TFC-OM (2-1 a.p), La Canebière académie se battégue touto la nuei

… et à la fin, le loup l’a violée.

 

Aioli les sapiens,

Que l’on soit bien d’accord, c’est la merde : notre moins faible chance de qualification européenne s’envole, la perspective d’une remontée en championnat est toute théorique, et la politique économico-sportive de la direction rend toute amélioration à court terme aussi probable que le plein emploi dans les quartiers Nord.

Ceci étant posé, et comme savent seuls le formuler les grands décideurs : qu’est-ce qu’on fait, on s’encule ou on va pêcher à Malmousque ?

Même les plus optimistes d’entre vous auront noté que d’un point de vue global, l’heure n’est pas à regarder les journaux de 20 heures en faisant l’hélicobite. Coincés entre les barbus et Big Brother, pressés par la machine à pognon avec pour seule porte de sortie neuf mois de taule offerts à ceux qui rechignent, étouffés dans une vie locale ensevelie sous les chairs flasques du duo Gaudin-Joissains, il faudrait en prime que l’on se fasse chier en regardant du foot ?

Mais halte à la sinistrose, nom de nom ! Si nous ne sommes pas capables de regarder l’OM sans tomber dépressifs, alors cessons immédiatement, car ce n’est pas cette saison que les choses vont s’arranger. Sortons, jouons au ballon, buvons, faisons de la musique, baisons, mais arrêtons de paraître surpris et anéantis en regardant notre équipe devenir ce club moyen et sans ambition, que la direction et l’actionnaire déconstruisent un peu plus chaque jour.

Ceci n’est pas un appel à la résignation : sortons les tags, les banderoles, les « happenings », mais soyons créatifs, merde, essayons d’aller au-delà d’un simple démontage de portail, du « Labrune nique tes morts » ou des « Bielsa reviens » qui pueraient déjà la colère résignée. N’allons pas au stade ou ne regardons pas la télévision pour nous flageller, voire encore pire pour pourrir par la violence une ambiance déjà assez morose. Si le spectacle n’est pas au rendez-vous – et il n’est pas près de revenir – faisons-nous plaisir de la façon qui convient le mieux à Marseille : en faisant les cons.

En résumé : niquons des mères, oui, mais dans la joie.

 

L’équipe

 

Malgré l’exaspérante tendance de l’entraîneur à trouver des circonstances atténuantes, il faut bien avouer que l’on n’est guère servis en ce moment : Alessandrini, Djadjédjé, Cabella, , Barrada , De Ceglie, Mendy et Ocampos sont à l’infirmerie. Pour faire bonne mesure, Nkoulou et Rekik sont suspendus en même temps. Seul Sarr revient dans le groupe mais n’est pas titulaire, soit parce qu’il se trouve encore en phase de reprise, soit parce que Michel l’a surpris au lit avec sa femme (soit, hypothèse reprenant de la vigueur après la rencontre, parce qu’il est à chier en ce moment).

Il se murmure par ailleurs que l’on a retrouvé dans l’ordinateur de Frédéric Mitterrand une capture d’écran de notre banc de touche : Dacosta, Kraichi, Lopez, Mandanda, Rabillard, Sarr, Zambo Anguissa.

Notez enfin les positions respectives de Diarra et Romao, dans la continuité de ce que l’on avait entrevu contre Guingamp.

 

Le match

Le match commence donc avec les plus grandes craintes, que les premières actions confirment au-delà de nos cauchemars. Longs ballons immédiatement perdus, erreurs techniques, milieu enfoncé, duels perdus en défense : tout annonce une bonne branlée des familles.

A compter de la 7e minute, l’OM tente enfin de remonter proprement, et les rapports s’équilibrent. Sans grande créativité, l’OM parvient néanmoins à se stabiliser à la récupération tout en organisant quelques contre-attaques. Dans le jeu placé, en revanche, les intentions sont moins enthousiasmantes que l’annuaire des Pages Jaunes récité par Guillaume Musso : il s’agit avant tout d’envoyer des parpaings vers Michy, qui se démerde ensuite comme il peut.

Sur l’un de ces longs ballons merdiques, le TFC récupère facilement et prend notre milieu de terrain à revers. Une passe plus tard, Ben Yedder est lancé dans le dos d’un Rolando occupé à couvrir le hors-jeu avec une couette de 240 : plat du pied et poteau rentrant (1-0, 25e).

Un autre long ballon merdique plus tard, Batshuayi met autant d’ardeur à protéger la sphère qu’une Colonaise sa culotte au jour de l’an. Il parvient à transmettre à Nkoudou. Comme trop souvent, George-Kévin stoppe l’action par un dribble qui le fait repiquer vers la défense, mais ne nous laisse pas le temps de l’insulter pour cela : son tir enroulé en déséquilibre trouve lui aussi le poteau rentrant (1-1, 26e).

