milan prend des points importants face à un adversaire qui n’a plus rien à jouer, qui est très faible mais, doté de bons joueurs, pouvait très bien emmerder les rossoneri.

Un jour on se penchera quand même sur Suso qui, à 25 ans, sort une troisième saison consécutive pleine, avec à chaque fois sa dizaine de passes décisives. Alors c’est souvent la même chose : « je déborde à droite, crochet, centre pied gauche » (spéciale Robben), mais ça marche et ça rend pas mal de services à Milan depuis des années.

Le but : Calhanoglu (35e)

Inter Milan-Chievo Verone (2-0) : Victoire facile pour l’Inter qui consolide sa place dans les quatre face au Chievo, pire équipe de la saison et qui n’a jamais inquiété les nerazzuri. Plusieurs poteaux, de grosses occases, deux buts … ça aurait pu terminer en volée durant laquelle Icardi se sera montré bien discret comme d’habitude récemment.

La tête déjà aux vacances (comme le FC Metz qui a perdu le derby ?), à sa prochaine destination surement, son prochain salaire ou ses prochaines photos instagram.

Les buts : Politano (39e), Perisic (86e)

Atalanta-Genoa (2-1) : Le Gasp met tout le monde d’accord en cette fin de saison. En feu depuis plusieurs semaines, les bons nerazzurri enchaînent leur quatrième victoire d’affilée et tapent à la porte du podium à un point de l’équipe dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom qui porte les mêmes couleurs qu’elle. La Dea, radieuse, se défait ce weekend d’un Genoa toujours difficile à manœuvrer. Sans idées et malmenés pendant les 45 premières minutes, l’équipe tendance de Serie A revient des vestiaires le couteau entre les dents. Au bout d’une minute Palomino trouve Musa Barrow dans la profondeur. Le Gambien gagne son face à face et ouvre le tableau des scores (1-0). Cette équipe pue l’Europe à plein nez et régale cinq minutes plus tard ses tifosi une nouvelle fois. Castagne reprend seul un ballon qui traverse la surface de réparation (2-0). La jolie réduction du score de Goran Pandev (2-1) ne changera pas l’issue du match. Des gouttes perlent sur le front de Prandelli qui n’arrive décidément pas à rétablir la situation chez les grifoni. Le plus vieux club d’Italie pointe à un petit point de la zone rouge tandis que les Bergamasques entendent toujours plus distinctement les petites notes de musique qui font bander l’Europe entière le mercredi soir. La folie.
Les buts : Barrow (46e) et Castagne (53e) pour la Dea ; Pandev (89e)

Sexyness


Cagliari-Lazio (1-2) : Si la Lazio s’est faite jeter de la lutte pour la quatrième place faute de résultats convaincants, elle peut nénamoins prétendre en cette fin de saison à une place européenne. Huitième avant la rencontre à quatre longueurs du Milan et de la Roma, les biancocelesti se sont déplacés chez des Sardes qui visent eux le top ten pour la forme. Malpolis, ce sont les invités qui se taillent les meilleures occasions avec notamment Caicedo et Correia qui régalent en une-deux. La Lazio joue au football et construit des actions léchées qui font suer les Cagliaritains. Sur une action d’école, Luis Alberto conclu à l’entrée de la surface et ouvre le score (0-1). Quelques minutes plus tard sur une action similaire, Milan Badejl reçoit le cuir aux 25 mètres et allume une mèche que Cragno dévie sur la barre. Les Sarde ont mal à la tête et tiennent tant bien que mal ce but d’écart jusqu’à la pause. Volontaires au retour des vestiaires, ils prennent un contre assassin conclu à toute allure par Pablo Correa (0-2). Fatal. Pavoletti égalisera à la toute fin du match de la tête, comme d’hab, mais ce but ne suffira pas à renverser la vapeur. Cagliari enchaîne sa troisième défaite de rang tandis que les hommes de Simone Inzaghi rêvent encore d’Europe.

