Porto-OM (3-0), La Canebière académie lâche l’affaire
The Star Spangled Lapin.
Aïoli les sapiens,
Le match de championnat prévu ce vendredi contre Lens ayant été coronannulé, c’est le déplacement à Porto qui devait nous situer l’état d’avancement de la décomposition olympienne. Après l’OM peinant à battre les plus faibles avec son jeu simpliste, après l’OM perdant contre les plus forts en essayant de refuser le jeu, nous voici désormais parvenus au stade de : l’OM qui n’en a plus rien à foutre. Plus rien à foutre de faire des passes, plus rien à foutre de courir, plus rien à foutre de garder la ligne, plus rien à foutre du football. Si encore nous avions droit à du je-m’en-foutisme flamboyant à la Benoît Paire ! nos joueurs, sitôt leur devoir plus ou moins bâclé, partiraient se bourrer la gueule à Dubai en assumant pleinement le fait qu’ils ne doivent rien à personne et encore moins à eux-mêmes. C’est un projet de vie qui peut se discuter, mais qui a au moins le mérite de ce que l’on peut espérer d’une relation sportive.
Les Olympiens non, ils ont le je-m-en-foutisme honteux. Quand le branleur d’élite sort un exploit de temps à autre pour pouvoir dire « je pourrais faire tellement mieux mais j’ai pas envie », nos je m’en-foutistes mesquins ne foutent rien et se contentent des victoires d’épiciers contre de plus nuls qu’eux. Quand un branleur d’élite fêterait chaque coups-franc en lucarne en s’envoyant un double kebab, chez nous ça se contente de pleurnicher « je suis pas gros » en s’essuyant les larmes dans ses bourrelets après un énième match de merde. Quand le branleur d’élite fait rêver l’homme moyen par l’écho de ses rares triomphes et de ses gadins improbables, les Olympiens se résignent à n’être qu’une mauvaise nouvelle de plus tous les trois jours entre les chiffres du coronavirus et le bilan du dernier attentat.

L’équipe
Mandanda
Sakai – Alvaro – Caleta-Car– Amavi
Rongier – Kamara (Strootman, 82e) – Sanson (Cuisance, 65e)
Thauvin (Aké, 82e) – Benedetto (Germain, 77e) – Payet (Luis Henrique, 65e)
Après l’échec de l’expérimentation tactique face à Manchester City, Villas-Boas revient aux fondamentaux (qui échouent immanquablement aussi, d’ailleurs). Nagatomo et Radonjic sont absents, ce qui ne change absolument rien à l’affaire.
Le match
Le saviez-vous, les paroles de l’hymne de la Ligue des champions se constituent grosso modo de deux mots « meilleurs » et « champions ». Cela n’a l’air de rien mais c’est un indice qui aurait pu mettre la puce à l’oreille de Sanson et Kamara, une sorte d’incitation à se montrer sous son meilleur niveau en quelque sorte. Qui sait, s’ils avaient prêté un peu plus attention à ce qui résonnait dans les haut-parleurs moins de cinq minutes auparavant, peut-être eussent-ils été tentés de mettre un poil plus d’impact dans leur charge sur Corona, au lieu de le laisser obtenir un double contre favorable avant de servir Marega pour l’ouverture du score une main dans le slip. Et ne comptez pas sur moi pour dénoncer les défenseurs, pour une fois que quelqu’un dans ce pays respecte les injonctions au télétravail (1-0, 4e).
Fort heureusement, après un bon pressing, Thauvin s’en va comme aux plus beaux jours slalomer dans la défense portugaise, avant de se laisser emplafonner par ce gros benêt de Malang Sarr. Pour le jeu collectif, on repassera, mais ce pénalty habilement obtenu est l’occasion inespérée de faire passer ce début catastrophique pour un bête accident de parcours. C’est le moment que choisit Dimitri Payet pour foirer un tir comme il en a rarement foiré, expédiant le ballon largement au-dessus de la cage. Finalement, l’anomalie, c’était cette séquence dans la surface de Porto puisqu’à compter de cette dixième minute, l’OM ne produit : rien.

Ce spectacle lénifiant nous amène à nous demander d’une part ce que nous sommes bien en train de faire de nos soirées, et d’autre part ce que les jours et l’entraîneur font de leurs journées. Je veux dire, à l’école, même le plus demeuré des cancres arrive à articuler trois syllabes à la fin de son CP. À la mairie, même les plus feignasses des cantonniers nettoient au moins une rue entre leurs pauses. Après un an et demi sous les ordres de Villas-Boas, les joueurs semblent toujours demander « je fais quoi, là ? », quand le ballon leur tombe dans les pieds. On en vient à un point où notre absence de tout fascine nos adversaires, qui considèrent presque notre équipe comme un sujet d’expérimentation scientifique.
– Mademoiselle Hortense, Mademoiselle Hortense, venez vite !
– Me voici professeur Thibault, qu’y a-t-il ?
