La Calcio Académie vous présente la 8e journée de Serie A (20-21) :

Ciao ragazzi, 

Cette semaine, la Calcio Académie vous offre encore le meilleur du foot italien. Et vous ne serez pas déçu. Vous remarquerez également notre absence de réaction aux écarts de toutes les Curve du pays. Nous avons donc du temps pour vous parler de ces marques rouges sur le visage des joueurs ce week-end. La Lega a décidé de renouveler son opération pour dénoncer les violences conjugales. En Italie, comme ailleurs, le problème est sous-estimé et caché bien souvent sous le tapis. Le Lega secoue le paillasson. C’est une bonne chose. Espérons que les bonnes intentions s’attaquent au racisme dans les tribunes. Nous rêvons de ces tribunes pleines, nous voulons à nouveau entendre ces chants, cette passion qui transpire intensément. L’Italie a ses démons. Elle doit les affronter.

En attendant ce jour, vous allez prendre plein de truc, désespérer du Toro, admirer un quarantenaire, interroger Conte, et la Juve… (remplissez à votre convenance).


Udinese-Genoa (1-0) : 

Le spectacle n’était pas au rendez-vous dans le Frioul, mais saupoudrez n’importe quel calvaire d’un peu de De Paul et tout va mieux. L’Argentin a été l’homme du match. Un but, le seul à se mettre sous la dent, une barre sur coup-franc, et une élégance sans commune mesure parmi les autres acteurs présents sur la pelouse. Alors on va pas vous mentir, c’était pas son meilleur match non plus, mais il nous a donné du plaisir et c’était pas gagné d’avance. Rien que pour ça, grazie à lui. Le Genoa se verra refuser un but pour un hors-jeu point net (d’un bon soulier quand-même) et Perin, dans un geste d’une analité suprême, se fera exclure au coup de sifflet final pour un tacle glissé à quarante mètres de son but.

Buteur : De Paul (34e) pour Udine.


Crotone – Lazio (0-2) en une image : 

 

Buteur : Ciro Immobile (21e) pour la Lazio.


Spezia – Atalanta (0-0) : 

La Spezia s’en sort miraculeusement. L’Atalanta a pilonné les buts du vaillant Provedel. La seule fois où ils ont réussi à tromper la vigilance du dernier rempart, ils se sont heurtés à la rigidité et à l’absurdité de la VAR. Les Ligures obtiennent un nul franchement inespéré. On aura eu l’occasion de voir jouer Giulio Moggiore, le grand espoir local. 

Les Lombards repartent une nouvelle fois déçu. Même s’ils restent dans le coup, les hommes de Gaspé sont loin d’être impressionnant. Mais au vu des actions et du talent affiché, nul doute que ce mauvais passage ne durera pas. 


Inter – Toro (4-2) : 

Le Torino se fait hara-kiri tout seul et comme des grands. Contre des Nerazzurri bien pâles et timorés, le Toro a pourtant réalisé une première heure presque parfaite. D’une talonnade audacieuse et bien sentie, Meité trouve Zaza au cœur de la surface. Le tireur de penalty le plus célèbre du monde (au moins du Piémont) ne loupe pas son face à face. 

On se dit alors le plus innocemment du monde que Conte allait secouer ses gars. L’Inter ne joue pas mal, c’est pire que ça. Gagliardini n’a malheureusement ni le niveau technique ni le coffre physique pour tenir correctement sa place. Young est de plus en plus Old et Handa est aussi utile qu’une ceinture de sécurité avant un crash d’avion.  

Logiquement, le Toro double le score. Cet événement provoquera leur chute. En deux minutes, l’Inter égalise. Il en faudra dix de plus pour tuer le match. Cet Inter ne va franchement pas mieux et le Toro est au plus mal. 

Buteurs : A.Sanchez (64′), Lukaku (67′, 80′), Lautaro (90′) ; Zaza (45+2′), Ansaldi (62′).


Juventus – Cagliari (2-0) : 

Retrouvez la Bianconero Académie de Roberto qui vous raconte de manière succincte mais fun et bigarrée la victoire des siens.


Samp’ – Bologne (1-2) : 

Thorsby avait pourtant mis les siens sur les bons rails en envoyant une tête de poney (personne ne dit ça je sais mais que dire d’autre ?). Mais la Samp’ reste éternelle…ment maudite. Enfin, elle se créée elle-même la malédiction hein, en témoigne l’autogol de Regini. Orsolini finira le boulot pour les bolognesi, leur offrant une victoire importante face à, ne nous le cachons pas, un rival direct pour le maintien.

Buteurs : Thorsby (7e) pour la Samp’, Regini (44e autogol) et Orsolini (52e) pour Bologne.


Fiorentina – Benevento (0-1) :

ENFIN ! OUI ! un mois et demi et quatre défaites en autant de matchs séparaient Benevento d’une victoire en championnat, c’est chose faite, et pas n’importe où : dans l’Artemio Franchi mythique, qui coupe la chique à Prandelli tout juste arrivé. Eh oui, Iachini, le coach à la casquette bien connue en Italie, ira coacher dans un autre club (lui qui a déjà pris place sur quatorze bancs différents).
Benevento gagne, à l’heure de la sortie de messe dominicale, grâce à Improta. Les sorciers auraient même pu bénéficier d’un score plus large tant ils ont eu d’occasions nettes, profitant de la sortie sur blessure de Ribery notamment. Plaisir de voir les rouge et jaune glaner des points, Inzaghi et son jeu offensif est récompensé et se place 14e du championnat. Pas mal, pour un promu.

Buteur : Improta (52’).