Les buts : Pavoletti (91e) pour les Sardes ; Luis Alberto (31e) et Correa (53e) pour la Lazio


Torino-Sassuolo (3-2) : Énième prétendant à une place européenne, le Torino arrache ce weekend trois points qui lui permettent de rester collé au peloton. Dans un stade ensoleillé et bien bouillant, les locaux se montrent les plus dangereux dans les premières minutes de jeu et héritent d’un péno tombé du ciel accordé par la VAR. Pas de cul, le gallo Belotti bazarde le cuir au-dessus des buts de Consigli et manque de lancer les siens vers la victoire. Une aubaine pour les hommes de De Zerbi qui cueillent à froid leurs hôtes d’une frappe écrasée de Mehdi Bourabia aux vingt mètres (0-1). Un but qu’il n’aura pas le temps de digérer car quelques secondes plus tard l’arbitre lui colle un deuxième carton jaune pour avoir célébré en relevant son maillot à la Ravanelli. Grotesque. Belotti sonne la charge au retour des vestiaires, d’une merveille de retourné sur lequel Consigli s’envole. Putain qu’il était beau. Ce n’est que partie remise, quelques minutes plus tard le 9 pousse dans les filets un beau service de De Silvestri (1-1). En infériorité numérique, le Sassuolo parvient quand même à faire douter les granata. Et la lumière vient d’un exploit individuel. Dans la surface adverse, Boga se joue des défenseurs à coup de crochets mais bute sur Sirigu qui ne peut rien sur la talonnade de Lirola (1-2). Le match est pas dingue mais le scenario est fou. Les hommes de Mazzarri accélèrent et plantent deux buts en deux minutes. Le premier, de Simone « petits pas » Zaza (2-2). Le deuxième de Belotti qui, comme un symbole, claque une merveille de retourné. Bandant. Le Toro recolle à deux points seulement du Milan et de la Roma (respectivement 5e et 6e).

Les buts : Belotti (56e, 82e) et Zaza (81e) pour le Toro ; Bourabia (27e) et Pol Lirola (71e) pour les neroverdi

Roma-Juventus (2-0) : L’ambiance moite du bar dans lequel je me trouvais ne me trompe pas, je suis sur le point de passer l’une des soirées les plus pourries de la saison. Il est vingt-et-une heures et sur grand écran les joueurs d’un club cher à notre ami camélidé tentent de sauver la face. Mes amis sont déjà bien éméchés et entonnent quelques cris de guerre bien sentis dès que le visage d’un certain Rudi apparaît à l’écran tandis que je sirote mon jus de houblon devant mon téléphone posé à l’arrache sur le comptoir. Sur petit écran, la Juve d’un Max Allegri en pleine tempête face à la Roma du vieux sage Ranieri. Une belle prestation face à la Louve offrirait un peu de répit au coach Livournais que certains verraient bien, lui aussi, « dehors »™.

Pas de chance, ses joueurs se sont opposés durant les 45 premières minutes à un Mirante taille patron qui a enchaîné les miracles comme les rédacteurs de votre site favori pourraient enchaîner les pintes. Nombreux sont les joueurs à s’être cassés les dents sur les arrêts réflexes du portier romain : Cuadrado, Dybala par deux fois, Emre Can. Bref, un massacre. De l’autre côté Szczesny regarde impuissant un centre de Pellegrini s’écraser sur la barre. La seconde période est plus équilibrée et les deux équipes s’offrent de belles occasions. Le karma chance définitivement de camp à l’heure de jeu quand Ronaldo se fout de la taille de Florenzi avec lequel il échangeait des mots doux. Un câlin et dix minutes plus tard, le Romain profite d’une belle bourde de Chiellini pour déclencher un une-deux dévastateur qui lui permet de planter (1-0). Mérité pour le capitaine romain qui sera, dès le départ acté de De Rossi cet été, le seul témoin de l’âme giallorossa. La fin du match ne sera qu’un long supplice. Le jeu manque toujours autant à cette équipe remplie de champions. La frustration est grande, même pour un défenseur d’Allegri. Le silence gagne la salle tandis que sombrent la Juve et l’OM. Personne pour exulter, personne pour crier. Le dépit nous gagne tous. Comment en est-on arrivé là ? Dans ces moments là on ne voit aucun présent ni avenir. Et les beaux souvenirs du passé s’estompent. Je pense que je commence à en avoir assez. Allegri, merci, mais cette fois-ci c’est fini.

Les buts : Florenzi (79e) et Dzeko (92e)


Spal-Napoli (1-2) : Comme un épisode de Derrick, il aura fallu s’infliger beaucoup d’ennui pour ne s’enflammer qu’à la fin, enfin l’enflammade était plus une bougie chauffe plat en fin de vie, qu’une fête dans le slip de Lavezzi. Si mes résumés des matchs du Napoli vous semblent de plus en plus déprimants, ce n’est rien comparé aux matchs eux-mêmes.

