France – Croatie (4-2) : L’Académie française remet la même

Qu’avez-vous fait ces trois derniers jours ? Vous étiez loin du cyclimse j’espère ; ou de la Formule 1. Il n’y avait qu’une chose à faire : dormir pour récupérer de la purge de samedi et attaquer ce remake de la finale 2018 en pleine forme.

Il est où Kyky ? Il est rentré à Paris, touché par le COVID-19, comme Mandanda, Annie Cordy, Michael Jackson et Neville Chamberlain avant lui. Un grand succès ce protocole sanitaire made in FFF en tout cas, bien joué M. Le Gall – on se souvient qu’il s’était fait virer de l’OM pour « dysfonctionnements » d’ailleurs. Le reste des 23 est là, mais dans quel état ? Tous négatifs a priori, mais pour combien de temps ? Ça va être comique dans les prochains jours, m’est avis.

La compo :

Un 3-5-2 tellement efficace et couronné de succès que DD le remet en place. C’est logique en vrai, s’il veut en faire quelque chose dans 9 mois. Le turnover est féroce en tout cas : DD doit jongler avec les clubs qui gueulent parce que les joueurs reprennent le championnat, parfois dans deux jours, et avec le besoin de bosser.

Certains sont champions du monde, d’autres le seront dans deux ans

Le derrière :

Exit Varane et Kimpembe, seul Upamecano garde sa place. C’est bien pour le petit nouveau d’enchaîner. Lenglet catalan et Lucas Hernandez ce chien de la casse d’amour complètent le trio défensif.

Le milieu :

Alors que Grizou reste dans sa position d’électron libre en charge du jeu, nos pistons sur le côté sont échangés, espère-t-on à tout jamais ? Ferland Mendy prend le couloir de Digne, et Sissoko prend la place de Dubois. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? *meme du gars qui pleure derrière un sourire masqué*. Kanté reste en gratteur de ballons, et Rabiot sort au profit de Nzonzi, ce qui est triste puisque je voulais voir le Duc enchaîner.

Le devant :

Sans Mbappé, DD opte pour une toute nouvelle association Ben Yedder – Martial. On a donc Giroud qui sort du 11, ce qui est assez rare pour être souligné. La perspective de voir Toto dans l’axe comme à MU est réjouissante.

Le match :

On a à peine commencé qu’on galère déjà. Les Bleus essayent un peu de relancer de derrière : c’est rare, et mauvais. Les Croates en profitent pour nous presser et nous étouffer façon mijautage. Les joueurs à damier sont plus justes techniquement, on perd le ballon dès la deuxième passe, incapables de relancer correctement. Mangés dans l’impact, déficients avec le ballon, décapités, vidés, brûlés, les Bleus sont à la rue. Tiens tiens, un remake de la finale d’il y a 2 ans ?

Sur un corner croate au second poteau, c’est Dejan Lovren, champion d’Angleterre en titre, qui punit les Bleus : se prenant quelques instants pour un joueur technique, le Croate contrôle orienté et enchaîne d’une frappe limpide du gauche (1-0, 17e). Suite à ce but, les Bleus se montrent, enfin à peine : Martial lance Grizou entre deux des défenseurs mais la frappe bleue est repoussée par le gardien.

Le reste de la première période est du même tonneau que les vingt premières minutes : la France est nulle, c’est zéro au milieu et derrière. A la 42e, un long ballon croate est envoyé sur nos centraux. Le ballon rebondit tranquillement devant Lenglet et Upamecano. Les deux tocards se regardent, ne parlent pas, et attendent qu’un Croate le prenne. Sans conséquence, mais c’est n’importe quoi.

Et puis un éclair : Martial provoque côté gauche, donne à Mendy, en une touche vers Ben Yedder, qui remise pour Toto également en une touche, qui envoie vers Grizou en une touche : c’est beau, c’est but (1-1, 43e). Une minute plus tard, Sissoko récupère de la tête et transmet à Ben Yedder à droite : Wissam adresse un superbe centre fuyant vers le second poteau, Martial surgit et marque avec l’aide du poteau (2-1, 44e).

