Turquie – Géorgie (3-1), La Bordjgali académie fait bonne impression

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Bonjour,

Je suis Filip Etchebadze, MOG, meilleur ouvrier de Géorgie, et propriétaire de 45 restaurants. De Batumi à Tbilissi, vous avez déjà sûrement boulotté un khachapuri dans un de mes 44 établissements. Oui, un vient de fermer, le pays est en crise, merci Vladimir. On n’est jamais tranquille bordel.

Avant l’arrivée de Willy, la situation était catastrophique. Les résultats étaient dans le rouge, comme les comptes de mon 44e restaurant. La qualification pour une grande compétition internationale était utopique.

Willy, c’est un ami, il vient souvent manger à la maison. Après notre beau parcours en Ligue C de la Ligue des Nations contre la Macédoine du Nord, la Bulgarie et Gibraltar, nous avons pu jouer les barrages grâce à deux victoires contre Chypre en qualifications. C’est malin ! Ça me plait ! La brigade a fait le travail contre le Luxembourg puis arraché la qualification aux tirs au but contre la Grèce. Bien joué les gars !

Tout est donc possible dans le football, la Géorgie est à l’Euro, et pour une première, on veut bien faire. On s’habille correctement, on nettoie un peu les casseroles et on présente une vaisselle presque propre. Nous sommes prêts à accueillir les clients, et à jouer la Turquie.

Le match :

Quelle émotion d’entendre l’hymne Géorgien. J’ai versé ma petite larme… avant ou après la notification de mon comptable de deux nouvelles faillites, je ne sais plus.

Le match part fort, vite, un début de service comme les aime, nous sommes dans le jus, tous dans nos 40 mètres et une question : combien de temps allons-nous tenir ?

25 minutes.

Cinq minutes de plus que mon 42e restaurant.

Sept minutes plus tard, le roi Georges égalise et entre dans l’histoire (tout comme mon 41e restaurant, adieu l’Ours bourré). Tout va trop vite bordel, dans le football et dans les affaires !

En deuxième, je donne un coup de main en cuisine,  un œil sur l’écran, l’autre sur le tchanakhi. C’est toujours la foire, des occasions, des poteaux, des buts, et un final kamikadze pour une victoire turque 3-1.

Les notes

Mamardashvili (4/5) : Tu as été au rendez-vous, et encaissé des goladze, rien à te reprocher.

Kashia et Dvali (2/5) : Grands et lourds, vous avez ce qu’il faut pour tout prendre de la tête. Je n’ai rien contre les otaries et rentrer dans le buffet (à volonté) des attaquants, mais l’ensemble est limité.

Kvirkvelia (2/5) : Vite dépassé, ce n’est pas normal. Faut se réveiller mon garçon !

Tsitaishvili (2/5) : C’est raté, de la bouffe d’hôpital, une discussion s’impose mon garçon, pour que tu m’expliques ton parcours et ce match de merde.

Kakabadze (3/5) : Mou devant, plus solide derrière. Dans mon métier, l’humour, c’est important !

Chakvetadze (2/5) : Mon garçon, il faut se bouger ! Ce n’est pas normal !

Mekvabishvili (2/5) : Tu t’es battu pour soutenir le plan défensif de Willy. Bien joué, continue mon garçon !

Kvaradona (3/5) : Notre fuoricladze a voulu faire la cuisine, le service et la plonge. C’est rentable économiquement, mais intenable humainement.

Mikautadze (4/5) : Notre renardze des surfaces a mis son coup de patte, tu es grand Georges !

Kochorashvili (4/5) : Ma star du jour, une passe décisive et pas loin d’être buteur. Quand un commis met du sel pour assaisonner un plat sans que j’ai à lui gueuler dessus, je le félicite, j’aime les initiatives ! Ce n’était pas toujours propre, mais il s’est donné du mal et a assuré ! Félicitations mon garçon !

Les remplaçants ont rempladze les titulaires, sans faire la différence, je me dépêche de conclure, je refuse de passer sous la barre des 40 restaurants ouverts d’ici la fin de l’article.

Plat de résistance contre la Tchéquie samedi, avant le dessert le 26 juin contre le Portugal. Et combien de restaurants en moins d’ici là ?

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