Francfort-OM (2-1) : La Canebière Académie s’obstine

Les sanctions tombent.

Aïoli les sapiens,

Saisi des événements récents, le conseil de discipline de la Canebière Académique a statué sur les décisions suivantes.

Considérant :

que la série de défaites en championnat contre Ajaccio, Paris et Lens a conduit au placement sous surveillance d’Igor Tudor, assorti d’une mise en demeure de corriger les manquements constatés,

que lesdits manquements consistaient en une soumission abusive aux exigences toxiques des frères Rongetout et le refus subséquent de substituer à l’un d’eux le dénommé Mattéo Guendouzi, l’isolement offensif du dénommé Alexis Sanchez, la démobilisation des remplaçants, et, d’une manière générale, une incapacité globale à modifier une ligne de conduite nonobstant le fait que, pour citer des témoignages concordants, « tout commence à partir en couilles, mon vier maintenant »,

que la nullité intrinsèque de certains joueurs ou la débilité profonde d’autres ne saurait constituer une circonstance atténuante pour l’entraîneur, mais lui impose au contraire d’atténuer par ses actions le poids de leurs tares congénitales,

que Chibrald Darmanin est un enfoiré minable dont la démission se serait imposée depuis des mois dans tout pays un tant soit peu civilisé, constat n’ayant rien à voir avec le fond de l’affaire traitée ce jour mais qu’il est toujours nécessaire de rappeler,

que la composition d’équipe alignée face à Francfort prévoyait malgré ces avertissements la titularisation des frères Rongetout, le dénommé Valentin Rongier demeurant de surcroît porteur du brassard de capitaine,

que la production desdits frères Rongetout a fait l’objet d’un signalement au Parquet de Marseille en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, en raison des suspicions d’emploi fictif qu’elle induit manifestement,

que Mattéo Guendouzi a été remplacé à une demi-heure de la fin de la rencontre,

que, malgré cet acte traduisant à la fois le besoin d’une prise en charge immédiate et l’absence de discernement d’Igor Tudor quant à son trouble, le maire de Marseille saisi en urgence n’a pas jugé légitime de procéder à l’internement d’office de l’intéressé, qui doit donc jusqu’à nouvel ordre être considéré comme une personne disposant de toutes ses facultés et jugé en tant que tel,

qu’il n’a été mis fin à l’isolement offensif de Monsieur Sanchez qu’à la 85e minute avec l’entrée en jeu de Luis Suarez, soit trop tardivement pour que ce geste puisse traduire une volonté sincère de s’amender,

que le lecteur dénommé « Couille molle bigenrée » s’est constitué partie civile et réclame un Monsieur Lapin au titres des dommages et intérêts, en répéaration du préjudice subi par les spectateurs des trois dernières rencontres,

que les sanctions de la Canebière Académie applicables en l’espèce, constituées pour mémoire de Monsieur Lapin, d’insultes aux mères, d’insultes aux grands-mères, d’insultes aux aïeules sur un nombre variable de générations, se sont enrichies le 15 août 2022 d’un barème de points « Dehors » déductibles d’un quota attribué à l’avance à chaque entraîneur,

que le Monsieur Lapin ne saurait être invoqué au titre des dommages et intérêts mais constitue une sanction infamante, à réserver aux défaillances collectives généralisées revêtant un caractère insultant, humiliant et/ou ne présentant sur l’instant aucun facteur laissant espérer une rédemption prochaine, ces facteurs étant insuffisamment caractérisés en l’espèce.


Décide :

qu’il ne peut être fait droit à la demande formulée par l’avocat de M. Tudor de surseoir globalement aux sanctions, eu égard aux avertissements émis récemment par le conseil de discipline,

de déduire en conséquences 3 (trois) points « Dehors » du quota de M.Tudor,

qu’il doit être fait droit à la demande formulé par l’avocat de M. Tudor de surseoir à la sanction d’insultes aux mère, grands-mères et aïeules,

de sanctionner en conséquence M. Tudor d’un « va niquer ta mère » avec sursis et d’un « va niquer tous tes morts » sur une période de 5 (cinq) générations avec sursis,

de fixer la période de mise à l’épreuve subséquente au dit sursis aux 4 (quatre) dernières rencontres restant à disputer avant la trève,

de débouter le lecteur dénommé « Couille molle bigenrée » de sa demande Monsieur Lapin formulée au titre des dommages et intérêts,

de formuler néanmoins un avertissement solennel à l’entraîneur et aux joueurs sous la forme dite d’un « Monsieur Lapin de bannière », destiné à formaliser les inquiétudes persistantes de la société y compris en l’absence de défaite fracassante.

