Lokomotiv Moscou-OM (1-1), La Canebière académie enrage

Aïoli les sapiens,

Monaco, c’était bien. C’était même peut-être trop bien pour être honnête. Avec le recul, la notion de match-test initialement retenue concernant la rencontre en Principauté ne peut décemment pas s’appliquer aux endives du Rocher. C’est ainsi que notre coupe d’Europe s’ouvre ce jeudi à Moscou pour ce que nous n’aurons pas peur de qualifier de… véritable test, eh ouais.

Assurément, ce match fut riche d’enseignements, dont le moins surprenant n’est pas de constater que notre bande de soudards fait preuve d’une singulière et regrettable pitié dès qu’il est question de piétiner plus faible qu’eux. Finissons donc consciencieusement de nous mâcher les couilles et revenons sur les deux points bêtement perdus hier soir.


Les Longorious Basterds

Lopez
Saliba – Alvaro – Luan Peres
Rongier – Guendouzi (Lirola, 82e) – Kamara – Gerson (Gueye, 82e)
Ünder  – Harit (De la Fuente, 55e) – Dieng (Luis Henrique, 82e)

Pau Lopez rester préféré à Mandanda, un choix sur lequel nous ne nous prononcerons pas tant Que nous n’aurons pas vu notre nouveau gardien effectuer son premier arrêt (spoiler : c’est toujours pas le cas). Alvaro est préféré à Balerdi sans doute pour son expérience, Sampaoli préférant un slipomètre constant à niveau bas plutôt que la quasi-certitude d’un éclair anal soudain. Lirola sort du XI de départ au profit de Gerson, et notre ligne offensive reste inchangée : Payet est en effet ménagé, tandis que le retour de Milik se fait attendre.


Le match

Premier et rapide enseignement du match : le football de Villas-Boas, c’est chiant aussi quand il est pratiqué par le camp d’en face. Sans doute adepte du rallyman portugais, l’entraîneur du Lokomotiv entame la rencontre avec l’intention explicite de nous proposer : le néant.

L’OM monopolise le ballon et fait patiemment tourner devant le bloc bas moscovite, sans guère trouver d’ouverture. Très discrets, Dieng et Harit font principalement les frais de la clôture des boulevards grand ouverts samedi dernier. Il faut attendre presque la demi-heure pour assister à notre meilleure action, un une-deux Guendouzi-Harit de toute beauté, avec remise du Marocain en talonnade pour Matteo, dont la lourde est claquée par le gardien.

Une hésitation de Saliba et surtout Alvaro procure à nos adversaires un maigre rataillon qu’ils sont tout près de transformer en festin : Smolov élimine l’Espagnol sur un crochet pour gros naïf et tire sur le poteau.

Après la pause, l’OM ne renonce pas et continue une domination agréable quoique stérile. La facilité avec laquelle nous récupérons haut laisse cependant un sérieux espoir de voir notre patience récompensée.

PATIENCE MON CUL, HA HA ! C’est ce que se disent les Olympiens en voyant l’arbitre siffler pénalty après que Tikzinyan a accroché Ünder comme une vieille merde en pleine surface. Alors que l’OM exécutait jusqu’ici circulation de balle et changement d’aile proprets, Saliba décoche une flèche soudaine pour Guendouzi au milieu de terrain, qui d’un relais en une touche envoie tout aussi subitement Cengiz sur l’aile droite. Déjà averti en première période pour avoir accroché le Turc, le latéral russe récidive et nous offre la totale : carton rouge et pénalty, transformé sans trembler par ce même Ünder (0-1, 57e).

Nous vivons un moment parfait et pourtant, c’est juste après que le bât blesse. Les Olympiens se trouvent dans une situation excessivement favorable face à un adversaire à terre mais au lieu d’écraser leurs ennemis, les voir agoniser devant eux et entendre les lamentations de leurs femmes, nos joueurs lèvent immédiatement le pied. Ce fut déjà le cas à Monaco, à 0-2 pour nous et sans dommage, et surtout contre Bordeaux quand nous perdîmes deux points, déjà, de la même manière stupide.

L’OM n’est pas mis en danger mais laisse cependant les Moscovites, pourtant alors au fond du seau, reprendre de l’assurance et commencer à combiner. Soit il s’agit d’un relâchement mental coupable, soit d’une baisse de régime physique, auquel cas on comprend mal pourquoi les changements surviennent seulement à 8 minutes de la fin. Comme samedi dernier, nous disposons sur le banc de plusieurs joueurs piaffant d’impatience d’entrer pour achever des adversaires en infériorité numérique mais pourtant, aucune contre-attaque ne nous procure plus d’occasion sérieuse.


La morale de l’histoire nous fait mal par où on nous l’apprend : une perte de balle au milieu de terrain et voici les Russes à l’attaque, Rongier est au duel mais le perd pour l’une des rares fois du match, et pour quasiment l’unique fois également dans cette rencontre, un duel perdu n’est pas aussitôt compensé par un coéquipier. De l’entrée de la surface, Anjorin enroule une frappe dans le petit filet d’un Lopez douteux (pour la paix du groupe, on remercie d’ailleurs le réalisateur de ne pas nous avoir gratifié du traditionnel plan sur le visage de Mandanda après un but encaissé – 1-1, 89e).

Rassurante dans le jeu mais rageante quant à notre incapacité à tuer un match, et plus généralement à marquer un nombre de buts à la hauteur de notre domination, cette rencontre ne remet rien en question mais vient rappeler à nos joueurs que tout relâchement reste interdit : tout l’enjeu de la saison consistera à maintenir cet important effort de concentration requis par notre jeu, sous peine de revivre les espoirs déçus de 2014-2015.