Hélas, sur une intervention gaguesque de l’inénarrable Ali Ahamada, George-Kévin est surpris et rate lamentablement l’occasion de renverser la situation. Notre chance est passée en cette première période, que le TFC conclut par un nouveau coup d’accélérateur. Cette fois, la séance de torture ne nous coûte pas plus qu’une accumulation de corners et de slips de rechange.

Le cuistre se moquera d’Ahamada et de Nkoudou en omettant d’admirer la passe à une touche de Romao.

 

La seconde période voit un OM relativement peu inquiété mais toujours aussi pauvre dans le jeu, à l’exception de quelques tentatives très sporadiques. La fatigue faisant son œuvre, nos joueurs perdent en lucidité et avortent par un dribble de trop ou une erreur technique les quelques embryons d’occasions qui pouvaient subsister.

Nous en sommes presque à remercier Toulouse de mettre un terme au supplice lorsque Doumbia s’impose de la tête devant Sané, mais un très bel arrêt de Pelé nous offre une demi-heure supplémentaire.

Comme à Caen où nous jouâmes en infériorité numérique, notre ambition dans ces trente minutes ne peut pas viser mieux qu’une résistance désespérée en attendant les tirs aux buts. Censée apporter un peu de fraîcheur, l’entrée de Bouna Sarr ne change pas grand chose à nos difficultés, de même que les apports tardifs de Zambo Anguissa et Rabillard. Toulouse en profite et effectue des va-et-vient dans notre camp plus souvent qu’un pénis patronal dans la bouche d’Arnaud Leparmentier.

Lorsqu’un attaquant est servi dans le dos de Manquillo, l’on se prend naïvement à soupirer de soulagement en constatant qu’il s’agit de Braithwaite et non de Ben Yedder. C’est ainsi tout à fait décontractés du prépuce que nous admirons, incrédules, le Danois se recentrer en humiliant Sparagna, avec une nouvelle petite giclette sur Javier au passage, puis ajuster Pelé d’un plat du pied serein (2-1, 99e).

Avec un but à rattraper, la mission devient impossible compte tenu de nos propres forces, le seul espoir résidant dans la capacité toulousaine à réaliser des contre-performances improbables. Après une suite de prolongation d’une inanité totale, le miracle n’est pas loin de s’accomplir dans le temps additionnel. A l’issue d’un gros cafouillage, Rabillard tente un tir-loterie de l’entrée de la surface : de très peu à côté, mais suffisamment pour nous éviter de risquer une humiliation par Ali Ahamada aux tirs au but.

 

Les joueurs

Pelé (3+/5) : Décisif au début et à la fin du temps règlementaire : avec une défense seulement correcte, il aurait pu connaître son moment de gloire.

Sparagna (1/5) : Dans un monde parfait, nous serions si bien pourvus en défenseurs centraux que nous pourrions nous permettre d’envoyer Sparagna s’aguerrir en prêt dans un club de Ligue 2. Mais nous sommes dans le monde réel, et Stéphane est ce petit Bangladais qui doit cesser l’école pour nourrir la famille en allant coudre des vêtements dans un immeuble menaçant ruine.

Rolando (2-/5) : De nombreuses interventions pleines d’à-propos pour rattraper les ratés de son jeune partenaire, et un alignement hommage aux grands navigateurs portugais, ceux de l’époque où on dessinait encore les cartes au pif.

Manquillo (1/5) : Il n’a certes été aidé ni par Isla ou Sarr, ni par un système qui valorise peu les latéraux. Toujours est-il que si l’on devait inventer une version pornographique de son match, il faudrait trouver un acteur capable d’écarter les fesses jusqu’à toucher ses propres oreilles.

Sané (2-/5) : Nous serons indulgents, considérant son âge et les facteurs tactiques évoqués ci-dessus. Propulsé titulaire pour les besoins de la cause, Alphousseyni n’est pas encore prêt.

Diarra (2+/5) : Placé en sentinelle, sans doute pour disposer d’un peu de liberté, Lassana a connu un début de match particulièrement anal, avant de monter en régime en proposant de belles récupérations. Dans le jeu, il n’a pas profité de sa position reculée pour ajuster de bonnes passes, échouant ainsi à déposséder Benoît Cheyrou de son titre de « Pirlo des Olives. »

Zambo Anguissa (100e) : Comme pour d’autres jeunes, il faut relativiser sa performance à l’égard de son statut de bon gars placé là par la force des choses. Si insultes il y a, elles doivent être adressées à ceux qui ont fait en sorte que sa présence soit indispensable.

Romao (2+/5) : Du déchet technique, forcément, à chaque fois qu’il occupe une position exigeant de frapper la balle davantage que les adversaires. Au-delà des clichés, la prise de notes montre qu’Alaixys a été impliqué dans une grande part des rares actions construites proposées par notre équipe, avec à la clé quelques gestechniques inspirés. Malheureusement, ses bonnes dispositions n’ont pas tenu Ladurée, pour reprendre une expression du porno pâtissier.

Rabillard (108e) : Il aurait pu égaliser sur une partie de rabillard, mais il a pu finalement aller se rabiller.

