Manchester United – Burnley (2-2) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

Chateau de Luke Seafer, bureau, intérieur nuit
Les épais rideaux de velours sont tirés, laissant la pièce dans la pénombre. Seule les vives flammes crépitant au coeur de la cheminée permettent de distinguer la scène qui se tient devant nos yeux curieux. L’habituel imposant fauteuil du maître des lieux a disparu, troqué pour une méridienne, d’un velours rouge en parfait accord avec la pièce. Une méridienne dans laquelle on retrouve Luke Seafer, allongé, les bras croisés. Il parle. Et une nouvelle fois, il n’est pas seul. Non, derrière lui, installée dans un fauteuil, cette femme. Carnet de note et stylo en main, elle griffone, sporadiquement, à mesure que les mots de son interlocuteur dressent le fond de sa pensée… Mais rapprochons-nous discrètement pour savoir à nouveau de quoi il en retourne…

-« C’est surtout que j’ai cru qu’il avait changé. Deux fois. Quand il est arrivé et qu’il a dit qu’il était « heureux ». Je me suis dit qu’il avait compris où il avait signé. Qu’il n’avait plus à faire semblant, qu’il n’avait plus à être outrancier pour être aimé. Alors bien sûr la première année de notre relation n’était pas simple pour autant :  il avait de mauvais réflexes, il restait dans son coin, derrière, toute la soirée, bon… Mais j’étais prêt à l’accepter, parce qu’il ne pouvait pas changer du tout au tout aussi vite. Et puis la saison s’est bien terminée et on a passé un bel été ensemble… Un bel été…
– Que s’est il passé cet été ?
– On roulait sur tout le monde. Il a eu ses recrues. Je me suis dit ça y est, on arrive à la deuxième saison, son temps fort, on va voir enfin de quoi il en retourne. Et paf des 4-0 et des doublés de Lukaku et des entrées de tueur de Martial… Bon. On perd la Supercoupe d’Europe, mais même ça je n’en tenais pas rigueur. Et puis on a perdu Paul. Et là c’est allé de mal en pis. Plus de football. Des matchs plus que pénibles. Il ne rigolait plus. Il redevenait agressif avec tout le monde, à nous demander de nous taire.
– Paul, c’est quelqu’un d’important ?
– Oui. Oui évidemment oui. Mais on ne peut pas se permettre d’arrêter de jouer quand il n’est pas là… Et puis même maintenant qu’il est revenu… Ce n’est pas ça. Quelque chose semble cassé. Je ne sais pas si c’est le derby évidemment perdu contre City qui a achevé tout le monde… Mais on n’avance plus.
– Vous en parlez souvent de City, vous souffrez de les voir devant vous ?
– Ta gueule.
– Je vous demande pardon ?
– Je suis désolé. Vraiment désolé. Un réflexe. Pardon. Vraiment.
– Je vais prendre ça pour un oui.
– Enfin bref, tout ça nous amène au match d’hier soir…


Il s’est fait doucher tactiquement par Sean Dyche. Pep Guardiola passe encore, mais là on dit quoi ? Alors ok, il est pas mauvais le père Dyche, Burnley et ses « 80% de joueurs anglais et 100% de blancs » sont l’équipe surprise du championnat mais quand même…
– Pardon ?
– Ah c’est pas moi qui le dit hein, c’est L’Equipe.