– Regardez, si on arrive à deux contre Amavi et Sanson ils ne savent pas comment défendre, on passe à chaque fois !
– Alors ça c’est incroyable. Attendez, on va essayer deux fois sur la même action, pour voir s’ils comprennent. Ah bah non. Rhô ben ça alors.
– GNHÉÉÉÉÉÉHÉHÉHÉHÉ, la défense qui pète !
Or donc, Jordan et Morgan sont débordés deux fois sur la même action, un manque de coordination bien excusable puisqu’après tout cela ne fait que trois ans qu’ils jouent ensemble. Soucieux de ne pas passer pour un abruti total, Amavi essaie bien de rattraper la mayonnaise, mais ne parvient qu’à coller une semelle à l’attaquant qui venait de centrer. C’est un pénalty, transformé avec application par Oliveira (2-0, 28e).
Pris de pitié, l’arbitre essaie bien d’accorder par charité un pénalty à l’OM suite à un nouveau coup-franc infâme de Payet, mais la vidéo prouve que le défenseur a écarté la remise de Kamara du visage et non du bras. Hormis un instant slipométrique dû à une mauvaise relance de Mandanda et une tête non cadrée d’Alvaro sur corner, rien de notable ne se produit plus avant la pause.
Devant la catastrophe en cours sur la pelouse et au tableau d’affichage, André Villas-Boas réagit en ne changeant absolument rien, ne serait-ce qu’en employant le mot magique « couilles » qui avait pu servir de cache-misère par le passé. Du traditionnel « aucune combinaison ni mouvement sans ballon », on passe à « aucun duel ni course », le spectacle devenant aussi gênant à regarder qu’un téléfilm France Télévision. Et encore, si l’on peut comprendre que les familles des acteurs regardent leurs téléfilms, rester vissé devant le spectacle proposé par les joueurs de l’OM – et payer pour cela, qui plus est – impose une profonde introspection sur le sens que nous accordons à nos propres vies.
Le pire dans cette histoire, c’est que Porto pourrait enfiler les buts comme des perles mais s’y refuse, cherchant plutôt à nous humilier à coups de talonnades et d’une-deux-sombreros. Pour Porto ce n’est plus un match de Ligue des Champions, ce n’est même plus un amical où l’on essaie de travailler un peu rigoureusement : c’est une récréation. À un moment les joueurs se disent « Eh, on rigole mais on n’a que deux buts d’avance, faudrait marquer un peu, non ? – Ouais, t’as raison, attends, j’y vais. ». Alors que Porto joue une touche à proximité de son poteau de corner, Marega fume tout notre milieu de terrain d’un contrôle orienté, puis Corona urine sur Caleta-Car, Kamara et Alvaro avant de décaler Luis Diaz d’une talonnade. La finition est parfaite, d’un tir croisé appliqué au ras du poteau (3-0, 69e).
Finalement, les Olympiens peuvent remercier en premier lieu le règlement qui, en rendant la différence de buts générale peu déterminante, a motivé les Portugais à faire mumuse plutôt qu’à nous coller le 6-0 auquel ils étaient en droit de prétendre. Ils peuvent remercier les pangolins de Wuhan, grâce à qui aucun supporter ne peut leur offrir l’accueil auquel ils auraient droit à leur retour à Marignane. Ils peuvent enfin remercier André Villas-Boas et Jacques-Henri Eyraud, pour leur offrir jour après jour un train de vie de sénateur, avec les exigences morales et professionnelles qui lui sont assorties. Et ils peuvent selon toute vraisemblance remercier leur mère qui ne leur a pas collé toutes les paires de tartes qu’ils méritaient.

Les joueurs
Mandanda (2/5) : Comme Tom Cruise dans the Edge of Tomorrow, il passe son temps à se faire fusiller et à recommencer la partie au même point. Pas grand-chose à reprocher sur sa ligne, donc, heureusement qu’il y a eu son jeu au pied à chier pour pouvoir être insulté au même titre que les autres.
Sakai (1/5) : Si vous avez jugé crédible le scénario où l’on retrouve une fillette de 9 ans dans un vaisseau infesté d’aliens, la présence d’Hiroki Sakai en Ligue des Champions ne vous étonnera pas.
Alvaro (1/5) : Cette fois, pas besoin de lire sur les lèvres pour décrire le fond de sa pensée, en l’occurrence : « oh et puis merde, tiens. »
Caleta-Car (1-/5) : Toujours en forme, l’Ours des Balkans (ce soir, c’était la scène où il se torche aux champignons hallucinogènes).
Amavi (1/5) : Après tout, tous ses efforts pour redevenir bon ne l’ont pas empêché de coûter des buts, donc autant revenir aux vraies valeurs : les semelles en retard envoyées n’importe quand, n’importe comment, et de préférence dans notre surface.
Kamara (1/5) : «Oh, un joueur au niveau Ligue des Champions. Bon, OK, pas un niveau Ligue des Champions exceptionnel, mais un niveau Ligue des Champions quand même. » On lit de ces conneries sur Internet, quand même (source : horsjeu.net, la Canebière Académie, 28 octobre 2020).