C’est qu’il s’allège, ce carnet, dites-moi.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Mbemba – Balerdi– Gigot (Kolasinac, 59e)
Clauss (Suarez, 85e) – Rongier – Veretout – Tavares
Guendouzi (Ünder, 59e) – Harit
Sanchez

Bailly toujours blessé, on note le retour de Gigot en défenseur gauche. Le schéma habituel est maintenu.


Le match

La rencontre débute une fois encore sous le signe du suicide sportif, avec un pressing de Jonathan Clauss que seuls les cuistres qualifieront de kamikaze. Un kamikaze, par définition, atteignait sa cible : l’aviateur qui se crashait dans le Pacifique en tombant à cinquante mètre du porte-avions, on l’appelait juste un abruti, même en japonais. Bref, la merveille de montée à contre-temps de Jonathan au milieu de terrain ouvre un boulevard sur notre aile droite, donnant lieu à un centre bonifié par l’astucieuse feinte de Lindstrom. En laissant passer le ballon entre ses jambes, il surprend Gigot qui accuse dès lors un temps de retard permettant à Kamada de tirer de l’entrée de la surface (1-0, 3e).

L’OM ne s’en laisse pas conter, et une la percée de Rongier relayée par Sanchez et Guendouzi libère Clauss sur le côté de la surface : sa frappe s’avère malheureusement trop croisée. Cette action nous laisse entrevoir quelques espoirs offensifs, que nos défenseurs s’attachent à plomber du mieux qu’ils peuvent. Une tête de Götze juste à côté conclut une action où notre engagement défensif se montre indigne, l’équipe entière accusant un temps de retard à chaque duel. Bien sûr, les talents individuels magnifient ces dispositions collectives, comme lorsqu’un Balerdi au meilleur de sa forme se charge d’adresser une passe décisive à l’attaquant : Pau Lopez nous maintient ici à flot en remportant son face-à-face.

But précoce, miracle de Pau pour éviter le second : l’entame de match est donc similaire à celle réalisée contre le Sporting, mais avec une probabilité bien moindre de voir l’affaire encore sauvée par un gardien adverse sous psilocybe. Plutôt que de devoir compter sur la providence, l’OM est bien forcé de se sortir les doigts, et Mattéo Guendouzi notamment s’y emploie avec ardeur sinon précision. Alors que nos récupérations hautes ébauchent enfin notre traditionnel « taper, taper, taper », une séquence initiée par Mattéo décale finalement Mbemba sur l’aile. Profitant du recentrage de Clauss qui attire les défenseurs à lui, Chancel a tout le loisir d’adresser une merveille de centre plongeant, pour la non moins merveilleuse volée de Guendouzi lancé au cœur de la surface (1-1, 22e).


Tant de talent, tant d’espoirs, c’est trop pour nos défenseurs, qui tiennent à nous rappeler qu’au-delà de toutes les considérations technico-tactico-mentales du monde, la Ligue des Champions c’est avant tout une affaire de niveau. Or, en l’occurrence, pour certains ce niveau est tout simplement mauvais. C’est ainsi qu’un banal appel à gauche d’un Allemand à un contre trois devrait être géré une main dans le slip par toute équipe européenne digne de ce nom, mais se transforme en occasion par manque de concentration et d’agressivité. Lindstrom met ainsi dans le vent Nuno Tavares presque sans le vouloir, puis a le plaisir de voir Gigot monter face à lui comme un demeuré en laissant un trou énorme entre les lignes. Götze en profite pour hériter du ballon et le transmettre à Kolo Muani, difficilement contré par Mbemba. L’ancien Nantais récupère et sert Götze dans la surface,qui lui remet dans un une-deux auquel Balerdi et Mbemba assistent comme des moules fixées sur un bouchot (2-1, 27e).

Ce nouvel événement rageant n’empêche pas l’OM de se remettre à dominer la partie, se procurant d’ailleurs rapidement une occasion, une nouvelle fois initiée par Guendouzi par une magnifique sortie de balle pour Harit. Amine lance Nuno Tavares qui adresse un centre taclé in extremis en corner devant Sanchez. Les corners et coups-francs, d’ailleurs, s’accumulent, tous aussi inoffensifs les uns que les autres. L’espoir est encore attisé avant la pause par un amour de jeu en triangle Guendouzi-Veretout-Harit, qui s’achève par une frappe d’Amine difficilement parée par le gardien.


