Clermont-OM (0-1), La Canebière académie pousse la citrouille

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Les trois points ou des farces.

blaah

Aïoli les sapiens,

Malgré les 12 décennies d’existence de notre vénérable club, le calendrier nous réserve encore des découvertes, avec ce déplacement en terres pneumatico-rugbystiques. Clermont-OM, une affiche inédite, à l’exception de quelques rencontres dans le championnat de la France occupée (autant dire que ces heures honteuses ont été oubliées), et d’un 1/16 de finale de Coupe de la Ligue pour le deuxième match de l’ère Rudi Garcia avec un but de Zinedine Machach (autant dire qu’on l’a oublié encore plus facilement).

Adversaire nul mais motivé, OM en quête de certitudes après un nouveau résultat mitigé contre Nice, temps automnal et météo pluvieuse (et non dantesque, contrairement à ce qu’a prétendu le commentateur au coup d’envoi : dantesque®, là-bas, c’est réservé aux volcans qui se réveillent et aux attaques de sangliers) : toutes les conditions sont en places pour se faire piéger. Le camarade Ptixixi objectera avec raison qu’on a évité le déplacement par -15°C juste après la trêve de décembre, ce qui n’est déjà pas mal.


Les Longorious Basterds

Lopez
Saliba – Balerdi – Luan Peres
Lirola (Gueye, 80e) – Kamara –Guendouzi
Ünder – Gerson (Luis Henrique, 91e) – De La Fuente (Payet, 57e)
Dieng (Milik, 57e)

Sampaoli jongle toujours avec l’état de fraîcheur des troupes comme un cadre infirmier tentant d’établir son planning malgré 2 congés, 3 burn-out et 6 postes non pourvus. Rongier est préservé pour cause de gêne aux adducteurs, Payet et Milik sont sur le banc. Balerdi, Dieng et De La Fuente retrouvent du temps de jeu, tandis que Lirola occupe le poste de milieutéral caractéristique de notre formation.


Le match

L’affaire s’engage comme une rencontre de coupe de France – ce qui pour nous n’est absolument pas un gage de sérénité, on le sait. L’OM monopolise la balle sans se ruer à l’attaque, et gère les rares tentatives de Clermont une main dans le slip.  Nous attendons en fait que les Auvergnats viennent s’éclater sur notre défense comme des mouches sur un pare-brise : la sanction est alors immédiate, en trois passes le ballon se retrouve dans leur surface. Ünder y met le oaï avant de décaler Guendouzi, qui trouve Dieng d’un amour de talonnade. Seul, Cheikh reprend à l’instinct mais n’est pas assez précis pour éviter le pied qui traîne du gardien.

Toujours maladroit à la finition, Cheikh se console avec plusieurs retours défensifs de belle facture, dont une récupération autoritaire dans le camp adverse. Guendouzi en profite pour lancer Ünder. Dans un angle fermé, avec gardien et défenseur face à lui, Cengiz fait appel à sa cheville magique pour, sans déborder, fouetter un amour d’enroulé qui contourne tout ce joli monde avant de revenir dans le petit filet (0-1, 25e).

La maîtrise est un peu moindre après ce but, l’OM choisissant résolument d’attirer les adversaires pour casser leur pressing et partir en contre. Le pari est risqué sous une pluie battante, mais nous procure en effet une ou deux situations intéressantes.


Dès la reprise, l’action de l’ouverture du score se répète : Gerson et Dieng dévorent un Clermontois au milieu de terrain, permettant à Kamara de lancer immédiatement De La Fuente dans l’espace. Konrad est cependant mis en échec par le défenseur et le gardien. Hormis notre sempiternel manque d’efficacité, rien ne semble devoir entacher cette soirée : pourtant, le slipomètre montre rapidement quelques sursauts, notamment quand Khaoui (tiens, vous ici !?) rate sa reprise, seul à la réception d’un centre.

Alors que nous réussissions jusqu’ici toutes nos relances courtes avec l’aisance d’un funambule, les pertes de balles se multiplient à 20 mètres de notre propre but. Sampaoli tente de nous rendre un peu de contrôle sur la rencontre en faisant entrer Milik et Payet. Ünder passe à gauche, Lirola monte ailier droit et Kamara passe milieutéral.

La connexion Dimitri/Arkadiusz se met tranquillement en place, et l’OM reprend en effet la main sur le match. Quoique dominé, Clermont s’offre néanmoins une minute dantesque® (ouais, là on peut) dans notre surface. Un retour défensif de Guendouzi met un terme à un gros cafouillage, mais le ballon est perdu immédiatement ensuite et Allevinah se présente seul face à Lopez. Sa dégaine de toxicomane anorexique n’empêche pas notre gardien d’occuper visuellement tout l’espace, et de forcer l’attaquant à lui tirer dessus à bout portant.