Strootman (82 e) : Colle un ou deux tampons pour tenter de faire partir une générale, histoire de s’amuser un minimum, mais personne n’avait la tête à ça.
Rongier (1+/5) : Très efficace pour se précipiter vers l’arrière et nous épargner un désastre plus grave encore, c’était pas un match c’était la bataille de Dunkerque.
Sanson (1/5) : Une nouvelle fois aligné par Villas-Boas dans le but de faire n’importe quoi et débrouiller les situations par hasard. L’ennui, c’est que ça ne marche que dans Scooby-Doo.
Cuisance (65 e) : « Vous êtes sûr que je dois enlever le masque, pour jouer ? Non, parce que là on va me reconnaître. »
Thauvin (1+/5) : « Bah je sais pas, j’ai commencé par faire mon exploit individuel, comme d’hab, et là j’ai vu arriver un type gras et mal coiffé qui a envoyé son pénalty un mètre au-dessus de la barre. Alors je me suis dit que je faisais un cauchemar alors je me suis assis en attendant de me réveiller. »
Aké (82e) : Profite de l’absence de Pepe et de l’interdiction de la chasse à plus d’1km du domicile pour se dégourdir les jambes sans risquer l’amputation.
Payet (1-/5) : Il est gras, il est inefficace, il est détestable, et on le prolonge jusqu’en 2024. C’est pas les States, c’est Marseille, bébé.
Luis Henrique (65e) : N’a pas retourné la situation à lui tout seul, c’est ça votre pépite ?
Benedetto (1-/5) : Les élections aux États-Unis, le coronavirus, l’état de santé de Maradona, les atteintes aux libertés publiques en France, le sort de titularisation éternelle de Sanson, ça faisait trop d’inquiétudes pour avoir la tête au football.
Germain (77 e) : Pas d’avance au score à défendre, et trop de retard pour faire le sauveur sur corner. En fait, Valère est rentré juste pour serrer la main à Benedetto, histoire de s’assurer qu’il était bien présent.
L’invité zoologique : Moussa Marangouste
Popularisée par le Roi Lion, la mangouste est un prédateur sympa, qui fait sa vie sans se prendre la tête, et se contente de ce qu’elle a. En l’occurrence, elle n’allait pas s’ennuyer à chasser alors qu’un gros plat de larves bien grasses et bien visqueuses lui était servi.
– Les autres : Un jeu plutôt moyen, surtout en première mi-temps, mais c’est parce qu’ils n’avaient pas besoin de faire plus.
– Le classement : Ben… zéro.
– La prédiction : Le 9 décembre 2013, nous appelions au départ d’Élie Baup, constatant l’impasse de la situation. Or il n’avait pas fallu attendre une heure après notre publication pour que ce départ soit annoncé. Par conséquent, s’agissant de saisons jumelles, on ne va pas se priver de provoquer le destin une fois de plus : AVB, dehors (en plus on ne risque pas d’avoir Anigo à la place, cette fois).
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Homerc gagne le concours zoologique et le droit de mettre des nichons dans son académie. Beaucoup de nichons. S’il te plaît.
Bises massilianales,
Blaah.
Vous prendriez qui à la place d’AVB ?
Pascal Dupraz. Avec cet effectif, il remporte le championnat, la coupe et la C1, motivant les joureurs à coups de pieds au cul. Ça aura le mérite de fonctionner pour cette saison du moins.
Et ne me parlez pas de standing, ça fait belle lurette que ce mot ne s’applique plus à l’OM.
Après tout, 2020 est une année apocalyptique, alors pourquoi pas ?
Si ça se trouve, le pire est à venir. La fin du monde pourrait être 2021, un Maya bourrée ou dyslexique (ou les deux) ayant écrit 2012 à la place. Et Roland Emmerich a mal nommé son navet du coup.
Laurent Blanc. Sûr qu’il apprendrait quelques gestes aux attaquants.
Mon Dieu mais qu’est ce que j’ai ri !!
C’est quand même un poil exagéré c’est juste une question de malchance à saisir, quand tu regardes la vidéo tu vois bien que Porto aussi peut complètement se trouer.
C’est bien Porto qui joue en bleu ?
Après le penalty de Dimitrix, je suis allé me coucher. AVB DEHORS, JE SUIS PAS D’ACCORD.
ALLEZ L’OM !!
C’est l’énervement ou le peno de Payet passe pas si loin du cadre que ça ?
Ce qui est bien avec vous, c’est qu’on peut s’épargner la peine de regarder jouer l’OM, tout en riant à ses dépens. C’est du gagnant sur toute la ligne, en fait.
PS : proposez cette attestation au FRAC de PACA, c’est du très grand art.
Est-ce le moment de vous rappeler que Laurent Blanc et Raymond Domenech sont disponibles immédiatement ?