A ce niveau-là, c’est plus du réalisme, c’est de la prestidigitation. La mi-temps arrive et avec elle son lot de questions : comment peut-on être aussi dominés et mener au score, aussi nuls et efficaces, aussi Didier que Deschamps ? La seconde période se présente sous de meilleurs auspices : nous ne pourrons de toute façon pas faire pire que d’être nuls mais de gagner. Alors essayons d’être moins nuls et de gagner quand même.

Un peu plus présents mais toujours dominés, les Bleus se font rappeler à l’ordre rapidement : une superbe ouverture croate dans le dos de notre défense met Brekalo sur orbite. Ferland Mendy revient à la course mais se fait manger dans la surface, Lenglet revient à la course (mais 5 secondes plus tard, il va pas aussi vite) et se fait aussi effacer. Lloris est battu (2-2, 56e). Deux buts dans la musette : La Dèche va pas être contente. Encore moins quand il assiste à une relance à la con dans l’axe pour personne d’Upamecano et que Nzonzi essaye de s’en saisir mais fait un contrôle à la con et perd un ballon déjà perdu d’avance.

Heureusement pour Deschamps, soit que son félin soit de retour, soit que ses équipes réussissent à s’en sortir inexorablement, c’est Upamecano qui redonne l’avantage aux Bleus sur un corner de Grizou (3-2, 64e). Devant pour de bon ? En tout cas, DD demande aux Bleus de fermer enfin correctement la boutique. Mieux coordonnés et appliqués, les Bleus peuvent procéder en contre : Grizou, Martial et Giroud, entré, sont face à deux défenseurs, mais la frappe de Martial est repoussée.

Il faut attendre quelques minutes de plus pour que la France obtienne son pénalty pour main croate. Lovren est fou de rage, mais c’est ainsi que se déroule un match France – Croatie depuis deux ans : la France souffre et se fait manger techniquement, mais la France t’en colle 4 et tu pleures ta mère. Giroud se charge du péno à la place de Grizou qui a raté ses 3 dernières tentatives : croisé, tranquille (4-2, 77e). Les Croates faillissent à réduire le score, la faute à un poteau sur une frappe de loin de Blasic dans les arrêts de jeu. Rideau.


Le débrief :

4-2 score final, un goût de reviens-y qui n’est pas sans déplaire pour le symbole, mais qui pose beaucoup de questions dans le fond. Deschamps va-t-il poursuivre avec son 3-5-2 malgré, à ce jour, le manque de repères (compréhensible) mais, surtout, le manque de joueurs de couloir capables d’assumer un tel système ? Dubois et Digne, c’était mauvais. Sissoko et Mendy, pas mieux. En même temps, ce n’est pas leur poste de prédilection, il faut un temps d’adaptation. Mais un système sans joueurs qui se fondent dedans ou sans joueurs capables de l’animer, ça rend tout de suite le truc intenable.

A leur décharge, les centraux aussi ont été mauvais, alors qu’on les connait les qualités de Lenglet, Varane, Hernandez… Est-ce que c’est d’ailleurs pas un bon poste pour un Hernandez, le couloir d’un 3-5-2 ? Quitte à ne pas jouer à son poste normalement (un DC qui joue couloir quand les Bleus jouent à 4), tentons-le en piston latéral !

Quant à l’attaque, Grizou reste notre maître à jouer, peu importe qu’il soit en 10 derrière deux attaquants en 3-5-2 ou en 10 dans un 4-2-3-1. Son influence est immense et essentielle ; mais son niveau dépend aussi de latéraux compétents et offensifs dans le 3-5-2 (pas encore vu) comme il dépend d’ailiers compétents dans un 4-2-3-1. Bref : hâte de voir comment on jouera face au Portugal d’Hom… de CR7.

Les notes :

Lloris (2/5) :

Il a quand même pris deux pions, donc je peux pas mettre plus. Il marque deux points pour avoir supporté une défense à chier sans péter un câble.

Hernandez (2/5) :

Battu dans le duel par Lovren sur le premier but croate. Dur à voir, douloureux à écrire. Pour le reste, il a toujours l’envie, mais pas la caisse physique habituelle qui lui permet d’être un joueur d’amour. Donc pas à fond, mais je suis pas inquiet.

Lenglet (1/5) :

Mangé sur le deuxième but et inattentif plusieurs fois. Lui aussi perturbé par la prolongation de Messi au Barça.