Roma – Parma (3-0) :

La louve qui chasse est discrète, elle étudie sa proie, se fond dans le décor, avec une agilité invraisemblable.
La louve du Calcio se comporte de la même manière. Troisième au classement, une farandole de buts marqués (et des beaux), sans faire de bruit elle est devant l’Inter, la Juve, l’Atalanta.
Mayoral et Mkhitaryan, deux fois, enfoncent un petit Parme, qui aurait pu se retrouver entre la croute terrestre et le noyau interne du centre de la Terre.
Le but de l’Arménien vaut le coup d’œil, on vous en fait profiter ci-dessous.

Buteurs : Mayoral (28’), Mkhytarian (32’, 40’)


Hellas – Sassuolo (0-2) : 

Ce n’est pas la ville de Roméo et Juliette pour rien et nous allons vous le prouver. Verona s’est battu comme une damnée peut se battre avec l’énergie du désespoir et le soupir des derniers soirs. Verona s’est battu, s’élançant vers les buts adverses avec une détermination admirable. Ils touchèrent les poteaux trois fois sans que ceux ci ne s’en offusquent. Ils en rougiraient si on osait leur poser la question. Trois fois l’Hellas, lassé de chanter au balcon de sa belle, a oublié de surveiller ses mirabelles (oui cette petite prune est très apprécié dans ce coin d’Italie). 

Un fieffé gredin, un maçon qui passait dans le coin, aperçut les jolis fruits dans le jardin. Mais il ne pensa à rien, il n’avait pas faim. Pis comme il n’était pas très malin, il ne pensait pas à demain.  Heureusement sa femme était plus futée, c’était pas bien compliqué. Elle lui montra du doigt les fruits du pécher.  « Ma belle, vous vous trompez,  c’est un mirabellier » remarqua le maçon un peu con. 

Finalement Verona s’est fait marauder et dans le fond ce n’était pas volé. Car c’est bien beau de chanter,  à un moment donné on a envie de baiser. 

Buteurs : Boga (42′), Berardi (75′)


Naples – AC Milan (1-3) :

Gattuso vs Bonera. Deux anciens du Milan, deux anciens joueurs et élèves de Carlo Ancelotti, se retrouvent chacun sur un banc ce soir, et non des moindres.
Tant d’élèves du maître Carlo Ancelotti sur des bancs pour que ce soit un hasard : Pirlo, Gattuso, Inzaghi, Nesta, Stam, Shevchenko, Oddo, Bonera, Seedorf… cette génération de joueurs du Milan des années 2000 qui ont tout gagné (ou presque), sont désormais à leur tour des « Mister » comme on aime le dire en Italie.
On reviendra sur cette école Ancelotti, et peut être même plus globalement sur cette école de Milanello, qui a tant fourni l’Europe en entraineurs.

Revenons au choc du soir. Milan ne s’est plus imposé depuis 2010, soit dix ans, au San Paolo. A l’époque, Ibrahimovic avait marqué et permis à Robinho (buteur) et les siens de gagner un match qui allait leur donner le titre quelques mois plus tard. On prend le même et on recommence, 10 ans après donc.
Théo Hernandez, très bien entré dans son match, offre une galette à Ibrahimovic qui, malgré Koulibaly, envoie une tête des quinze mètres dans le petit filet opposé.
Malgré la possession et la domination du Napoli, Milan gère les choses, se montre dangereux aussi et surtout reste patron défensivement grâce à des joueurs au top comme Kjaer et Donnarumma.
Bis repetita en seconde période : centre venu de la gauche, par Rebic cette fois, Ibrahimovic à la réception du genou, c’est un doublé, son dixième but en six matchs de Serie A.
Quoi dire de plus ? On se répète toutes les semaines. Meilleur buteur du championnat avec ces statistiques, à son âge, contre des adversaires directs. Vous vous ferez votre avis.

Naples réduit le score par Mertens qui marque un but mérité en faveur de locaux qui ne font pas un mauvais match. Bakayoko, en voyant rouge, permettra à ses anciens coéquipiers de souffler un peu en fin de match et même de tripler la mise grâce au petit jeunot Hauge.

Milan est en état de grâce. Ses six hommes forts (Donnarumma, Kjaer, Hernandez, Bennacer, Kessie, Ibrahimovic) sont là et à un niveau très élevé. Autour d’eux, l’émulation prend forme et certains se mettent au niveau (Calhanoglu, Leao/Rebic, Calabria).
On ne va pas s’emballer car à peine 20% du championnat s’est joué, mais sur le papier et après quelques chocs (deux victoires, un nul contre l’Inter, la Roma et le Napoli), ce Milan made in Maldini, coaché par Pioli/Bonera est un bon cru.

A la vôtre !

Buteurs : Mertens (63’) ; Ibrahimovic (20’, 54’), Hauge (95’)

Vino e calcio, quello de La Collina dei Ciliegi è “Official AC Milan  Licensed Wine” in Cina - WineNews

Note Artistique de la journée : 4/5

Rouge sur le visage contre la violence faite aux femmes, tout le monde a joué le jeu en Serie A et on les en félicite !
Sur les terrains, 24 pions, un gros choc qui a tenu ses promesses, un but magnifique de Mkitaryan et nos deux stars trentenaires qui marquent chacune un doublé, on est sur une journée classique mais efficace en Italie.

On en redemande, et comme un cadeau sous le sapin, on est gâté la semaine prochaine avec Sassuolo-Inter et Naples-Roma notamment.

En bas, Crotone. Comme toujours. Et comme encore pour un moment. Force à eux, le championnat va être long.
Bravo à Benevento et la Spezia, nos deux autres promus, qui s’en tirent pas mal en gagnant à la Fiorentina et en faisant nul contre l’Atalanta. Pourvu que ça dure !

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même du Napoli.

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