– Oh…
– Oui je sais… Enfin bref, on tient pas deux minutes avant de prendre un but et ce con de Rojo un jaune (qui amène le coup-franc, qui amène le but, cqfd), à nouveau grâce à une superbe passe décisive/mauvais renvoi de Lukaku. Derrière on veut réagir. Surprise, on ne peut pas, car le quadrillage du terrain de Burnley est impeccable. A part Mata qui court entre les lignes tel un casque bleu de l’ONU dans un champ de mine, rien n’est proposé pour espérer s’en sortir.
ET PAF. 0-2 Defour sur un formidable coup-franc.
Au retour des vestiaires José sort Ibra qui n’a servi à rien et Rojo qui est un con pour Lingard et Mkhitaryan. Et là je me suis dit qu’un truc clochait, parce que j’ai entrevu l’espoir.
– Que Mkhitaryan vous sauve.
– Non qu’on le vende en janvier. Je parle surtout de Lingard. Je me suis dis que… Et c’est pas normal. Pas normal de voir en Lingard un sauveur potentiel.
– Et que s’est-il passé ?
– A votre avis ? Il nous a sauvé. Il est rentré, il a marqué deux fois. Parce que bien sûr on a fini par coincer Burnley dans sa moitié de terrain, bien sûr qu’ils étaient obligés de reculer. Mais putain que c’était laborieux. Pardon, je suis vulgaire.
– Vous êtes naturel, laissez.
– Oui. Enfin voila. 23 tirs à 3 et on fait match nul. Ça me rappelle le nul contre Fulham à 80 centres. Ca me fait penser que Mourinho s’est fait mourinher. Ça ne va pas docteur. Ça ne va pas du tout. On a beau me brandir les chiffres, me dire que sans un City incroyable on serait en tête, je n’y crois pas. Je ne vois personne progresser, à part les joueurs moyens. Les grands, les forts, les prometteurs stagnent. Faut-il attendre un crach boursier pour que la situation du club préoccupe les hautes instances ? Qui sommes-nous ? Ou allons nous ? Ça ne va pas docteur…
– Vous avez des pensées sombres ?
– Hier, j’ai lu quelqu’un parler de Laurent Blanc pour remplacer Mourinho…
– Et ?
– Je me suis dis que ça ne serait pas une mauvaise idée.
– Oh. On se revoie la semaine prochaine.


Les Diables :

De Gea (3/5) :
En rentrant chez lui, David a racheté des valises sur amazon pour être sûr de ne rien oublier en partant en juin.

Shaw (3/5) :
Il essaie beaucoup. Un état d’esprit qui fait plaisir à voir. Même si cela semble vain pour espérer s’imposer vraiment dans le 11, José oblige.

Jones (3/5) :
Petit ange mal épaulé.

Rojo (1/5) :
Ça me donne envie de faire revenir Jonny Evans.

Young (2/5) :
Pas à sa place.

Matic (3/5) :
Propre globalement. Basculé en défense centrale en deuxième mi-temps ce qui n’a pas porté à préjudice. Mais bon, en même temps sur ce match là, un sac de sport aurait fait mieux que Rojo.

Pogba (2/5) :
En vrai on ne t’en veut pas, tu n’es pas parfait. Tu ne peux pas être le seul à surnager à chaque fois.

Rashford (1/5) :
Parfois je pense à lui et j’ai peur. Peur qu’on se soit un peu emballés.

Ibrahimovic (1/5) :
On va dire qu’on n’a rien vu, parce que c’était gênant.

Mata (2/5) :
Oui, bon, vivement qu’il prenne la tête de l’ONU et qu’il laisse une place pour un mec régulier dans le 11.

Lukaku (2/5) :
On sait qu’il n’y a pas forcément beaucoup de ballons qui arrive, mais c’est important pour le moral de croire que tu peux nous sortir de situations inextricables sur un coup de génie.

Les suppôts de Satan :

Mkhitaryan pour Rojo, 45e (1/5) :
Mieux vaut éviter de le faire rentrer si on veut espérer le vendre à quelqu’un en l’état.

Lingard pour Ibrahimovic, 45e (5/5) :
Anachronisme fergusonnien, Jesse est un joueur limité mais qui vendrait sa mère pour trois minutes de jeu avec United. Et qui s’arrachera sur la pelouse, peu importe le score, peu importe l’adversaire. Merci Jesse.

 

Samedi réception des Saints. Et euh. Peut-être qu’on en parlera.

La bise inferanale

Luke Seafer

 

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

2 Comments

  1. Est-ce que cette charmante psychologue vous a prescrit des psychotropes ? Car je me trouve dans un déni de réalité semblable au vôtre, qui me pousse à aduler Lingard et à ne même pas me révolter lorsque vous mentionnez la possibilité de vendre un joueur comme Mkhitaryan…

  2. Mais il est pas bleu avec des motifs chelous ton canapé ?
    Seafer démission !

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