Silva (1/5) : Avorté un mois avant terme, sauvé grâce à une panne de congélateur puis violé et battu dans son enfance avant d’être recruté à l’OM. C’est le seul parcours de vie à même d’expliquer les matches de traumatisé que nous offre Lucas.

Sarr (88e, 1/5) : T’as eu raison de ne rien foutre, ça aurait été dommage de saisir ta chance au moins une fois.

Isla (1+/5) : A l’inverse de ses partenaires, sa maturité et son expérience supposées nous autorisent à le gratifier de toutes les crottes de nez que l’on s’interdisait de coller aux jeunes.

Nkoudou (3-/5) : Provocant sans toujours faire les bon choix, ses glissades ont parfois été exaspérantes. Sans lui cependant, il nous aurait fallu moins de temps pour arriver à l’orgasme devant les vœux de Maryse Joissains que pour nous voir approcher de la surface toulousaine.

Batshuayi (3-/5) : Nous avons trop souvent conchié Batshuayi pour ses matches de prétentieux inefficace, pour ne pas saluer son irréprochable combativité du soir. Manquant déjà de lucidité en temps normal, comment le lui reprocher après 120 minutes à se battre comme un chien et à prendre des coups de coude dans la gueule ? Après, si c’est là toute la perspective que Michel propose à son avant-centre, autant laisser Michy exprimer ses qualités ailleurs et rappeler Brandao.

 

L’invité zoologique : Adrien Ragondin

L’air sympa de cette bestiole des marais masque mal son côté nuisible, faisant s’effondrer les berges des rivières à force d’y creuser. Le ragondin est ainsi l’invité approprié pour parler de ce match contre Toulouse, dont la seule raison d’exister semble être de saper la crédibilité de la Ligue 1 à force d’y creuser la médiocrité. Et pourtant, c’est ce même TFC qui nous a dominés par son attitude plus incisive, ce qui laisse rongeur.

  • Les autres : Une honnête et chiante équipe de Ligain bonifiée par l’aisance de Ben Yedder et le gestechnique de Braithwaite. C’était largement suffisant contre nous.
  • Les transferts : La rumeur d’un retour de Florian Thauvin excite les médias à l’heure où nous écrivons ces lignes. On attendra de voir la nouvelle confirmée pour donner à cet événement toute l’attention requise.
  • Le débat : faut-il porter un couvre-chef au stade en soutien à la victime de l’agression antisémite de cette semaine ? La Canebière académie répond « pourquoi pas », puisque l’initiative semble désormais être soutenue par des supporters. Et puis, avec le niveau de jeu que nous affichons en ce moment, j’ai déjà un chapeau tout trouvé.
  • L’interview : Les collègues de l’excellent Capitole FC m’ont invité à parler de l’OM ici. Avec cette question-piège : « tu deviens président de l’OM demain : que fais-tu ? »
  • La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook (attention, nouveau compte), et sur Twitter. Marius remporte le concours zoologique pour sa première utilisation, rouquiofzeyeur.

 

Dans le souci de marquer à la fois mon soutien à la population juive de Marseille et mes pensées aux victimes de l’attentat d’Istambul, j’assisterai au prochain match coiffé d’une galette à Zaraï.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

9 commentaires

  1. Si Labrune rappelle Thauvin, autant osé la doublette Brandao/Cissé maintenant

  2. La note d’un Romao me parait trop élevée pour un match aussi indigeste, évoluer avec un joueur pareil explique la pauvreté du jeu, aucun apport sur tous les plans. Pareil pour Nkoudou qui est une petite merde, ne bonifiant aucun ballon, ne créant pas la différence avec ses dribbles, ne centrant jamais et passe trop souvent vers l’arrière. Seuls Batshuayi et Diarra m’ont partus dignes d’une équipe professionnelle. PS: il serait judicieux d’investir dans un Machach, jeune, talentueux que dans un Ben Yedder souvent sur courant alternatif. Ah oui, Rudi est libre.

  3. Si, comme le disait le très humaniste Don Salustre, « les riches c’est fait pour être très riche et les pauvres très pauvres » alors on va encore se marrer quelques années avec les Pink Floyd de la Bonne Mère.

    Merci pour ce moment.

  4. Et autant rappelé Alou Diarra.
    Effectivement Blaah, Michel ne cherche pas d’excuse mais se donne des circonstances atténuantes, il nous rejoue la sérénade du « responsable mais pas coupable ». Labrune est aux abonnés absents, comme d’habitude lorsque le bateau coule, à l’instar du commandant du Costa Concordia. On a connu bien des crises mais on a atteint ces derniers temps un niveau de résignation plus qu’inquiétant. Et tout ça dans l’indifférence générale.

  5. ..
    Avec un but à rattraper, la mission devient impossible
    .

    Allez l’OM Maman, tu peux rappeler le monsieur à lunettes ? Allez l’OM

    .
    José Abou Drogba Garcia. O M

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