Chotat : détective gigolo et fan du PSG

Horsjeu.net s’est trouvé un nouveau partenaire particulier, un détective privé de renom et d’envergure, et qui plus est passionné de Ligue 1. Welcome Albert.

 

« Toc, toc, toc… »

Quelqu’un, sans énergie, frappe à ma porte. J’attends quelques secondes avant de répondre pour faire croire que je suis occupé.

« Entrez ! »

La grosse Martine, encore elle, avance péniblement jusqu’au bureau. Elle pose ses énormes fesses sur la chaise en face de moi.

A chaque fois,  elle me chante, avec un ton faux, le même refrain. Son mari, grâce à la magie du progrès, a retrouvé sa vigueur d’antan et il court après les jouvencelles (comprenez les sexagénaires). Je suis régulièrement chargé de la filature de ce dernier. Ce boulot est loin d’être palpitant. Car Jacques (c’est le prénom du dit « coquin » mais vous aviez compris) ne trompe même pas sa femme. Ses heures de libertés (lorsqu’il na pas sa femme sur le dos) sont partagées entre les boules et les interminables parties de poker. Mais je n’ai pas le courage de refuser une affaire et l’argent qui l’accompagne.

« Ecoutez mon mignon, je suis maintenant sûr de mon coup. Je sais que Jacques a une maîtresse. Il m’a même fait l’amour hier soir. Vous ne trouvez pas ça bizarre. ? »

Je la regarde bien. J’essaie de l’imaginer nue et en effet je trouve ça bizarre de se taper une telle morue. Bien que je la soupçonne d’inventer des histoires pour venir me voir. Je vois bien dans ses petits yeux qu’elle a faim de chaire fraîche, qu’elle serait prête à tout pour se faire culbuter par un jeune fou à l’érection fulgurante. Il est évident qu’elle a senti en moi la proie idéale. Ma solitude, mon désarroi permanent se lisent sur mon visage. Je pourrais très bien, un jour ou l’autre craquer mon jean pour la grosse Martine. Je lui attraperais ses gros bourrelets, je la retournerais et lui mettrais des claques virulentes sur son cul énorme. Martine, elle gueulerait de plaisir, elle serait trempée de sueur infecte et moi téméraire, je l’enculerais jusqu’à la racine de mon pénis gonflé. Voilà ce que je pressens si rien ne se passe dans mon existence piteuse. Après avoir le titre de l’unique détective privé de Menton, déjà lourd à porter, je détiendrais celui du seul pervers qui a osé baiser Martine l’indomptable.

« Mais non, Madame Martine, vous êtes une très jolie femme. »

Réplique stupide sortie par automatisme.

« Oh…oh… que vous êtes coquin. »

J’abrège le dialogue avec les excuses d’un homme débordé. Ça commençait à aller trop loin. Mon honneur était en jeu. Et puis j’ai un RDV important. Il y a le premier du match du PSG dans 1 heure.

Je suis fan du PSG depuis Novembre 1999. J’avais fait un saut à la capitale. Ce fût ma première et dernière excursion à Paname. J’avais trouvé une petite qui passait ses vacances sur la Côte d’Azur. Tandis qu’elle mangeait une glace Miko au bord de l’eau je l’avais abordée. Et oui, Albert Chotat n’est pas seulement l’unique détective privé de Menton. C’est aussi un magnifique séducteur dans la lignée des plus grands, des Aldo Maccione, des Massimo Gargia, des Francesco Totti…

Bref, je la taquine gentiment. On se prend un café. Elle me laisse son numéro en me disant qu’elle part le lendemain à Paris.

Sans hésitation, je réserve un avion pour la capitale, claque 6 mois de salaires pour 3 nuits au Ritz. Je sors le grand jeu… La petite Marie n’a jamais répondu à mes 234 appels quand je suis arrivé à Paris. Je ne suis pas sorti de ma chambre. J’ai pris une dizaine de bains moussants. J’ai regardé la ville par ma fenêtre. Je me suis senti bien. J’étais heureux malgré l’affront de Marie.

C’est comme ça que je suis devenu fan du PSG. C’est con mais depuis je regarde pratiquement tous les matchs du PSG.