Ünder puis Milik sont ensuite mis en échec par le gardien adverse, avant que Clermont ne se remettre à foutre la zone dans notre défense. Heureusement, nos adversaires n’ont rien à nous envier pour ce qui est de saloper des occasions intéressantes, et tout se termine soit à côté, soit dans les pieds de nos défenseurs.


Le temps additionnel nous procure la balle de match, avec cette contre-attaque où nous nous projetons à 5 dans le camp adverse. Gueye décale Luan Peres, dont le centre à ras de terre échappe à tout le monde. Comme aux plus belles heures de Rudi Garcia et Villas-Boas, l’équipe est alors prise d’un accès de panique monumental qui la voit reculer, refuser de presser, et bien sûr subir d’autant plus les vagues adverses. C’est le moment que Leonardo Balerdi choisit pour se montrer fidèle à sa légende, en ratant son contrôle en pleine surface, ce qui lui envoie le ballon droit sur la main. Et attention, pas le genre de main où le commentateur se dit « oh, mais y aurait pas une petite mimine, là ? » : non non, là on parle bien de la bonne grosse patasse. Devant l’énormité de la chose, même l’arbitre prévient : « bon, on va pas faire semblant d’attendre un arrêt de jeu, on va arrêter tout de suite et écouter ce que nous disent les arbitres vidéo ».

Mais pourquoi recourir à la VAR alors que la faute de main est énorme ?, me direz-vous. Eh bien parce que le règlement est devenu tellement imbitable sur ce sujet qu’il faut à tout le monde un temps de réflexion pour savoir où on en est. Même les arbitres vidéo ne se sont pas fait chier à revoir les images, les consignes de M. Millot étant claires : « non mais c’est pas les ralentis que je demande, bien sûr que je l’ai vue toucher le ballon, sa grosse main de Mickey Mouse à ce gros teubé, vous me prenez pour qui. Non par contre vous serez gentil de me sortir du tiroir le règlement et de me dire ce que ça raconte. » Verdict : toute action voyant le joueur s’envoyer lui-même le ballon sur la main après un contrôle raté est considérée comme involontaire, donc papéno.

Le geste se range donc au Panthéon de nos plus belles frayeurs, juste après Bouna Sarr prenant le ballon à pleines mains dans la surface à la dernière seconde. L’OM renoue avec la victoire dans un contexte on ne peut plus piégeux, tout en ayant préservé quelques joueurs-clés : le bilan est donc objectivement positif, mais on est loin de renouer avec l’état d’esprit de cette fin d’été pleine d’entrain et de confiance en l’avenir.


Les joueurs

Lopez (4/5) : Vous vous souvenez de la relance axiale Mandanda-Zambo Anguissa ? Bah Pau fait ça huit fois par match avec Guendouzi, sous la pluie, et le tout dans la plus grande sérénité. Sérénité pour eux, je parle ; pour moi ça fait un micro-arrêt cardiaque à chaque fois.

Saliba (2+/5) : Refuse de cesser de relancer court malgré la pluie et le pressing toujours plus intenses, ce qui mine de rien n’a pas été loin de lui coûter un 2e carton jaune. On aurait dit un pilote de F1 qui refuse de rentrer au stand chausser les pneus pluie alors que son directeur technique est en larmes à la radio (la comparaison vaut ce qu’elle vaut : Sampaoli en directeur technique de Formule 1, ça crierait plutôt « FONCE » et ça s’en battrait les couilles du budget pièces de rechange).

Balerdi (2-/5) : Est-il suivi par un préparateur mental ? Parce que là, sa bourde habituelle, ce n’est plus un cliché, il FAUT qu’il la fasse à chaque match, à ce niveau là c’est ancré dans l’inconscient. Nous avons d’ailleurs sollicité l’avis de l’expert psy de Horsjeu.net (mâtin ! quel site !), j’ai nommé le Profezeur Zigmonde :

Psychanalité du footballeur : Leonardo Balerdi

C’est excessivement simple : le jeune Balerdi est entré trop vivement dans l’âge adulte sans avoir fait le deuil des relations sexuelles que tout jeune enfant souhaite entretenir avec sa mère. Ces erreurs flagrantes révèlent un syndrome de Peter Pan, un message qui signifie « regarde Maman, je fais des bêtises, ça veut dire que je ne suis pas grand, j’ai encore besoin de toi, reviens me chercher. »

Vous avez vu juste, l’intervention d’un psychologue est requise. En effet, faute de casser ce cycle, M. Balerdi risque d’adopter un comportement encore plus régressif et il ne serait alors pas exclu de le voir porter des couches et y faire caca pendant le match. L’autre solution serait de l’inviter à apaiser ses tensions en concrétisant des relations sexuelles avec sa mère ; ce n’est pas une solution que je préconise habituellement mais à vous entendre hier soir, vous semblez en être familier puisque vous avez passé votre temps à la proposer à l’arbitre. D’ailleurs je ne savais pas les Marseillais aussi férus de psychologie fine, je vois que mon confrère Marcel Rufo a fait école dans la population, c’est à saluer.