La première mi-temps était encore une fois un hommage à l’art de s’ennuyer et ennuyer son monde, quelques tentatives infructueuses de Milik et Callejon, qui décidément semblent souffrir de gros problèmes de vision, à moins que cela soit une épidémie collective de déficience cognitive.

C’est au retour des vestiaires que les choses deviennent un peu plus intéressantes avec un très beau but d’Allan, belle frappe tout en maitrise. Retour des séquences de possession stérile jusqu’à la 83’ où le Napoli concède bêtement un pénalty, parce que gagner tranquillement sans faire péter les plombs aux tifosi ça ne serait pas très drôle et pas très napolitain. Petagna égalise donc pour la SPAL, même si Meret était parti du bon côté, il n’a pas su l’arrêter. Meret aura eu chaud d’ailleurs à plusieurs reprises pendant la deuxième période.

Le sauvetage est venu de là où nous l’attendions le moins, avec un but de Mario Rui.

Victoire donc, dans la douleur, la pluie et le sang, mais victoire sans grands enjeux à ce stade la saison, des deux côtés d’ailleurs. Le Napoli finira bien deuxième et la SPAL se maintient en Serie A.

Les buts : Allan (49e), Petagna 83e (P), Mario Rui (88e)

Bologna-Parma (4-1) : Quand les buts et les cartons rouges pleuvent, le Parma n’est jamais très loin. Après un match riche en évènements le week-end dernier contre la Samp, les Gialloblù remettent çacette semaine et se vautrent cette fois-ci en toute beauté à Bologne, dans un match à enjeu pour le maintien. Là aussi la première période était mollassonne et c’est à la reprise que le Parma craquera complètement. Le premier but vient d’Orsolini après un joli enchainement collectif, il est suivi d’un deuxième quelques minutes après à peines : Pulgar tire un beau coup franc puissant, Sepe plonge pour dégager mais s’auto-trompe et marque contre son camp de la main. 2-0 pour Bologna et Parma commence à couler rapidement. Alves se prend un deuxième jaune pour un tacle sur Džemaili et aggrave son cas en rajoutant une couche sur le joueur à terre avant de sortir furieux. En supériorité numérique, Bologna enfonce les Gialloblù en plantant le troisième but signé Lyanco de la tête après un corner sortant bien tiré.

Parma réduit le score après un contre mené par Gervinho et Inglese à la finition. Mais comme un CSC peut en cacher un autre, à la 84’ Sierralta marque contre son camp et ni la défaite ni l’humiliation ne seront épargnées au Parma.

Les buts : Orsolini (52e), Sepe 59e (CSC), Lyanco (72e), Inglese (82e), Sierralta 84e (CSC)

Note artistique de la journée 3/5 :

Oui, la Roma a battu la Juve et une semaine où la Juve perd est une bonne semaine (devineras-tu qui est le rédacteur de la note ?), enfin surtout histoire d’avoir du suspens à se mettre sous la dent en cette fin de saison qui fût longue pour tout le monde. Les destins commencent à se sceller petit à petit, tout en haut et tout en bas du classement, reste encore la course à la champions league où il y a encore de la bousculade, dans l’attente de ce qui normalement serait une affiche, la prochaine journée avec la confrontation entre l’Inter et le Napoli, si seulement ces deux là n’étaient pas empêtrés dans le marasme total.

Ces derniers jours nous avons surtout eu droit à l’actualité de la Juve sur son avenir et sur celui d’Allegri qui semble incertain. Son maintien serait conditionnel au sacrifice de certains joueurs, ce qui confirme la théorie que la Juve n’est pas un club, mais un culte.

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Allegri se préparant à sacrifier Cancelo après avoir trop écouté les petites voix dans sa tête.

Entre temps, nous pouvons méditer sur le nouveau logo de la Serie A dévoilé il y a quelques jours et se demander qui est le génie derrière cette création époustouflante de laideur :

uovo logo serie a

Il paraît qu’après « beaucoup de travail » et « une longue réflexion » les têtes pensantes qui en sont à l’origine ont voulu choisir un logo « moderne, représentant bien l’Italie et le Calcio à l’international… » parce que représenter un ballon pour eux c’était trop classique, au lieu de ça nous devrons nous farcir ce beau gros « A » tout moche qui représente aussi bien l’Italie qu’une carbonara à la crème fraiche, pendant toute une saison, car en plus ce serait un logo temporaire. Vivement les vacances les enfants !

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même de l'Inter.

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