Les joueurs

Lopez (2/5) : Sans tirer de jugement définitif et prématuré, peut-on avancer timidement l’hypothèse selon laquelle ce serait pas mal de songer à arrêter un tir ? Genre pour la confiance, ce genre de choses ?

Saliba (3+/5) : Quelques petits soucis de coordination avec Alvaro, dont l’on peut sans le dénigrer estimer que le style « grinta-signe de Jul-bagarre » n’est pas tout à fait le même que celui de Balerdi. À son actif en revanche, ce lancement de jeu décisif pour l’ouverture du score.

Alvaro (2+/5) : Un fond de jeu qui jure toujours autant avec les qualités techniques du reste de la bande, mais dans son style bourrin Alvaro a réalisé des interventions précieuses. Reste cependant qu’il est impliqué sur une grosse occasion en première mi-temps, et pas net sur l’égalisation en seconde. Du coup, si sa présence ne nous empêche pas de claquer quand même du slip deux fois par match, la valeur ajoutée par rapport à Balerdi en devient tout de suite plus discutable.

Luan Peres (3/5) : Nous aimons beaucoup son habitude de se promener dans la surface adverse sans avoir l’air d’y toucher, du genre « non mais faites pas attention à moi, je m’emmerdais un peu derrière donc je passais juste une tête, voir comment ça se passe ici. »

Kamara (3/5) : Verrou solide du milieu de terrain hormis une faute lui valant un carton idiot. Bouba c’est comme l’argent, on est mieux avec que sans (prolonge, s’il te plaît).

Rongier (3-/5) : Prestation un peu trop propre mais néanmoins tout à fait honnête. L’ambiance positive de cette fin d’été contribuera beaucoup à pardonner son duel perdu de la 89e mais soyons honnêtes : si c’est Valère Germain qui fait le même l’an dernier, sa mère finit en « tendances du moment » sur Twitter.

Guendouzi (4/5) : L’un des seuls joueurs se maintenant au niveau de samedi dernier. Justesse, impact, décisivité – parce que moi aussi je peux faire des néologismes footballistiques. On savoure, et on enregistre en prévision des coups de moins bien, pour pouvoir repasser les images en disant « je reveux ça ».

Lirola (82e) : Huit minutes impossibles à juger face à un adversaire aussi impalpable qu’un programme socialiste.

Gerson (3/5) : Je sais pas pourquoi, il dégage un je-ne-sais quoi de charisme du mec qui fait partie des meubles. Limite, je suis davantage surpris de le croiser sur un terrain de foot plutôt qu’au Cours-Ju en train de boire des bières, ou chez Brick City en train de tailler le bout de gras avec le patron, après être venu poser des flyers pour son EP inspiré de Kool & The Gang. Genre voilà, il est là depuis toujours, il fait ses trucs, on est en terrain connu, on est bien. Sur le terrain hier soir c’est pareil, il fait ses trucs, des fois c’est performant, là ça l’était moins, mais c’est pas grave, on se prend pas la tête, on fait tourner.

Ünder (4/5) : Visiblement nos ailiers s’entendent pour tourmenter un latéral en alternance, un match à droite, un match à gauche. Hier c’était le tour de Cengiz d’offrir à son vis-à-vis un billet prématuré pour les douches et pour l’hôpital psychiatrique : si l’on suit cette règle, c’est le latéral gauche rennais qui a du souci à se faire pour dimanche.

Dieng (2/5) : Même contre des viers marins certifiés, la Coupe d’Europe reste quand même une marche à franchir : on continue à apprendre…

Luis Henrique (82e) : Une entrée regrettablement tardive, qu’il n’a pas su exploiter pour achever la bête boiteuse.

Harit (2/5) : Vous avez remarqué comme on est indulgents en ce moment ? Avant c’était directement les Monsieur Lapin, les insultes aux aïeules… on se ramollit, je trouve. Ou alors c’est le fait d’avoir une équipe qui essaie de bien jouer qui rend bienveillant. Ouais, quand on y songe, ça doit être cela.

De La Fuente (55e, 3/5) : Volontaire, auteur de quelques beaux gestes, mais loin d’être aussi que lors de ces soirées où il entortille son latéral autour de ses propres tripes.


L’invité zoologique : Tin Jetdevache

Se retrancher dans une forteresse et bombarder l’adversaire à coups de bouses, de fumier et d’animaux de basse-cour, c’est la stratégie plus ou moins limitée de notre adversaire du soir. Limitée mais efficace pour atteindre ces objectifs, particulièrement lorsqu’a été donné l’ordre « faites chier la vache » (en français dans le texte). La vache est donc l’invité approprié pour évoquer ces manants qui nous entravent dans notre quête du Graal européen.

– Les autres : Alors non. On a assez souffert de se taper de l’Elibauptère et du Villas-Boïsme, c’est pas pour en retrouver cette année dans le camp d’en face. À plus forte raison quand ça marche.

– Le classement : Une seule place qualificative cette année, la première. Dans cette perspective, ces deux points perdus peuvent faire mal à l’arrivée. Une victoire sur Galatasaray au prochain match, et nous pourrons cependant parler d’excellent démarrage : ya plus qu’à.

Coming next : Rennes nous rend visite dimanche après-midi, apparemment pré-convaincu d’encaisser une rouste. Ceci dit, les Bordelais disaient ça aussi.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Johny Kreuz remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

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