Upamecano (1/5) :

Je veux pas me faire d’avis définitif au bout de 2 matchs complets en 3-5-2, mais jusque-là, il est à la rue, fébrile, relances pourries… 1 point pour son but et ses têtes (devant et derrière). A revoir dans un système plus classique peut-être, ou quand il aura fini d’être impressionné par le maillot (se référer à Camavinga).

F. Mendy (1/5) :

Avec Ferland Mendy et Lucas Digne dans le couloir gauche, les Bleus disposent d’un réservoir insoupçonné de talents. Dommage que ce ne soit pas pour le football.

Sissoko (2/5) :

Pas plus mauvais que les autres, mais pas meilleur. Avant-dernier passeur décisif (sisi, c’est un vrai truc, donc +1) sur le but de Martial. Ni ailier droit, ni défenseur droit, ni milieu droit, donc perdu sur le terrain : Moussa aurait surperformé dans le 3-5-2 de Lolo White, c’est sûr.

Nzonzi (1/5) :

Bonjour, vous êtes bien chez Steven, je ne suis pas là, mais vous pouvez laisser un message après le bip sonore. Merci, au revoir. Un mystère. Que fait-il ? Quel est son poste ? A quoi sert-il ? Touche-t-il vraiment des ballons ? Il a même pas la classe américaine.

Kanté (2/5)

Il était l’homme du match il y a 3 jours, il a logiquement décliné l’invitation cette fois-ci pour ne pas être la star d’un match pourri deux fois de suite. Remplacé par Camavinga (63e, non noté) : je l’ai presque pas vu à Rennes, donc je suis incapable de le juger plus que ça. Mais il respire l’aisance, pas timide pour un sou pour ses premières minutes, ça distribue, ça lève la tête, ça joue simple… Prometteur et à revoir, sans aucun doute (le temps qu’il se perde 3 ans dans un grand club en voulant sauter les étapes).

Grizou (3/5) :

Mieux que face à la Suède, Antoine a pu combiner avec Martial et Ben Yedder plusieurs fois, sans grande folie non plus. Buteur au terme d’une jolie action, il a préféré ne pas prendre le ballon du péno. Le prochain t’y retournes ! Remplacé par Fékir (78e, non noté), qui a rigolé en entrant sur le terrain, et quand il était dessus. Tu le dis si on te dérange pendant un épisode de Kaamelott Nabil hein ?

Ben Yedder (2/5) :

Y’a du potentiel, sans aucun doute : techniquement, il est à l’aise, et ça parle le même ballon avec Grizou. Mais c’est beaucoup trop intermittent pour le moment : complètement transparent pendant 40 minutes, il est impliqué dans les deux buts Bleus avant la mi-temps. Faut lâcher les chevaux tout le temps Wissam ! Et rase cette moustache nom de nom ! Remplacé par Giroud (63e, non noté), buteur sur péno, 40 buts en Bleu malgré la charrette aux fesses.

Martial (4/5) :

Allez, tu l’as mérité ta note Toto ! Enfin, disons que t’as mérité la meilleure note des 11. T’es puissant, t’es technique, t’as pas l’air de rechigner à la tâche. T’es revenu après une longue absence en Bleu, p’tet bien que tu repartiras pas de si tôt. En tout cas on te le souhaite.

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Didier Décampe

5 commentaires

  1. Certains sont champions du monde, d’autres le seront dans deux ans. J’aime ce que vous faites Didier.

  2. Oui, alors, bon, entre Mendy et Digne, je prends Digne quand même.
    Lenglet et Upamecano, c’est surcoté de ouf, va falloir en finir avec ces hypes à deux sesterces. J’ai rien suivi du Barça cette année mais si Lenglet était titulaire, les mauvais résultats de l’année me surprennent moins. Upamecano a le temps de progresser mais dans l’immédiat faut qu’il retourne faire ses classes.

  3. Ah, et j’espère que la relève de Lloris aura un jeu au pied supérieur à celui d’un U9.

  4. Ah, Giroud… Si j’avais été défenseur central, il aurait été mon cauchemar: ce mec, il te nique quoi qu’il arrive, même quand t’arrives à le museler 89 minutes et demie. Décrié, mais il plante à répétition, avec une régularité qui fait de lui l’un des meilleurs à ce poste dans l’histoire des bleus? Il me rappelle Trézéguet: les buts de Giroud, c’est juste une fatalité…

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