Luan Peres (3-/5) : Moyennant le malus lié aux petits instants slipocides qu’a connu l’ensemble de la défense, on appréciera ce match, et plus particulièrement ces montées aussi nombreuses que judicieuses. On peut même dire que si tu t’étais appliqué un minimum sur ta putain de bordel de merde de passe de la 91e, je te devais une fellation.

Lirola (2+/5) : Intermittent. Pol semble moins adapté que le Rongieur à ce poste hybride. C’est comme un mustang qu’on veut inscrire à des compétitions de dressage alors qu’il était content à galoper tout droit dans sa prairie, on comprend qu’il y a un petit travail de débourrage à mener.

Gueye (80 e) : Une petite sécurité en vue des coups foireux de fin de match.

Kamara (3/5) : Pas toujours parfait mais permet à l’équipe de garder un minimum de tenue dans le match, tout de même. Se faire remonter par des pedzouilles du Massif central et voir leur gardien faire la fête à cheval sur la barre transversale, très peu pour nous.

Guendouzi (4/5) : Un modèle d’attitude à mettre en exemple pour tous les jeunes de cités qui subissent 20 contrôles d’identité par jour : ne pas s’exposer à la sanction que rêvait de lui coller l’arbitre, tout en ne laissant aucun doute sur ses intentions de l’envoyer niquer ses grands morts un jour ou l’autre.

Ünder (4/5) : Dans une taverne au fin fond du Mexique, on commente les performances de la nouvelle coqueluche du Vélodrome entre deux verres de mezcal :

« Viens, il me reste ma guitare
Je l´allumerai pour toi
Et on s’ra espagnols
Flo, viens, viens
Comme quand on était mômes
Même que j´aimais pas ça
T´imiteras l’rossignol
Flo,
Puis on s’trouvera un banc
On parlera d’l’Amérique
Où c´est qu´on va aller, tu sais
Quand on aura du fric
Flo, viens
Et si t´es encore triste
Ou rien qu’si t’en as l’air
J’te raconterai comment
Tu d’viendras Rockefeller
On s’ra bien tous les deux
On r’chantera comme avant
Comme quand t’étais beau
Flo,
Comme quand c´était l’temps
D´avant qu´tu sois poivrot »

Gerson (3/5) : Suscite des avis extrêmement divergents, tant il est vrai que seul un expert peut distinguer le mauvais Gerson du bon Gerson. En fait c’est simple : le mauvais Gerson, il est là, il fait ses trucs, voilà, quoi. Tandis que le bon Gerson, il est là, il fait ses trucs, bien, quoi. Là ce soir c’était le Gerson pas mal, il a fait ses trucs pas mal.

Luis Henrique (91 e) : Pour le pas le priver du privilège d’avoir foulé la pelouse du stade Gabriel-Montpied.

De La Fuente (2/5) : « Nulle part nous ne nous sommes arrêtés assez longtemps pour avoir une impression particulière, mais le sentiment général d’émerveillement vague et oppressant s’est développé sur moi. C’était comme un pèlerinage fatigué parmi des indices de cauchemars. » (Au Cœur des ténèbres auvergnates, Joseph Conrad De La Fuente, 1902).

Payet (57e, 3/5) : Son entrée a permis à l’équipe de repenser un peu à jouer au ballon, ce qui n’est déjà pas si mal.

Dieng (3-/5) : Faute d’être décisif, il s’est démené pour récupérer des ballons, dont l’un s’est avéré décisif, justement. C’est très bien mais attention à ne pas se complaire là-dedans, sinon on devient Valère Germain.

Milik (57e, 3-/5) : Il a créé du danger, c’est déjà ça.


L’invité zoologique : Cédric Mhoutondji

Très mignon voire attendrissant, mais encore plus apprécié tondu et en côtelettes, le mouton était bien l’invité approprié pour évoquer cette proie facile.

– Les autres : Tant qu’ils se maintiennent au-dessus des Bordeaux ou Saint-Étienne, on peut dire que c’est faible, mais au moins c’est cohérent. S’ils descendent finalement, on pourra dire que c’était cohérent, mais faible.

– Le classement : Lens craque, ce qui fait remonter Nice à la 2e place et nous juste derrière à un point.

Coming next : On a semé, maintenant il faut moissonner : victoire obligatoire jeudi contre la Lazio pour conserver des espoirs européens, et tout aussi obligatoire dimanche après-midi contre des Messins avant-derniers.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Keeveen H. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

2 réflexions sur “Clermont-OM (0-1), La Canebière académie pousse la citrouille

  1. Moi aussi j’aimerai bien faire des trucs. Des trucs cool comme du jazz cool.
    Ünder je t’aime.

    Allez l’OM !!!
    Droit au but !

  2. J’ai pas pu voir les dernières minutes mais je ne regrette pas de les découvrir ici =D
    Quel merveilleux imagier, tu fais Blaah
    clap clap clap

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