Omniprésent malgré un certain déchet, Guendouzi se charge aussi bien d’initier les actions que de les relayer voire de les conclure, redescendant au milieu abattre le boulot que Rongier et Veretout sont infoutus d’effectuer. On comprend d’autant moins que l’entraîneur ne profite pas de la pause pour remplacer l’un de ces deux inutiles, soit pour mettre Ünder ou Payet en soutien de Sanchez soit, soyons fous, pour tenter de faire jouer Gerson à sa place (à supposer cependant que le Brésilien ait encore un comportement professionnel, ce dont certaines rumeurs semblent devoir nous faire douter).

La distorsion entre l’absence totale de plus-value des frères Rongetout et l’obstination de Tudor à ne pas tenter d’autre solution vire au caricatural en seconde période : la paire s’avère ainsi incapable de protéger les défenseurs en endiguant le milieu adverse, ne leur procure aucune solution sur les relances courtes et ne fait aucune différence offensivement. Igor Tudor était déjà en train de rendre inutile la moitié de notre banc de touche, voici maintenant qu’il sacrifie deux places dans le onze sur l’autel du rien, un peu comme ces cadres dirigeants de la fonction publique hospitalière qui remplissent leurs organigrammes avec des chargés de mission Powerpoint quand les infirmières crèvent sous la charge.

La domination de l’OM se poursuit au retour des vestiaires, même si l’on ne peut pas dire qu’elle affole grandement le slipomètre allemand. Au contraire, nos défenseurs se placent toujours sous la menace d’une boulette fatale, comme quand Balerdi et Mbemba s’abstiennent de jouer un ballon anodin en profondeur et laissent Lopez se faire exploser par l’attaquant.


A l’heure de jeu, les apparitions de Kolasinac et Ünder au bord du terrain nous procurent quelques frissons : enfin, Igor Tudor s’apprête à faire autre chose qu’un remplacement intégral de sa ligne d’attaque ! La douche froide est à la hauteur de l’attente lorsque nous constatons que le joueur remplacé est le suractif Guendouzi, pendant que les deux escrocs de l’arrière sont autorisés à promener leur inutilité une demi-heure de plus.

Est-il besoin de préciser que, comme d’habitude, la qualité de notre jeu est d’autant plus dégradée après ces remplacements que la fatigue commence à faire son œuvre. Seul Nuno Tavares se montre d’une fraîcheur incroyable, avec une constance dans les mauvais choix qui laisse suggérer que dans son métabolisme à lui, c’est directement au cerveau que monte l’acide lactique.

Malgré l’impuissance générale, il faut attendre la 85e minute pour assister à un nouveau changement : Ünder passe à l’aile droite et, enfin, Alexis Sanchez est associé à un autre attaquant.  Dans une équipe épuisée (et, avec il faut bien le dire, un Luis Suarez qui se place d’emblée au niveau de la débilité ambiante), l’effet est ici encore nul. La défaite sanctionne ainsi de manière méritée la combinaison entre un niveau défaillant chez plusieurs joueurs, l’insuffisance d’engagement et de concentration qui auraient pu compenser ces faiblesses, et un entraîneur à côté de la plaque aussi bien dans son obstination à maintenir ses choix de départ que dans son incapacité à effectuer des remplacements pertinents. Doutes que nous avions signalés dès le début de la saison, car la Canebière Académie a toujours exprimé une confiance limitée envers Igor Tudor, ainsi que nos lecteurs voudront bien s’en souvenir.


Les joueurs

Lopez (4/5) : Placer Leonardo Balerdi devant un gardien de but c’est comme montrer le Tombeau des Lucioles à des dépressifs.

Mbemba (2+/5) : Si notre défense était un organisme vivant, Chancel en serait le foie : au bout d’un moment, même lui n’arrive plus à éponger les conneries d’alcooliques qu’on lui envoie.

Balerdi (1/5) : On aura toujours le droit de croire en son potentiel. Après tout, il y a des légions de tennismen français qui se sont construit une carrière de la sorte.

Gigot (1/5) : Son pétage de câble surprise m’a fait penser à cette fois où ma Môman m’attendait derrière la porte pour me mettre un coup de louche sur la tête. Cela fait plus de trente ans et je n’ai toujours pas eu d’autre explication que « bah chais pas, sur le coup je trouvais ça rigolo ».

Kolasinac (59e, 3-/5) : Laissons aux postes plus offensifs les reproches sur les joueurs inutiles : s’agissant des défenseurs, on se satisfera déjà de ceux qui ne sont pas nuisibles.

Clauss (1+/5) : A un moment on va arrêter les contes de fées sur ces joueurs qui s’émerveillent de découvrir sur le tard des compétitions auxquelles ils n’osaient rêver : si t’es là, mon garçon, c’est quelque part que t’es censé le mériter, donc arrête de contempler et lâche-toi, bordel de cul.