Je retrouve mon pote Marc au Bar Ciao, juste à la frontière avec l’Italie.  On se claque la bise. Marc, il est supporter de l’ASM. Et oui, il y en a quelques uns. Mais il m’accompagne voir le PSG depuis que son équipe est en ligue 2.

On s’installe à une table et on commande une bouteille de rosé.  Je pose une photo d’Ibra sur la table.

« Il a de la gueule, hein ? A une époque on avait Pancrate en attaque. T’as vu mieux pour vendre des maillots »

« Attend qu’on soit en ligue 1 mon pote. On va faire venir des paillettes sur le rocher. »

« Ouais, pour l’instant vous jouez Laval, Clermont foot and co. »

Marc grignote quelques cacahuètes. Des petits bouts de l’arachide se coincent entre ses dents.

Il a toujours eu ce problème de nourriture qui se coince entre les dents. C’était déjà le cas au collège. En plus à l’époque il portait un appareil. Mon pote Marc c’était pas le roi de la galoche à cette époque.

« Nanard Mendy revient.  Ça fait partie des grosses nouvelles de l’été. Il va en enrhumer plus d’un dans les couloirs de l’Hexagone.  Je suis pressé de mater le premier Brest-PSG. Pour les vrais fans du PSG, ça va être un beau moment. »

« T’es un vrai fan toi ? T’as jamais été au Parc. Tu connais que le Louis II comme stade. »

« Et alors ? On en a déjà parlé. Il s’agit d’émotion. Cela me renvoie à une image de moi à un instant précis. Un instant de plénitude dans la baignoire du Ritz. »

« Ouais, je suis pas sûr que tu saisis bien ce que tu ressens. C’est de l’obsession. »

Les joueurs rentrent sur le terrain.  Gérard, patron du bar, n’a pas mis le son. Je me lève pour lui demander d’envoyer la sono.

« Tu sais, Gérard, l’ambiance du Parc des Princes, j’en ai besoin. »

« Ok, Chotat. Laisse moi trouver la télécommande. »

Gérard se baisse, fouille dans des tiroirs. Il est lent.

« Alors Gérard, tu as la télécommande ? »

« Oui, oui. Tiens la voici. »

Le Parc est silencieux. J’ai loupé les premières minutes du match en observant Gérard chercher sa télécommande.

Sur le ralenti, Monnet Paquet déborde et centre fort devant le but. Maxwell, à qui on a dû dire qu’il fallait du spectacle au Parc, marque contre son camp. Un petit extérieur du gauche tout en finesse. La classe.

Le PSG se cherche. Ibra est frustré. Les Lorinetais s’amusent. Gérard et Marc se foutent de ma gueule.

« Vivement que l’ASM vienne au Parc de Princes en coupe de la ligue. Nous aussi, on a envie de s’amuser. »

Je ne dis rien. Juste avant la mi-temps, Aliadière est envoyé en profondeur. En vrai partouzeur qu’il est, Aliadière fait l’amour à la défense Parisienne. Sakho, Chantôme, Alex, 3 jouvencelles soumises, sont fourrés en douceur… C’est un délicat le petit Aliadière… Puis Siguru est ajusté. Le Parc siffle. Marc rigole.

« Oh, putain ! Ahhhhh ! Que c’est bon de regarder le PSG. Merci mon pote. Allez, je paie la deuxième bouteille de rosé. »

C’est à ce moment que Franck, supporter de l’OM, rentre dans le bar. Il porte le maillot de Jean-Philippe Durand. Il s’installe à notre table.

« Tu regardes pas l’OM ? »

« Non, je suis en grève. Je regarde plus les matchs de l’OM. En plus ils jouent demain. La ligue 1 ça pue. Le PSG fait de la concurrence déloyale. C’est pas  dans l’esprit Olympique. »

« C’est vrai que Tapie, Anigo et tes autres potes, ils ont des gueules à porter la flamme Olympique et toutes les valeurs qui vont avec ? »

« Oh là collègue ! Doucement… je viens juste prendre un verre, discuter tranquillement. »

« Et bien assied toi »

Je sers un verre à Franck. Je sais pourquoi il est au bar Ciao. Il n’est pas venu parler petits ponts ou coup du foulard. On échange quelques banalités puis il en vient au fait.