Suarez (85e) : Entre pour cinq minutes de jeu, dont il croque une minute à lui tout seul en provoquant une engatse et en récoltant un carton jaune au passage. Il manquait juste un petit deuxième pour entrer dans la légende aux côtés de Jordan Ayew et c’était parfait.

Rongier (1/5) : A part d’offrir à son enfant une peluche Raymond Barre, je ne vois pas de meilleure incarnation du centrisme mou que ce brassard de capitaine confié à Valentin Rongier.

Veretout (1/5) : De deux choses l’une : soit son unique action de la 44e minute est jugée suffisamment marquante par les personnes compétentes pour justifier sa titularisation et son 6/10 dans l’équipe, soit Jordan ne fait pas que déposer des chèques quand il se rend au cabinet d’avocat, il emporte aussi des dossiers.

Tavares (1+/5) : Avec le recul, il aurait été préférable qu’il ne claque pas ses deux frappes du droit en début de saison. L’entraîneur lui aurait collé deux baffes en lui intimant d’arrêter ses conneries, et il aurait cessé de les tenter pendant tout le reste de la saison.

Guendouzi (3+/5) : The Guendmaster continue à suivre sa route, acceptant ces embûches qui représentent pour lui autant d’opportunités de progresser sur la voie du Tao. Qu’est-ce que ce brassard usurpé par un faible, sinon un simple morceau d’étoffe ? Qu’est-ce qu’une sortie injuste et prématurée au cœur du combat, sinon l’occasion d’éprouver sa confiance en autrui, et de se rappeler avec humilité que nul ne peut représenter un sauveur à lui seul. Trébucher, progresser, et savourer, aussi, quand se présente l’une des rares réussites qui jalonnent le parcours, telle cette volée magistrale exécutée sans hésitation après temps de tergiversations passées. C’est par sa difficulté que la Voie existe, et c’est en la parcourant sans fin qu’un Maître se construit*.  

Ünder (59e, 1/5) : On ne sait pas s’il s’est réduit tout seul à cet état de fantôme ou si les relations avec Tudor y ont grandement contribué. Aussi, tout est question de perception : s’il avait remplacé un Rongetout plutôt que Guendouzi, il aurait pu produire le même néant que l’on aurait pu trouver cela satisfaisant.

Harit (2/5) : Quelques éclairs au milieu de grands moments d’impuissance individuelle et collective

Sanchez (2/5) : Je suis confiant, on va bien finir par le perdre également.


L’invité zoologique : Daichi Komodo

Le varan de Komodo est une sorte de saloperie lourde et moche, dont il faudrait toutefois voir à ne pas oublier qu’elle évolue dans un environnement meurtrier et s’y sent particulièrement à l’aise. Autant dire que si le chasseur qui prétend se foutre de sa gueule serait bien avisé de sortir de son 4*4 autrement qu’en slip et sans armes. Voici les observations de notre prédateur :

  • Les autres : Absolument rien d’impressionnant chez cette équipe qui, un peu plus forte que nous dans tous les secteurs, a empoché les six points contre nous sans même avoir à se forcer.
  • Le classement : Pour la qualification, nous sommes invités à gagner contre Tottenham. Un nul contre les Anglais nous autorisera le repêchage en Ligue Europa, seulement si Francfort bat le Sporting. Tout autre cas mettra un terme à notre saison européenne. Ces considérations étant émises bien sûr dans l’hypothèse, toute théorique, que l’on puisse faire autre chose mardi que de se caguer dans un match européen décisif.
  • Coming next : A la suite de Francfort et en attendant sans doute d’autres révélations sur la vente de l’OM, un déplacement à Strasbourg ponctuera cette semaine de la saucisse. Resteront ensuite avant la trêve la réception de Lyon et un déplacement à Monaco.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Atmane H. remporte le concours zoologique.


* Alors que l’on croyait en avoir fini avec les incursions du banditisme dans les affaires olympiennes, une nouvelle inquiétante nous parvient de l’Évêché. Il semblerait en effet qu’Igor Tudor ait été placé sous protection policière. Selon nous sources, la raison en serait un mystérieux colis anonyme reçu par l’entraîneur olympien, et qui aurait comporté une saucisse de Francfort, une mèche de cheveux bouclés, et deux énigmatiques messages d’une écriture tremblante indiquant « 59e minute » et « tu vas mourir », apparemment rédigés au doigt trempé dans du sang de rat. Les investigations restent en cours. (reprendre la lecture)


Bises massilianales,

Blaah

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