« J’ai un rencart pour toi ce soir. Elle t’attend vers 23h30 chez elle. »

La deuxième mi-temps a repris. Bodmer est maintenant en jambe. Il joue juste. Ce qui n’est pas le cas de ma situation financière. Toujours délicate.

Alors oui, je l’avoue mais pas haut et fort, je me tape des vieilles. Oui, je me tape des vieilles ! En échange, elles me donnent de l’argent. Je vous vois venir avec votre question. Et bien non ! Il n’y a pas de limite d’âge. Je prends tout ! Je baise tout ! Et toujours du bon travail ! Je ne suis un de ces charlatans qui propose quelques léchouilles du bout de la langue pour une fortune. Non ! Moi je suis un passionné ! Un vrai maçon du sexe ! Le Jimmy Algerino du sexe ! J’envoie tous ce que j’ai ! Toutes mes déceptions quotidiennes, toutes mes frustrations… et bien, je les envoie dans mon pénis et les éjacule. Et oui, ça me fait du bien ! Je prends du plaisir et je me fais payer. C’est dit !

Revenons maintenant au match.

Le PSG est plus offensif. Zlatan balance une tête à côté du cadre. Puis il touche le poteau. On se rapproche. Franck s’impatiente.

« Pourquoi tu attends toujours avant de donner ta réponse ? »

« Je ne te fais pas attendre. Tu connais ma réponse. »

« Parfait chef. Bon maintenant je me casse. Il me fait gerber ton PSG version Leonardo. »

Néné est entrés en jeu.  D’une longue balle, il sert Magic Ibra dans la surface. Contrôle du poitrail. Frappe du droit. Le ballon meurt dans le petit filet.

Je sers le poing et me lève.

« Ici, c’est Paris ! »

Je reçois une cacahuète en pleine tronche. Gérard n’est pas fan du PSG.

« Du calme Chotat ! Sinon je baisse le son. »

Je me rassois. Tout commence à rentrer dans l’ordre. On se commande une troisième bouteille de rosé et des tartines de tapenade.

Marc rigole toujours autant. Il semble oublier que son équipe joue en ligue 2.

« Ils jouent mieux. Mais on se rapproche de la fin. Ils jouent pas mal même. Mais il manque un Luc Sonor en défense pour rassurer tout le monde. Et peut-être un Enzo Scifo au milieu pour fluidifier le jeu. Mais sinon l’équipe n’est pas dégueue.»

Matuidi est lancé en profondeur. Il entre dans la surface et se fait déglinguer par un type que je connais pas.

Pénalty. Ibra, le buste droit, s’avance pour tirer. But !

Je me lève. Je ne renoncerai pas à mon petit plaisir.

« Ici, c’est Paris ! »

Cette fois-ci je reçois une part de tiramisu en pleine tronche. Gérard rigole comme un fou. Il a la déconne facile.

Je sens mon portable vibrer dans ma poche. C’est toujours agréable. Je regarde l’écran tout en léchant un bout de tiramisu sur mon doigt. Une petite enveloppe indique que j’ai un message.

2 avenue Boyer. 4ème gauche. Je vous attends impatiemment.

Je bois un dernier verre de rosé et embrasse mon pote Marc.  Un coup d’œil à l’écran. L’arbitre  siffle la fin du match. 2-2.

« Ciao mon beau. Les affaires m’attendent. »

 

L'ancien

9 commentaires

  1. J’espère qu’il y aura des enquêtes menées et qu’on les retrouvera dans la rubrique Granny sur elephanttube.

  2. Pdt les premières lignes, j’me demandais si j’étais bien sur HJ.net.

    Arrivé à la fin, j’en redemande malgré la petite erreur sirigu/douchez

  3. Détéctive (donc faux flic) et fan du PSG (donc mauvais goût). Moké s’est arrêté au titre. Va pas croire que tu vas prendre la place du policier.

  4. Il me semble que l’erreur Douchez/Sirigu soit volontaire. Pour montrer que c’est le genre de supporter-toccard. Comme le type qu’il ne connait pas qui fait faute dans la surface.
    En tout cas j’au bien aimé.

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